Chapitre II
Ma vie associative
De mai 1981 à mars 1989.
De 1978 à 1981, je consacre mon temps à l’aménagement intérieur et extérieur de notre maison, ainsi qu’aux espaces paysagers.
Depuis une quinzaine d’années, les cafés et les ducasses de quartiers ont disparu.
J’ai toujours eu envie de m’investir pour ma commune et une idée me trotte dans la tête depuis un moment : celle de créer une association qui aurait pour but de redynamiser le village grâce à des événements ludiques et festifs.
En mai 1981, avec quelques amis, nous décidons de créer un comité des fêtes, et j’en deviens le président.
Dans le cadre de la relance des animations, nous privilégions les fêtes de quartiers.
Les caisses sont vides, mais nous avons des projets plein la tête !
Une belle aventure commence alors jusqu’en mars 1989, date à laquelle je suis élu à la tête de la commune. La première organisation se déroule dans un quartier appelé « les Trieux », avec l’organisation d’un concours de pétanque. Concours de pétanque qui perdure encore 44 ans plus tard !
La seconde organisation a lieu dans une portion du territoire communal situé entre les deux postes-frontière franco-belges durant laquelle chaque enfant pouvait être le roi de la fête : chamboule-tout, passe-boule ou encore pêche miraculeuse…
Nous enchaînons sur un autre quartier important de la commune : le lieu dit « Le cheval blanc ». Petits et grands se retrouvent alors autour de nombreux jeux traditionnels comme le mât de cocagne, la course à sacs ou encore les concours de boules ou de pièces.
Ces trois manifestations ont reçu un écho très favorable auprès de la population.
Forts de ces succès, nous décidons d’organiser un bal familial en plein air autour d’un barbecue au centre du village.
Plus de 400 personnes se déplacent pour participer à cette première qui se termine par une dégustation de tartes confectionnées pour l’occasion par les habitants de la commune.
Après une année bien remplie, nous élaborons notre programme pour 1982 : fêtes de quartiers, repas dansants, concours de pétanque, concours de belote, feux d’artifice, et plusieurs lotos.
Mais nous voulons aller plus loin.
L’idée est d’organiser un événement d’envergure et inviter nos homologues belges qui portent le même nom que le nôtre : Ohain (B).
Suite aux visites, entrevues et préparations, nous sommes en mesure de recevoir nos amis belges.
Ce sera en quelque sorte un anniversaire.
En effet, voilà déjà 25 ans qu’Ohain (B) nous a rendu visite.
C’était en 1957, j’étais là avec mon vélo fleuri !
Le jour J arrive à grands pas et dès le samedi 15 mai, un grand chapiteau trône sur la place du village où 450 personnes se précipitent pour participer à un super loto.
Peu après, un groupe de cyclistes franco-belges qui a relié Ohain Belgique à Ohain France arrive sur la place du village juste avant de se regrouper dans la cour de l’école maternelle où les attend un apéritif offert par la société Ricard.
Pendant ce temps, l’ensemble instrumental Lannois (B) propose à l’assistance de profiter d’œuvres de jeunes compositeurs belges.
Dans le même temps, un « brass band » déambule dans les rues de la commune pour offrir aux habitants un mini concert improvisé.
Il est maintenant 15 heures et tous les participants du grand défilé franco-belge se dirigent vers la place de Biéfontaine appelée plus communément « les Trieux » pour rejoindre ensuite le centre du village.
C’est le géant d’Ohain(B) et sa société folklorique avec ses quatre lances et ses drapeaux qui ouvrent la marche, suivis de chars, fanfares et groupes folkloriques.
Un petit train composé d’une locomotive et de deux wagons qui transportent les élèves de l’école maternelle ferme la marche, précédé par leur char dont le thème représente les contes de Perrault.
Quant aux enfants de l’école primaire, ils défilent fièrement avec leurs vélos fleuris.
En dépit du ciel parfois menaçant, laissant même passer une courte averse vite combattue par un soleil ardent, nous avons gagné notre pari : rassembler en ce dimanche après-midi pourtant riche en manifestations diverses, plus de 5000 personnes !
La place du village est noire de monde, le succès fut tel qu’à certains moments le cortège ne disposait que d’un canal de quelques mètres de large pour circuler.
Dès 19 h, le chapiteau qui a servi au super loto la veille est occupé par 450 convives qui dévorent une choucroute spécialement préparée par le boucher du village.
Le char de l'école maternelle.
Décoré à l'aide de milliers de fleurs en crépon sous la responsabilités des enseignantes Belle Dupont et Mme Milleville.
S’en suit une grande soirée bavaroise animée par le célèbre orchestre « Die dorf music », jouant des airs gaillards pour faire digérer le repas copieux.
Tous les bénéfices de la soirée serviront à financer un colis de Noël aux anciens du village et à organiser un après-midi récréatif aux enfants de l’école.
M’est alors venue l’idée de relancer une fête traditionnelle et ainsi se démarquer des autres communes du canton qui fêtent en grande majorité Noël, la principale fête familiale.
Dès l’année suivante, la fête de saint Nicolas est inscrite à notre calendrier des manifestations.
Pour des raisons calendaires, nous fêtons notre première fête de Saint-Nicolas le dimanche 9 décembre 1983.
Le grand jour est arrivé et la salle des fêtes est comble.
Tous les enfants ont répondu présents à notre invitation, souvent accompagnés de leurs parents.
L’après-midi commence par un spectacle suivi d’un goûter.
C’est l’entracte, l’attente est longue, Saint-Nicolas se fait attendre, les enfants sont impatients !
Enfin une porte s’ouvre, les enfants sont émerveillés, mais aussi craintifs lorsqu’ils découvrent Saint-Nicolas accompagné de son double maléfique : le père Fouettard, qui a la réputation de punir les enfants qui ne sont pas sages…
Tout est mis en œuvre pour entretenir cette crainte et cette appréhension de par son apparence : un étrange visage très maquillé, une longue barbe noire, un long manteau noir et de grosses bottes.
Les enfants sont invités un par un à se rendre sur la scène pour voir de plus près Saint-Nicolas.
Les petits de la maternelle reçoivent des friandises et un jouet.
Les plus audacieux n’hésitent pas à monter sur les genoux de Saint-Nicolas pour se faire tirer le portrait.
Une légende raconte que les enfants doivent déposer leurs chaussures devant la cheminée avec une carotte et un verre de lait pour l’âne de Saint-Nicolas.
Chez nous, nous n’avions pas de cheminée…
Mes chaussures et celles de ma sœur étaient alors disposées près de la cuisinière.
A notre grande surprise, le lendemain matin, elles étaient garnies d’une orange enveloppée de papier de soie et d’un père Saint-Nicolas en pain d’épices.
Cette fête traditionnelle va rester ancrée au cœur du village pendant près de 40 ans.
Chaque année, le comité des fêtes se distingue par ses organisations originales qui attirent un public de plus en plus nombreux.
Une nouvelle fois, en quête d’offrir aux habitants de la diversité culturelle et des loisirs qui sortent de l’habituel, je propose aux bénévoles du comité des fêtes d’organiser un grand rendez-vous autour de jeux intervillages tauromachiques franco-belges dans la grande tradition d’intervilles.
Nous ne souhaitons pas présenter un simulacre de corrida, mais un véritable spectacle qui respectera la tradition française vieille de plusieurs siècles, où l’animal n’est pas une victime, mais le centre et le héros de la fête.
Tout est mis en œuvre pour parvenir à un spectacle de qualité en faisant appel à la célèbre manade Fournier San Juan de Lunel, capitale tauromachique de l’Hérault.
Après de nombreux mois de préparation et de contacts avec les associations « Jeunesse et Sportive » du canton et des communes situées de l’autre côté de la frontière, nous avons réussi l’exploit de réunir dix équipes franco-belges qui ont toutes choisi leur thème de prédilection.
Ces dix équipes s’affronteront amicalement autour de nombreux jeux déclinés en plusieurs épreuves avec des vachettes taquines qui ne laisseront certainement pas de répit aux cent jeunes téméraires qui participeront au spectacle pendant plus de 3 h !
Le programme définitif est arrêté :
Samedi 7 juillet à partir de 10 h : foire commerciale.
Dimanche 8 juillet à 15 h: spectacle tauromachique, jeux intervillages, toro-piscine, course à la cocarde.
19 h: dîner spectacle sous chapiteau.
Le jour J approche…
Les infrastructures sont prêtes, les arènes installées, le chapiteau monté.
Les vachettes et les taureaux sont arrivés plusieurs jours à l’avance.
Bien nourris et reposés, ils sont prêts à accueillir de cornes fermes leurs adversaires !
Ça y est, on y est…
Nous sommes le samedi 7 juillet, tous les bénévoles sont à leur poste et les personnalités sont en place pour l’inauguration de la foire commerciale qui regroupe 50 exposants : des brasseurs, des
négociants en vin, des fabricants, des marchands de meubles, des chauffagistes, des entrepreneurs en carrelage, en menuiserie, en vannerie, en horticulture, des fabricants locaux de fromages de maroilles et d’escavèche…
Et encore bien d’autres choses à voir dans le domaine des banques, de l’informatique, de la télévision, de la vidéo, du cycle et de la moto.
En plein air, on peut découvrir des caravanes, des automobiles, des machines agricoles, des clôtures, des vérandas et même un ULM !
Le dimanche, la grande manifestation dont tout le monde parle depuis des mois est sur le point de démarrer.
Nous avons quand même une certaine appréhension…
Effectivement, quelques semaines plus tôt, une commune voisine a organisé une course de chevaux avec la possibilité de parier comme au tiercé.
Sauf qu’à notre grand étonnement les chevaux étaient en carton-pâte, d’où la grande déception des spectateurs !
Le parallèle a été vite fait : « Les vachettes et les taureaux d’Ohain seront eux aussi certainement en carton-pâte! »
La rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre…
Nous avons tout fait pour essayer de l’enrayer, mais n’oublions pas qu’à l’époque les réseaux sociaux n’existaient pas !
Nous étions tout de même confiants, mais pas rassurés.
Il est 14 h, les portes s’ouvrent.
Malgré les fortes chaleurs, toutes les places sont prises d’assaut : plus de 2000 personnes s’entassent sur les gradins.
Notre pari est gagné!
Place maintenant au spectacle !
Avec leurs cornes soigneusement emboulées pour arrière-trains sensibles, les reines du jour entrent dans l’arène.
Quant au roi, le taureau, il attend patiemment la course à la cocarde.
Les dix équipes sont sur le qui-vive pour se présenter en costume qui se voudra être le plus drôle, le plus original ou encore le plus représentatif de leur village.
Les jeux commencent avec un esprit sportif, oui, mais sous réserve de s’amuser aussi.
Les concurrents voient alors descendre dans l’arène une vachette nerveuse qui donne le ton d’entrée en bousculant les joueurs.
Des joueurs bousculés, il y en a eu d’autres durant cet après-midi-là, et ce pour la plus grande joie des spectateurs !
Les participants savent qu’ils représentent leur commune, ils se donnent à fond, ne rechignant pas à se retrouver dans des postures des plus extravagantes et drôles.
Après 3 h de spectacle, on peut dire que l’ambiance a atteint le paroxysme méridional.
Enfin, celui que l’on attend depuis le début, le roi de la fête, le taureau et sa cocarde rouge vif placée entre ses cornes, fait son entrée dans l’arène !
Plusieurs volontaires téméraires se succèdent sans réussir à attraper cette cocarde qui pourrait leur permettre d’emporter la cagnotte alimentée au fur et à mesure par le public.
Une ombre toutefois au tableau avec un participant courageux (peut-être pas assez vigilant), qui voulait s’attaquer au taureau et lui substituer cette sacrée cocarde.
Le roi de la fête qui tient à la garder, se défend et envoie ce brave razeteur audacieux dans les airs, lui brisant ainsi le tibia et le péroné.
Après avoir reçu les premiers soins par la Croix-Rouge, Jean-Marie est acheminé vers l’hôpital de Fourmies.
40 ans plus tard, quand on se rencontre, on évoque toujours cette journée mémorable qui s’est malheureusement mal terminée pour lui.
Nous discutons aussi d’une commune du GARD, le Cailar, qui ne respire que par le taureau camarguais.
Je lui explique qu’à l’entrée du village, à proximité d’un rond-point, sur une partie herbeuse, se trouve la sépulture d’un taureau.
Un taureau de légende appelé le « SANGLIER » qui a vécu dans les années 1920 et est enterré en position verticale pour saluer sa bravoure.
Pour clôturer ces deux jours de fête, la soirée a été consacrée au spectacle qui a réuni près de 800 personnes sous un chapiteau.
Et quel spectacle !
D’abord avec un animateur débordant d’humour, qui a donné à cet événement des airs de kermesse de la bière.
La première partie animée par le Bourvil de l’Avesnois est suivie d’un défilé de mode.
En seconde partie, les vedettes de la soirée entrent en scène :« Les Friandises », deux superbes artistes avec une aisance et un charme admirable dont l’une, Myriam, intégrera quelques mois plus tard la célèbre troupe du Crazy Horse à Paris.
L’année suivante, après ce nouveau succès, le comité des fêtes enchaîne avec une fête du sport dans l’un des quartiers du village : « Les Trieux ».
Pour la circonstance, un chapiteau a été installé dans une prairie pour accueillir les participants et aussi les exposants dont leur activité est liée au sport en général (cycles, motos ,équipements sportifs…)
Le but: faire découvrir les différentes activités sportives et sensibiliser la population au sport et à ses bienfaits.
La journée a débuté par une course cycliste junior, puis s’est poursuivie par une course à pied, un concours de pétanque, et un tournoi de football.
Ce jour-là, de nombreux jeunes du village m’ont interpellé concernant le manque d’équipements sportifs dans la commune en dehors du stade de football.
J’ai alors profité de la présence de M. Marcel Bastien, maire à l’époque, pour évoquer avec lui le problème et lui faire part de l’intention du comité des fêtes de construire un court de tennis sur la commune.
Le projet l’a tout de suite séduit et il m’a promis de réfléchir à une éventuelle mise à disposition d’un terrain nécessaire à sa construction.
(Nous reviendrons sur le sujet un peu plus tard.)
Après cette nouvelle réussite, nous nous attachons à l’organisation d’un projet ambitieux: un festival de littérature jeunesse.
Plusieurs mois sont nécessaires pour mettre en place cette grande manifestation dont le livre jeunesse est roi.
Nous sommes prêts, les médias ont relayé l’événement, même FR3 sera présent.
Durant une semaine, pour l’occasion, la salle des fêtes est transformée en une immense bibliothèque.
Nous avons mis en place une véritable vitrine de la littérature jeunesse, tant au niveau de la nouveauté, des sujets abordés, des genres littéraires, que de la pluralité des éditeurs, pour rendre ce festival de littérature jeunesse ludique et dynamique.
Outre les artistes venus dédicacer leurs œuvres, des stands permettaient aux visiteurs de découvrir les dernières nouveautés en matière de littérature jeunesse.
De nombreuses personnalités venues assister au vernissage de ce premier festival organisé par le comité des fêtes avec le concours de la municipalité sont présentes.
Le maire M. Marcel Bastien est absent pour cause de maladie.
Il avait accepté auparavant que la commune prenne en charge le coût d’impression d’une carte postale pour marquer cet événement.
Lors de mon intervention, j’ai souligné que le Conseil général (appelé maintenant conseil départemental) avait offert un soutien actif à l’évènement en mettant à notre disposition plusieurs bus pour acheminer les élèves du canton de Trélon sur les lieux du festival, démontrant ainsi que la culture était aussi un atout du développement économique.
Je fais aussi état des propos par lesquels Jean-Paul Kaufmann indique avoir trouvé dans la lecture les forces qui lui ont permis de tenir le coup pendant sa captivité au Liban.
Dès le lendemain de l’ouverture du festival, le planning des visites scolaires est saturé, 300 enfants sont accueillis chaque jour du lundi au vendredi.
En dehors du temps scolaire, les parents viennent accompagnés de leurs enfants pour une dédicace ou simplement pour se faire tirer le portrait.
2700 visites ont été enregistrées sur un seul week-end.
Le centre philatélique qui oblitérait les cartes postales spécialement éditées pour l’occasion a été pris d’assaut.
Les animations n’ont pas non plus manqué de public.
Grâce à Pierre Dubois, célèbre Elficologue, qui présente ses livres tant par l’image que par le texte, chacun découvre une sensibilité extraordinaire, celle d’un homme qui sait encore rêver et s’enivrer au seul parfum du mystère que dégagent contes et légendes.
C’est lui qui a imaginé la légende du Hututu sur ma demande.
Nous avons aussi découvert un jeune artiste à la profession insolite, celle de «rêveur».
Il installe son lit au milieu de la salle, il se couvre d’une couette et s’endort.
Puis il semble s’éveiller...
Mais c’est un songe qu’il offre à son public, livre en main.
Tout à la fois mime et conteur, il se promène sur les rives de l’imagi- naire pour ne nous donner qu’une envie, celle de plonger dans la lecture au fur et à mesure qu’il sort ses livres de sa valise en carton de couleur rouge.
L’effet est imparable, l’enfant est conquis, l’adulte aussi.
Parmi les personnalités, nous pouvons aussi noter la présence d’André Perrin, un caricaturiste dont on peut découvrir les dessins dans la presse locale, mais aussi régionale.
Pour clôturer ce premier festival, nous avons eu l’honneur d’accueillir M. Marc Westerlain, dessinateur de bandes dessinées qui a participé au dessin des Schtroumpfs.
Il a publié ensuite ses propres dessins dans l’hebdomadaire Tintin, il s’agissait de Bob Moon et de Tatiana.
Il illustre également dans Spirou la pourcyclodie.
Toujours dans Spirou il publie sa propre production : « Docteur poche et Jeannette pointue ».
Marc Westerlain enchante encore ses lecteurs aujourd’hui, qui le surnomment le poète de la BD.
Citons enfin deux expositions appréciées du public « par monts et par mots » réalisées par le centre régional des lettres, et une autre venant du salon international de la bande dessinée d’Angoulême.
Pendant cette semaine exceptionnelle, nous avons enregistré près de 5000 entrées.
Après quelques mois de répit, je suis de nouveau prêt à relever un nouveau challenge : la construction d’un court de tennis !
Monsieur le Maire accepte de mettre à la disposition du comité des fêtes un terrain communal pour la construction.
Et là, va commencer une autre grande aventure!
Comment trouver l’équivalent actuel de 50 000 € nécessaires pour la construction d’un court de tennis ?
Certes, ce n’est pas évident, mais pas insurmontable !
Il faut quand même se rendre à l’évidence, il va falloir plusieurs années pour réunir une telle somme si on ne se tient qu’à l’organisation de manifestations classiques.
Cette fois-ci, ce n’est pas un petit programme publicitaire qui va nous aider à trouver une somme aussi importante.
Je décide donc de créer un journal publicitaire que je nomme « L’écho de la Thiérache. » J’en deviens le responsable de la publication.
Après de nombreux contacts avec les commerçants, les artisans, les entrepreneurs, un nouveau mensuel gratuit tiré à 40 000 exemplaires va paraître pour la première fois en février 1986.
Distribué gratuitement dans un rayon de 15 km dans le Nord, l’Aisne et la Belgique, il reçoit un succès inattendu.
On trouve soixante encarts publicitaires dans le premier numéro et un article sur la vie d’un agriculteur qui s’est reconverti dans l’élevage de dindes après l’instauration des quotas laitiers.
C’est un agriculteur d’Ohain qui s’est installé en 1962 à la ferme du Grand Dieu appelé ainsi grâce à sa proximité avec une chapelle du même nom renfermant un Christ en bois sculpté grandeur nature.
Les lecteurs peuvent aussi découvrir plusieurs rubriques de M. Ecotruc qui explique que, déjà à l’époque, l’énergie coûtait cher.
Il évoque aussi les problèmes liés à la sécheresse en reprenant comme titre « Il n’y a plus de saison ».
Automne et printemps pourris nous ont noyés sous des centimètres de pluie.
Depuis plus rien, même les nappes phréatiques sont en baisse.
Il rappelle que la sécheresse au Mozambique et au Zimbabwe a fait cent mille morts, en Éthiopie et au Soudan 40 millions de personnes sont touchées.
Donc, rien de nouveau aujourd’hui…
Il y a 40 ans, on parlait déjà du changement climatique et d’économie d’énergie.
M. Ecotruc donne aussi quelques conseils sur un chauffage ou un système d’aération mal réglé, provoquant de nombreux accidents, surtout en hiver.
Chaque mois, il nous donne des astuces pour faire des économies d’énergie, pour nous expliquer comment faire la vidange de sa voiture ou encore remplacer sa batterie.
Et puis Mme Écho donne des conseils aux femmes concernant leur beauté et leur bien-être, ou encore des recettes de cuisine.
Elle rappelle aussi que 1986, c’est l’année du lancement « de Poison », le 5e parfum de Dior, qui a coûté cinquante millions de francs pour son lancement en France.
Concernant notre journal, tant le format que le contenu ou encore la mise en page ont été des atouts majeurs d’originalité.
La presse locale ne voyait pas d’un très bon œil l’arrivée de ce nouveau concurrent, une grande partie de la publicité lui échappait.
Six mois plus tard, après d’âpres négociations, je reçois une proposition de rachat du titre du journal par le courrier de Fourmies à condition de signer une clause de non-concurrence et de m’engager à ne pas créer un nouveau journal dans un rayon de 50 km pendant dix ans.
Mon objectif est atteint !
Le montant intégral du rachat ajouté à notre trésorerie et à l’implication de l’ensemble des bénévoles du comité des fêtes permet de boucler le budget nécessaire pour la construction du court de tennis.
Un entrepreneur local nous accorde un bon prix par sympathie pour réaliser les fondations.
Les 250 tonnes de cailloux nécessaires au drainage du terrain sont étalées par les bénévoles de l’association.
La dalle en béton poreux est réalisée par une entreprise spécialisée qui tient son siège social à Reims.
La clôture et le club-house sont installés, tout est prêt pour l’inauguration qui est prévue le dimanche 18 août 1986 matin à 11 h.
Entouré des membres du comité des fêtes, j’ai le plaisir d’accueillir les personnalités et les Ohainaises et Ohainais venus nombreux pour ce grand jour.
Avant de prendre la parole, je remets au maire de notre commune M. Bastien et au député Marcel Dehoux une assiette gravée commémorant l’événement.
Après les quelques discours d’usage, et après avoir assisté à la finale du premier tournoi organisé pour l’occasion, nous passons au vin d’honneur.
Quelques mois plus tard, le 21 mars 1987, le jour de la naissance de ma troisième fille Julie, le toit du chalet qui sert de club housse s’envole sous la pression du vent et de la tempête de neige.
Aujourd’hui, le court de tennis porte le nom de Désiré Gauthier, notre président d’honneur décédé quelques années après cette belle aventure.
Les manifestations diverses s’enchaînent, le club a compté jusqu’à 110 adhérents.
Il est dommage qu’au moment où j’écris ces lignes, le court de tennis mal entretenu ne soit pratiquement plus utilisé et ne compte que 19 adhérents.
Nous sommes en 1988, M. Bastien décède en juin.
Les Ohainaises et les Ohainais sont appelés aux urnes pour élire deux conseillers permettant au Conseil municipal d’être au complet pour élire un nouveau maire.
Je suis candidat au poste de conseiller municipal.
Je suis élu…
Ma vie élective commence le 10 juillet 1988 jusqu’à la fin du mois de juillet 2020, soit près de 32 années au service des Ohainaises et des Ohainais.
J’ai pu vous faire découvrir ici une page importante de ma vie associative grâce à ma mère qui découpait soigneusement toutes les coupures de journaux me concernant.
Lors de la disparation de mes parents en 2008, je range soigneusement leurs effets personnels et les souvenirs dans une boîte en carton.
Quatorze ans plus tard, le temps a passé, et mes souvenirs s’estompent…
Un soir, je décide d’ouvrir cette boîte à souvenirs rangée soigneusement au-dessus d’une armoire dans mon garage.
En dehors de quelques documents personnels(photos de mariage, portefeuilles, cartes d’identité, papiers administratifs…)je découvre pour la première fois un document qui concerne mon père.
Un moment de sa vie dont il parlait rarement, son engagement en 1943 à l’âge de 18 ans dans l’armée française et de sa blessure à la jambe occasionnée par un éclat d’obus lors d’un bombardement à la gare d’Hirson dans le département de l’Aisne.
Je découvre un autre document qui attire mon attention : un livret de famille et le faire-part de décès de ma grand-mère maternelle décédée à l’âge de 32 ans en laissant derrière elle 9 enfants.
Quelques mois avant sa disparition, elle a reçu le prix « cognac Jay » fondé par Ernest Cognac et Marie-Louise Jay qui n’avaient pas pu avoir d’enfant.
Ce prix décerné par l’Académie française récompensait les familles nombreuses exemplaires.
Albert Lebrun, président de la République de l’époque, est devenu le parrain de l’une de mes tantes.
En redécouvrant ces documents, je peux vous assurer que les souvenirs sont encore plus importants que les moments présents parce que le temps qui passe les rend irremplaçables.
Je dédie ce deuxième chapitre à tous les bénévoles qui ont apporté des idées et une énergie positive à mes côtés.
Je ne les remercierai jamais assez pour leurs actions désintéressées qui ont énormément contribué au rayonnement de notre commune.
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