Chapitre V
L’après 2020
Questions-Réponses.
Je m’appelle Gérard Lemaire.
j’ai travaillé pendant 10 ans au «Courrier de Fourmies» et 12 ans à La «Voix du Nord» en tant que journaliste.
Je connais Alain depuis plus de 40 ans, j’ai suivi son parcours associatif et électif de 1981 jusqu’en 2020, date à laquelle il a décidé de mettre un terme à ses fonctions de maire après 31 années passées au service de la population.
Alain m’a sollicité pour organiser une discussion qui porterait essentiellement sur la politique municipale menée par le nouveau conseil municipal, tout en me précisant que ses réponses n’engageraient que lui et qu’il serait le plus objectif possible.
Nous sommes prêts, bien installés avec une bonne bière!
Nous savons que le premier entretien risque d’être long...
GL: je suppose que je peux continuer à te tutoyer?
AR: Bien sûr!
GL: ma première question est très simple: que penses-tu de ton successeur et qu’est-ce qui t’a amené à le choisir?
AR: c’est plutôt deux questions en une!
Je ne suis pas toujours d’accord avec ses positions, mais j’ai toujours eu de l’affection pour lui.
Personnellement, je le vois toujours comme un gamin de 10 ans à qui je remets une coupe lors d’un concours de pétanque à la ducasse du village.
Je l’ai formé, je l’ai conseillé, je lui ai demandé de m’accompagner dans les réunions, les cérémonies et sur les chantiers à la fin de mon 5e mandat.
J’estimais qu’il avait les capacités pour devenir maire après avoir passé 12 ans à mes côtés.
Je pensais sincèrement qu’il allait gérer la commune dans un esprit de continuité, en respectant les valeurs et les projets que nous avions mis en place, puis apporter au fur et à mesure sa propre vision des choses et ses priorités dans le seul but d’améliorer la vie quotidienne des Ohainaises et des Ohainais.
GL: est-ce que c’est le cas?
AR: Selon moi, pas tout à fait!
GL: quelles sont tes relations aujourd’hui avec lui?
AR: normales, cordiales sans plus, nous communiquons parfois par textos ou par mails.
Il a accepté moyennement mes remarques sur sa gestion, notamment sur des investissements hasardeux.
GL: que lui reproches-tu ?
AR: Ce ne sont pas des reproches personnels, je constate simplement qu’il semblerait que certains investissements ne répondent pas pleinement aux attentes des Ohainaises et des Ohainais.
GL: as-tu des exemples ?
AR: il suffit de regarder la place Foch et mesurer l’importance qu’a pris le Hututu au détriment du centre du village.
GL: tu lui en as parlé?
AR: Bien sûr, je lui ai même envoyé un mail le 6 février 2022 avec une copie aux adjoints-es et conseillers-ères délégués-es après l’aménagement de la place.
GL: as-tu eu une réponse?
AR: non.
Ne recevant aucune réponse, j’ai perçu ce silence comme une indifférence aux interrogations formulées dans mon mail, j’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient.
En tant qu’ancien maire, je comprends que certains investissements soient nécessaires, mais j’ai néanmoins des inquiétudes quant à leur adéquation avec les besoins réels de la population.
Je crains aussi que certaines réalisations puissent causer des risques financiers à la commune dans le temps.
Et enfin, Je déplore que la population n’ait pas été consultée sur les investissements importants malgré de nombreuses interrogations.
C’est aussi frustrant de constater qu’aucune mention relative aux investissements n’apparaît dans le programme électoral de 2020.
Je tiens quand même à souligner que les gros travaux réalisés depuis 2020 ont été possibles grâce à l’excédent significatif que nous avons constitué au fil des années avec les différents conseils municipaux qui se sont succédé.
Je pense qu’il aurait été essentiel de discuter de la manière dont on pouvait utiliser ces ressources de façon stratégique pour le bien-être des Ohainaises et des Ohainais.
GL: as-tu accès aux comptes de la commune?
AR: comme le prévoit l’article L2121-26 du code général des collectivités, toute personne physique ou morale a le droit de demander la communication des délibérations, des procès-verbaux, des arrêtés municipaux, et aussi les budgets et les comptes de la commune.
Moyennant la somme de 35€, j’ai obtenu les documents qui concernaient les années 2020, 2021 et 2022.
J’ai demandé par la suite toutes les pièces concernant les années suivantes par voie électronique.
En général ce sont des documents publics, leur accès est donc gratuit dans la plupart des communes françaises.
Ohain doit être une exception !
En revanche, malgré mes demandes répétées, le maire ne me communique pas les bilans des opérations d’investissement comme chaque habitant est en droit d’obtenir.
GL: pourquoi as-tu souhaité écrire tes mémoires ?
AR: cela ne tient qu’à une seule phrase prononcée après mon départ.
« Nous allons faire table rase du passé »
Je me suis alors posé la question: rumeur ou pas rumeur ?
J’en ai entendu durant ma longue vie électorale des rumeurs, mais celle-ci était quand même persistante.
Malheureusement, j’ai dû me rendre à l’évidence, la rumeur s’est vite transformée en faits avérés.
«Faire table rase du passé» peut être perçu comme un acte d'oubli voire de déni quant à tout ce qui a précédé et contribué à notre existence actuelle.
C'est oublier nos racines, les sacrifices et les efforts de nos parents, de nos grands-parents et de nos ancêtres.
Il est crucial de reconnaître et de respecter leur travail et leur contribution.
En rejetant le passé, nous risquons de perdre notre identité et nous priver des enseignements précieux qui nous ont été légués.
Tu te doutes bien que je me suis senti trahi surtout quand on a investi beaucoup de son temps et de son énergie pour le développement de sa commune et que tu as été à l’origine de la nomination du nouveau maire.
GL: as-tu des exemples ?
ÀR: quelques semaines après mon départ, mon ex-bureau rénové
trois ans plus tôt a été complètement transformé.
Était-ce bien utile ?
Je me souviens avoir utilisé le bureau de mon prédécesseur dans l’état pendant 6 années.
Il faut dire aussi que ce n’était pas ma priorité, j’ai toujours placé le bien-être de la commune et l’intérêt général au dessus de mes propres besoins.
Je pensais que mes actions et décisions devaient prioritairement bénéficier aux habitants de ma commune avant tout.
GL: dans les faits, ce n’était pas dramatique !
AR: bien sûr que non, il n’y a rien de répréhensible.
Je me suis simplement dit qu’il avait certainement voulu marquer son territoire dès son arrivée.
Quelque temps plus tard, je me suis rendu sur le site internet de la commune, et à ma grande surprise j’ai constaté que tous les comptes rendus des réunions du Conseil municipal que j’ai présidées avaient disparus.
C’était une nouvelle volonté d’effacer toutes les traces du passé.
Et pourtant, en France, les comptes rendus des séances du Conseil municipal doivent être conservés pendant 10 ans.
Cela inclut les versions numériques sur le site internet de la commune que j'ai personnellement fait installer en 2012 pour garantir la transparence et permettre aux citoyens-nes d'accéder directement aux informations liées aux décisions prises par le Conseil municipal.
Souviens-toi aussi des trois magnifiques paniers géants qui marquaient l’entrée de notre village.
Ils ont été déposés sans ménagement et remisés sur un terrain et voués à la destruction.
Je me suis dit, tout le monde peut se tromper!
Aller de comportements imprudents aux décisions mal avisées.
Certaines erreurs sont bien regrettables, mais elles peuvent être des occasions d’apprentissage.
Personne n’est à l’abri de faux pas, tout le monde peut évoluer, et s’améliorer avec le temps.
GL: que penses-tu du réaménagement de la place Foch ?
AR : c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Après la COVID, les communes ont pu bénéficier de subventions importantes.
Certaines d’entre elles ont pris le temps de la réflexion, pris le soin de s’entourer de services compétents, de consulter la population et de l’informer au fur et à mesure de l’avancement des projets.
Certes, il fallait saisir cette opportunité, mais pas dans la précipitation.
GL: que reproches-tu au nouvel aménagement ?
AR: je déplore le manque de concertation qui aurait pu éviter de grosses erreurs d’aménagement.
GL: de quelles erreurs parles-tu ?
AR: le projet de réaménagement du centre existait déjà, il avait fait l’objet d’une présentation au Conseil municipal après avoir été étudié avec l’aide du CAUE du Nord (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) composé d’architectes, de paysagistes, de documentalistes, de thermiciens …
Investis d’une mission d’intérêt public, ils interviennent gratuitement dans les communes du département sur simple demande.
Il a pour objectif d’aider les élus à faire les bons choix tout en respectant la qualité de l’architecture, de l’urbanisme, de l’environnement et du patrimoine communal.
Les esquisses réalisées ont été affichées pendant plusieurs semaines dans la salle d’honneur de la mairie et elles ont fait l’objet d’une exposition à la salle des fêtes.
Au lieu de jouer aux apprentis architectes, je pense qu’il aurait été plus judicieux d’associer de nouveau le CAUE au projet de l’aménagement de la place.
GL: pourquoi le nouveau conseil ne s’en est pas inspiré ?
AR: je ne sais pas.
Pourtant, les conseillers sortants, réélus, dont le maire, connaissaient l’existence du projet.
GL: qu’attendais-tu pour lancer l’opération ?
AR: je n’ai jamais travaillé dans la précipitation, et j’ai toujours pris le temps de la réflexion.
Il fallait d’abord terminer la dernière phase des travaux démarrés en 2018.
Ces travaux consistaient à rénover tous les trottoirs de la rue des Horbes, réhabiliter l’ancien plateau sportif situé derrière la salle des fêtes en créant des esplanades, restaurer le chemin du"Trou Beumont", refaire le parvis de l’église dans sa totalité et réinstaller le kiosque.
J’avais d’ailleurs anticipé les premiers travaux de la place en inscrivant la rénovation complète des escaliers de la salle des fêtes lors de mon dernier budget en 2020.
Les travaux ont été ensuite réalisés conformément au devis présenté par l’entreprise «De Barba» qui avait déjà effectué un travail remarquable lors de la rénovation du parvis de l’église.
GL: que reproches-tu aux nouveaux aménagements ?
AR: principalement le remplacement des gravillons de la place par de gros cailloux et la suppression des bacs à fleurs.
Celle-ci est devenue impraticable, pour les personnes à mobilités réduites, les personnes âgées et les poussettes...
GL: quel était ton projet concernant la place ?
AR: le projet avait été étudié dans le but de reconquérir la nature sur le minéral.
Dans le cadre de notre démarche d’une gestion durable de la commune, le projet consistait à reverdir la place Foch grâce à un mélange spécifique d’un gazon à pousse lente semée sur une structure et nécessitant très peu d’entretien.
Je me suis rendu en Hollande et en Allemagne pour m’informer de la technique employée pour redonner à notre place l’aspect d’une prairie pouvant servir de parking tout en lui redonnant un aspect rural qui est l’ADN environnemental de notre village.
Cette nouvelle technique a l’avantage de privilégier l’infiltration naturelle des eaux pluviales, d’obtenir une zone verte au centre du village et de posséder des vertus environnementales incontestables tout en permettant le stationnement des véhicules .
De nombreuses communes ont privilégié la revégétalisation pour différentes raisons: le gazon a une grande capacité d’absorption, il permet de filtrer l’eau et de préserver sa qualité.
Il absorbe la dioxine de carbone et rejette de l’oxygène...
Des études ont démontré que les cailloux sont des récepteurs de chaleur +14° par rapport à une pelouse provoquant le dessèchement de la terre et la suppression de l’écosystème.
Depuis 1989 Ohain est reconnu à des kilomètres à la ronde pour la qualité exceptionnelle de son fleurissement et les efforts dévoués des employés communaux.
Reconnue au niveau départemental puis au niveau national, notre commune a obtenu le label deux fleurs des«Villages et Villes fleuries».
Ce label récompense l’engagement de la commune non seulement en matière d’espaces verts et de fleurissement, mais également dans le domaine du développement durable et de la gestion de l’eau.
Malheureusement, la nouvelle municipalité n’a pas souhaité poursuivre dans la même direction et le label lui a été retiré.
À partir de 2021, le maire de notre commune a malheureusement succombé à un effet de mode dépassé.
Couvrir de cailloux les parterres afin de soi-disant empêcher les herbes folles de passer et de limiter les arrosages.
Alors, que de nombreuses communes choisissent de reverdir leurs espaces publics après avoir constaté que le cailloutage à outrance n’était pas la solution miracle annoncée.
Il faut absolument faire cesser ce mode d’aménagement aux conséquences néfastes pour notre environnement.
Je déplore aussi la suppression de toutes les fleurs annuelles sur les parterres et notamment les fleurs champêtres disposées le long des routes communales.
GL: y a-t-il eu d’autres changements ou transformations ?
AR: souviens-toi des abeilles fleuries installées pendant de nombreuses années sur le parterre face à la mairie.
Elles devaient reprendre leur place après la «COVID».
Elle reflétait les valeurs de notre village par son rôle crucial dans la préservation de l’environnement, de la biodiversité, et sa fonction de pollinisatrice essentielle pour la sauvegarde des écosystèmes.
Et bien, figure-toi, la nouvelle municipalité a balayé d’un revers de main toutes ces valeurs pour installer un cerf au même endroit.
C’est assez surprenant, car le cerf n’est pas représentatif de la faune locale.
Je me suis dit que ce choix était peut-être basé sur des éléments historiques, culturels ou symboliques plutôt que sur la réalité actuelle.
Force est de constater que rien n’existe dans ces différents domaines.
Il s’agit probablement d’un choix personnel qui ne correspond pas à l’identité de notre village.
GL: que penses-tu de la fontaine installée sur la place ?
AR: c’est une très belle réalisation d’un artiste Ohainais Johan Leleux qui a façonné toutes les pierres du parvis de l’église.
En revanche, son emplacement m’interpelle.
A-t-elle sa place à proximité du monument aux morts, occulté lui-même par un arbre qui prend de plus en plus de place au fil des années?
Je pense qu’il est nécessaire de trouver un équilibre délicat entre la volonté de préserver la nature et rendre hommage à nos compatriotes qui sont tombés.
Un arbre peut symboliser la vie et la mémoire, mais il est essentiel que le monument reste visible.
Peut-être faudrait-il repenser l’aménagement paysager pour que ces trois éléments puissent coexister harmonieusement...
Avant de réaliser toutes ces transformations, n’aurait- il pas fallu consulter et informer les habitants et prendre en compte leurs avis afin d’éviter qu’ils se sentent ignorés et frustrés ?
GL: y a-t-il quand même des points positifs selon toi dans le nouvel aménagement du centre ?
AR: la structure de la place redessinée dans les années 90 n’a pas changé.
Les parkings le long de la route départementale ont été refaits, c’était une nécessité.
GL: j’ai lu dans la presse que la commune d’Ohain avait installé un réseau de chaleur au bois, qu’en penses-tu ?
AR: vu les augmentations des énergies fossiles et les chaudières de la salle des fêtes et de l’école devenues obsolètes, il était nécessaire de trouver une solution pour réduire les coûts énergétiques tout en contribuant à la protection de l’environnement.
GL: d’après toi la commune a-t-elle fait le bon choix ?
AR: tu sais, le choix d’un mode de chauffage dans une collectivité demande beaucoup de réflexion et de concertation, surtout avec les enjeux de coûts et d’efficacité énergétique.
Il ne suffit pas de copier ce qu’a fait le voisin, chaque commune a ses spécificités et ses contraintes.
J’émets quelques réserves quant au choix de la commune d’Ohain.
Pourquoi ne pas avoir fait réaliser un audit énergétique et une étude de faisabilité technique et économique par un organisme agréé?
Une telle étude pouvait être financée à 80%.
GL: tu penses que le bois n’est pas la meilleure solution ?
AR: c’est peut-être une option viable, mais il faut considérer les disponibilités en bois et son transport.
Il est plus durable et économique que les combustibles fossiles, mais implique des infrastructures importantes pour abriter les chaudières et la matière première.
Entre les communes qui ont choisi de se chauffer au bois et le projet de la construction d’une usine à pellets à Anor, où allons-nous chercher les bois?
Il ne suffit pas de dire, de toute manière, nous avons notre forêt comme approvisionnement, cela aurait pour conséquence de priver la commune de recettes régulières et durables.
Il n’est donc pas envisageable d’abattre des arbres destinés pour la plupart à la confection de meubles simplement pour se chauffer.
Les utiliser uniquement comme source de chauffage serait un gaspillage inacceptable et un manquement aux principes de développement durable.
L’utilisation des bois de dépressage en forêt communale aurait aussi comme conséquence de priver les affouagistes*de leur moyen de chauffage.
*L’affouage est la possibilité par le Code forestier à un conseil municipal de réserver une partie du bois de la forêt communale pour l’usage domestique des habitants.
GL: à quoi penses-tu ?
AR: à la géothermie qui est une énergie décarbonée, respectueuse de l’environnement, inépuisable, et qui est une excellente option économique.
Son potentiel est immense, elle exploite la chaleur de la terre, une source d’énergie disponible en continu.
Il existe plusieurs types de géothermie, ayant chacune des avantages et des inconvénients.
Je pense plutôt à la géothermie de surface ou par sondes verticales.
La géothermie par sondes verticales est une méthode très efficace et largement utilisée pour exploiter la chaleur terrestre pour le chauffage en hiver, c’est aussi une solution écologique permettant de rafraîchir les bâtiments comme les classes de l’école, la salle des fêtes et le restaurant scolaire lors des périodes de fortes chaleur.
(Ce qui aurait été bien utile cet été)
C’est également une solution durable, une fois installée, elle a une longue durée de vie et nécessite peu d’entretien.
L’agence de transition écologique, soutient vivement le développement de la géothermie y compris dans le nord de la France.
Elle voit la géothermie par sondes verticales comme une solution prometteuse pour une énergie durable et renouvelable, qui nécessite peu d’entretien et qui produit une fois installée très peu d’émissions de gaz à effet de serre contrairement aux combustibles fossiles et même au bois qui produit du CO2 lors de sa combustion.
On parle aussi de la géothermie de surface, 99 % du territoire national est propice à cette géothermie qui exploite la chaleur du sol à faible profondeur grâce à des pompes géothermiques.
La seule contrainte, c’est d’avoir des terrains libres d’occupation à proximité des bâtiments, équivalent entre 2 et 3 fois la surface à chauffer.
Contrairement aux communes plus urbaines, à Ohain, nous avons la chance de disposer de ces terrains à proximité immédiate de l’école et de la salle des fêtes.
L’investissement dans un réseau de chaleur géothermique est certes un peu plus élevé que celui d’un réseau de chaleur au bois, mais il est aussi subventionnable à 80 %.
De plus, son fonctionnement est beaucoup plus intéressant financièrement sur le long terme, ce qui en fait une option très avantageuse.
GL: est-ce que des travaux d’isolation ont été réalisés?
AR: aucun travaux d'isolation intérieur n'a été réalisé à la salle des fêtes.
Je suppose que la municipalité a fait réaliser une étude préalable pour justifier que le retour sur l’investissement était insuffisant vu la faible utilisation de la salle des fêtes.
Quant aux fenêtres elles ont toutes été remplacées.
Je tiens également à souligner que le remplacement des fenêtres de l’école n’était pas justifié.
Remplacées 12 ans auparavant, elles étaient déjà en triple vitrage doté d'un film anti-uv.
Fabriquées en bois, elles respectaient l’architecture du bâtiment tout en préservant son authenticité.
Je considère cette démarche comme du gâchis et un gaspillage des ressources.
Des fenêtres en bois régulièrement entretenues peuvent durer plusieurs décennies.
Par conséquent ce choix représente une dépense inutile.
J’ai personnellement suivi les travaux d’isolation de l’école dans les années 90 qui consistait à laisser un vide d’air entre les murs extérieurs et le placoplatre appelé lame d’air.
Cette méthode reposait sur l’idée que l’air emprisonné agissait comme un isolant naturel.
Cependant, avec les avancées technologiques et les nouvelles normes énergétiques, cette technique est aujourd’hui considérée comme dépassée.
Pour atteindre le maximum de gain-énergie, il aurait été judicieux d’associer le nouveau mode de chauffage à une démarche de rénovation thermique globale du bâtiment.
Ce qui n’a pas été fait!
Je pense qu'il serait utile que les financeurs revoient leurs critères de priorité et s'assurent que chaque dépense soit motivée pour des besoins réels, ce qui garantirait une meilleure utilisation des subventions et des fonds publics.
GL: est-ce que la commune a engagé des actions en vue de faire baisser les factures d’électricité de l’éclairage public ?
AR: pas vraiment!
Rappelle-toi des antennes paraboliques au milieu des années 80.
Elles poussaient comme des champignons et contribuaient à la pollution visuelle des communes.
Puis l’ADSL et la fibre ont eu raison de ces paraboles.
Eh bien, figure-toi, cette même pollution visuelle est de retour à Ohain.
Dix grands panneaux solaires ont été installés à la sortie de la commune sur la sacro-sainte obsession de faire des économies de bouts de chandelles sur l’éclairage public au détriment de notre environnement.
Par contre, quand il s’agit de projets plus ambitieux, on semble avoir une autre philosophie: aucun euro ne doit être épargné .
Imagine l’impact négatif pour notre commune si les élus persistent dans cette voie et équipent de la même façon les 200 points lumineux de la commune.
Je ne suis pas réfractaire à cette nouvelle technologie, je préférerais simplement qu’elle soit utilisée dans les zones économiques, commerciales ou pour les panneaux de signalisation.
Il faut se rendre à l’évidence, le lieu dit «Le cheval blanc» est devenu un lieu expérimental: avec des feux qui ne servent à rien, un traçage des parkings qui a fait les beaux jours des fabricants de rétros, la suppression des panneaux STOP au carrefour qui a provoqué une augmentation de travail des carrossiers, des panneaux solaires qui sont censés réduire l’impact visuel négatif des poteaux EDF .
Et, ce n’est pas terminé !
Lors d’une réunion du Conseil municipal du 20 mai 2025 M. le maire a évoqué la possibilité de transformer une partie de la rue du Gros Tilleul entre Ohain et Trélon.en zone de rencontre limitée à 20km/h où les piétons sont prioritaires…
En revanche, un léger détail a dû échapper au maire, les voitures modernes sont équipées de limiteur de vitesse qui commence à 30 km/h .
Changer de voiture c'est une solution radicale, mais imaginez la tête du concessionnaire quand vous lui expliquerez que vous cherchez une voiture équipée d'un limiteur de vitesse qui commence à 20 km/h !
Il risque de vous regarder comme si vous veniez d’une autre planète.
Quoi qu'il en soit cette zone de rencontre promet d'être un véritable spectacle.
GL: pour tous ces travaux, la commune a dû bénéficier de subventions ?
AR: jusqu’à présent et malgré mes demandes répétées je n’ai pas réussi à obtenir le décompte final de l’opération !
Le syndicat d’électrification de l’arrondissement d’Avesnes aurait versé une dotation de 77 840 € pour l’enfouissement des lignes électriques.
Je n’appelle pas volontairement cette dotation
«subvention» puisque cette somme représente une partie de la taxe communale d’électricité que chaque foyer Ohainais verse à ce syndicat.
Auparavant cette taxe était reversée au budget communal qui a été transféré temporairement au syndicat d’électrification pour le sauver financièrement.
Mais le provisoire dure, ce transfert qui ne devait durer que 3 ans représente aujourd’hui une perte pour le budget communal de plus de 150 000€.
Je suppose que le reste des travaux a été subventionné à 80% en dehors de l’opération de l’enfouissement des lignes ORANGE qui ne sont pas subventionnables.
D’après le compte rendu de la réunion du conseil municipal en date du 13 mai 2022 le solde à la charge de la commune serait de l’ordre de
140 000€ après déduction des aides.
GL: as-tu des idées pour faire baisser le coût de l’éclairage public ?
AR: pas seulement de l’éclairage public, mais de l’ensemble de la consommation d’électricité de la commune qui représente une somme conséquente.
Mais avant tout, je voudrais pousser un coup de gueule: je trouve inadmissible de priver les Ohainaises et les Ohainais qui résident en dehors de la place Foch des décorations de Noël.
Je m’insurge contre cette décision municipale qui prive les habitants de la magie de Noël qui a une valeur émotionnelle surtout pour les enfants!
L’accent excessif sur des petites économies semble dérisoire comparé à d’autres dépenses parfois injustifiées.
L’enjeu est de trouver un juste milieu entre l’économie et le maintien des traditions.
Je pense que la clé réside dans des choix judicieux pour que tous les habitants d’Ohain profitent des mêmes avantages.
Revenir aux dates traditionnelles de Noël: de la Saint-Nicolas à l’épiphanie serait une excellente idée pour faire des économies.
Il serait aussi judicieux de revoir les horaires d’éclairage des panneaux publicitaires du Hututu ainsi que celui du cerf illuminé toutes les nuits.
Cette approche permettrait de conserver la magie de Noël pour tous les habitants de la commune tout en étant économiquement et écologiquement responsable.
Il est crucial que la commune soit guidée par un principe d’égalité et de justice.
Les habitants d’une commune, en tant que membres égaux d’une même communauté, doivent bénéficier des mêmes droits et opportunités.
Je reviens à ta question: bien sûr qu’il existe des solutions pour faire baisser les factures de l’éclairage public.
Cela aurait même dû être une priorité au lieu de faire des investissements hasardeux au Hututu.
Transformer l’éclairage public avec des luminaires équipés de LED présente de nombreux avantages économiques et environnementaux.
Les associer à des détecteurs de présence et d’un système de contrôle intelligent permettant d’ajuster l’intensité pourrait entraîner des économies sur la consommation de plus de 80%.
Ce qui aurait permis pour des raisons de sécurité, comme avant 2020 de laisser l’éclairage public une grande partie de la nuit lors des fêtes et des locations de la salle des fêtes.
Aujourd’hui je me demande encore pourquoi les décideurs municipaux n’ont pas concentré leurs efforts sur les bâtiments les plus énergivores en électricité.
Je pense à l’école, installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture de l’école pourrait réduire considérablement la consommation d’électricité.
Toujours dans le cadre des économies, l’eau qui est aussi une précieuse ressource a été au cœur de nos initiatives.
Nous avons installé une cuve pouvant contenir 10 000 Là proximité de la mairie pour récupérer les eaux de pluie, permettant ainsi de devenir autonome dans l'arrosage des fleurs, des plantes et du nettoyage des abords de la mairie.
Lors de la réfection de la cour de l’école, une cuve de plus de
20 000 l a été raccordée à une tuyauterie qui aboutit dans un local à proximité.
Cette installation visait à éviter l'utilisation de l'eau du réseau d'eau potable pour nettoyer la cour de l'école, permettre le nettoyage des sépultures et l'arrosage des fleurs du cimetière.
À ce jour, au moment où j'écris ces quelques lignes, le projet semble être en stand-by depuis 2020.
GL: on voit souvent sur les réseaux sociaux le site du Hututu est-ce que tu t’y intéresses ?
AR: bien sûr, le fameux Hututu qui fait couler beaucoup d’encre et de commentaires dans les chaumières.
GL: qu’est devenu le site après la fermeture du camping?
AR: entretenu régulièrement par les services techniques de la communauté de communes, il devient un havre de paix pour les promeneurs, les amoureux de la nature et les enfants du centre de loisirs lors des pique-niques et du camping.
Pendant de longues années, le site a aussi accueilli de nombreuses manifestations festives et sportives.
En 2019 nous avons décidé de transformer les anciens sanitaires en une salle équipée d’une cuisinette et de toilettes pour les personnes à mobilité réduite qui pouvait accueillir 40 convives.
Cela a été un véritable succès! du mois de mai jusqu’à la fin de l’été, nous avons enregistré 18 locations.
Dans une partie indépendante du bâtiment, deux douches et des toilettes pour les enfants du centre de loisirs ont été construites.
GL: qu’est devenue cette salle ?
AR: en 2020 la pandémie a interdit toute location.
La période coïncide avec la date de l’arrivée de la nouvelle municipalité qui a décidé de fermer définitivement les portes de cette salle à la location.
GL: que penses-tu du restaurant construit par la commune et géré par du personnel communal?
AR: ma position est claire, je l’ai d’ailleurs dit au maire, en tant que commune à caractère très rural, notre mission première est de répondre aux besoins essentiels de nos habitants tout en respectant les limites de nos compétences et de nos moyens.
La construction et la gestion d’un restaurant relèvent davantage de l’entreprise privée comme une boulangerie, un salon de coiffure, une boucherie… qui s’inscrivent dans le cadre du développement économique, souvent mieux porté par des acteurs privés.
Notre rôle consiste à accompagner et favoriser les initiatives en mettant à disposition un cadre propice au développement local comme nous l’avons fait avec le verger bio, le salon de coiffure, le café, la brasserie artisanale ou encore la boucherie, mais sans empiéter sur des domaines qui ne relèvent pas de nos attributions.
Je n’ai toujours pas compris cette soi-disante stratégie de développement local dans une zone excentrée en décidant de se substituer au secteur privé en construisant un restaurant municipal géré par du personnel communal.
Cette décision a eu pour conséquence d’après le compte rendu du conseil municipal en date du 13 janvier 2023 de créer sur la proposition du maire deux postes d’adjoint technique à compter du 1er mars 2023 dans le cadre de la fonction publique territoriale.
Proposition votée à l’unanimité par le Conseil municipal.
Alors qu’à la cérémonie des vœux de la Communauté de communes qui s’est déroulée à Ohain le 5 février 2024, le maire a annoncé employer 4 personnes en permanence au restaurant municipal et 10 personnes en saison.
Que faut-il croire?
Il a aussi ajouté que la commune d’Ohain était la seule commune en France a avoir entrepris la construction d’un restaurant géré par du personnel communal.
En sachant, qu’un tel projet comporte des risques financiers non négligeables, je comprends les 35 085 autres maires qui ont privilégié une approche plus prudente, mettant en avant la nécessité de garantir la stabilité financière et le bon usage des deniers publics.
Il est surprenant qu’une commune puisse gérer un restaurant avec des recettes en 2024 de l’ordre de 338 074 € tout en employant autant de personnel.
Vu l’importance des dépenses engagées, la population se pose des questions...
Je la comprends, il est légitime de ressentir de la frustration lorsque des fonds publics sont utilisés pour un tel projet.
Il est crucial qu’il soit mené dans l'intérêt des habitants et avec transparence.
Sans attraction majeure pour attirer le public et sans avoir l’assurance d’une affluence régulière garantie.
Sans étude de faisabilité rigoureuse et un plan de gestion durable, ce restaurant pourrait devenir un symbole des risques inhérents aux projets financés par des fonds publics sans étude de marché.
Après deux années d’existence, nous pouvons affirmer que cette implantation n’apporte aucun bénéfice tangible pour notre village.
Pour moi, c’est une décision irréfléchie, précipitée, imprudente et aventureuse pour les finances communales.
GL: je suppose que la commune a reçu des subventions ?
AR: oui, bien sûr!
Tu sais, monter un dossier de subventions ne représente pas une tâche ardue, à condition qu’il corresponde à la politique des financeurs.
La clé du succès réside souvent dans la capacité à faire les bons choix et d’assurer un suivi rigoureux.
Il faut aussi préciser que les aides financières externes ne couvrent qu’une partie des dépenses, laissant une charge conséquente à la collectivité qui est contrainte de puiser dans ses propres ressources pour boucler le budget.
J’ai lu également dans le budget principal de la commune qu’une subvention de 30 000 € était prévue pour alimenter la trésorerie du budget annexe du restaurant en cas de besoin.
Je pense que le budget principal n’a pas pour vocation de servir de banque ou de source de financement à un budget annexe qui ne poursuit pas un objectif commun.
Il est essentiel que chaque euro dépensé reflète les besoins et les priorités de notre collectivité, en toute équité et dans le respect des règles budgétaires.
N’aurait-il pas été plus judicieux que le Conseil municipal se concentre sur des enjeux majeurs et stratégiques pour le développement de la commune plutôt que de s’attarder sur des détails comme le prix du poulet frites, du café, du Get 27 ou encore de la sauce samouraï …
GL: as-tu des éléments sur la gestion du restaurant ?
AR: oui en partie, par le biais du budget annexe.
GL: peux-tu m'expliquer ce qu'est un budget annexe ?
AR: c’est un document comptable distinct du budget principal, qui permet d'isoler les activités spécifiques comme celles du restaurant du Hututu.
On m’a communiqué les comptes de résultat du restaurant communal, qui affiche une marge réduite en 2023, et déjà en baisse significative en 2024.
L'annonce des résultats est présentée comme une réussite locale, mais la réalité économique est tout autre.
Pour avoir une vision précise et complète de la situation financière, il est essentiel d’examiner l’ensemble des dépenses qui ne m’a jamais été fourni malgré mes multiples demandes.
Au premier abord, si ces chiffres paraissent flatteurs, une analyse plus rigoureuse met en évidence des omissions significatives dans les dépenses.
Elle révèle que plusieurs éléments cruciaux n'ont pas été pris en compte dans le calcul des dépenses tels que l’amortissement des bâtiments et du matériel d’équipement (aménagement du restaurant et de la cuisine) les impôts foncier, la collecte des ordures ménagères et les bâtiments annexes construits par le personnel communal...
Les services de la mairie m’ont confirmé par mail le 29 mai 2025 :«qu’il n’y avait pas d’amortissements puisqu’il n’y a pas d’investissements »?
En clair, tous les investissements ont été pris en charge par le budget principal.
Il est aussi nécessaire d'ajouter les coûts significatifs du travail administratif pour le suivi et la gestion du restaurant, mais aussi le travail du personnel technique, employé de nombreux mois pour réaliser des travaux sur le site.
En intégrant ces données, il devient possible d’évaluer la réelle rentabilité financière de l’activité du restaurant.
Tous ces éléments mis bout à bout représentent des dizaines de milliers d'euros.
Si ceux-ci étaient intégrés dans les comptes, ils basculeraient dans le négatif.
Il est fort probable qu'un établissement privé se trouvant dans la même situation pourrait déjà être mis en redressement judiciaire.
Lorsque l'on cherche à gérer un service public comme une entreprise privée, il est essentiel d'en adopter les mêmes règles et de ne pas faire supporter les dépenses par les contribuables.
Ce constat souligne l'importance d'une gestion financière transparente et exhaustive surtout lorsqu'il s'agit de fonds publics afin d'éviter des conclusions hâtives et des perceptions trompeuses.
GL: si ce n'est pas payé par le biais du budget, annexe qui paye ?
AR: il n'y a pas 50 solutions, ce sont les habitants du village par le biais des impôts!
Toutes ces dépenses auraient pu bénéficier aux Ohainaises et aux Ohainais dans le cadre d'autres actions.
Rappelons que l’argent de la commune appartient à toute la collectivité et non aux élus.
Ils ont la responsabilité de gérer ces fonds de manière transparente et efficace pour le bien-être des habitants.
Il est primordial que chaque euro dépensé reflète les besoins et les priorités de notre collectivité, en toute équité et dans le respect des règles budgétaires.
Il faut se rendre à l’évidence, le restaurant communal n’apporte rien aux habitants de la commune ni au commerce local.
GL: qu’aurait-il pu faire.
AR: Après avoir choisi de fermer la salle nouvellement aménagée appelée la « Forestière », située au cœur du Hututu destinée à la location et financièrement accessible aux habitants, pourquoi
n’être pas resté simple en agençant cette salle en un lieu de détente et convivial de petite restauration, pour les pêcheurs et les promeneurs amoureux de la nature?
Ce qui aurait pu être une option plus économique permettant d’optimiser les ressources déjà investies dans son agencement et d’éviter des coûts supplémentaires importants dans de nouvelles constructions.
Une autre option s’offrait aux élus, relancer un projet de la communauté de communes de 2014 étudié lors de la vente d’un corps de ferme à Ohain.
Projet qui consistait à transformer le lieu en une ferme pédagogique, soutenu par des agriculteurs locaux.
Enrichie d’espaces ludiques pour les enfants, le Hututu aurait pu être un lieu d’apprentissage et de découverte du patrimoine communal et faciliter les liens entre les générations, tout en les sensibilisant à l’agriculture et à l’environnement.
Faute de consensus le projet ne s’est pas réalisé.
Cette organisation aurait aussi permis de libérer une grande partie du personnel technique afin qu’il se recentre sur l’entretien du patrimoine communal et sur la propreté du village qui en a tant besoin.
Il devient de plus en plus évident qu’à Ohain on préfère adopter une approche de négligence plutôt que d'entretien.
Au lieu de prendre soin des équipements de notre commune, on les laisse se dégrader jusqu'à ce qu’ils soient considérés comme sales et peu attrayants justifiant ainsi leur destruction.
Parmi les nombreux exemples, prenons le dernier en date: malgré son bon état structurel, la grande pergola qui marquait l'entrée de la mairie et qui n’a reçu aucune goutte de peinture ces 5 dernières années, a été démontée sous prétexte qu'elle était devenue sale.
Un simple entretien aurait suffi à lui redonner son éclat d'avant et à préserver cette magnifique construction qui est devenue le symbole d’une gestion municipale préférant raser plutôt que de restaurer.
Il en est de même en ce qui concerne les abords de la mairie, du mur d’enceinte du cimetière, de la chapelle Sainte Face, du monument aux morts, des entrées du village, des lieux-dits, de l’entretien du cimetière, de la signalisation horizontale...
Cette politique d’abandon dictée par la facilité plutôt que par le soin et l'attention montre un manque flagrant de vision pour l'avenir de notre commune.
GL: est-ce que la population a toutes les informations utiles concernant les investissements et le fonctionnement de la commune?
AR: on peut qualifier la commune d’Ohain de manque de transparence, d’informations et de communication sur les finances et sur les réalisations.
Ce qui se traduit par une insuffisance de clarté et de visibilité dans les actions et décisions.
Cette déficiente en communication indique aussi des lacunes dans la manière dont les informations sont partagées avec les Ohainaises et les Ohainais.
En France, la communication des élus avec les administrés doit respecter certains principes de transparence et d’accès à l’information.
La commune d’Ohain ne communique que par le biais des réseaux sociaux pour promouvoir ses événements et son image.
En tant qu'ancien maire au même titre que les maires en fonction, je reçois régulièrement depuis quelques années les alertes préfectorales concernant la pollution aux particules fines (PM 10), et à l’ozone lors des dépassements des seuils autorisés ainsi que les alertes météo (orages violents,canicules,...)
La pollution aux particules fines est un véritable poison invisible qui menace notre santé, en particulier celles des personnes vulnérables comme les enfants, les personnes âgées et celles qui souffrent de maladie respiratoire.
Le maire est responsable de la diffusion de ces informations afin d’assurer la sécurité et la prévention des risques sur son territoire.
La responsabilité d'une municipalité ne se limite pas à soigner son image en utilisant exclusivement les réseaux sociaux.
Par exemple, il existe plusieurs logiciels spécialisés qui permettent de prévenir la population des risques de pollution en ciblant des zones et des groupes les plus exposés.
Les habitant ont différentes préférences pour recevoir l’information et n’ont pas obligatoirement accès à toutes les nouvelles technologies.
La non-diffusion systématique des délibérations détaillées et des arrêtés municipaux crée une opacité inadmissible dans la gestion des affaires publiques.
Il est inacceptable que la communication officielle se limite, aux vœux annuels du maire et aux bulletins municipaux, qui d’ailleurs, ne font qu’enjoliver les réalisations et les comptes sans fournir une information transparente et complète.
GL: as-tu des exemples?
AR: bien sûr, c’est vérifiable tous les jours.
L’ordonnance 2021-1310 du 7 octobre 2021, stipule que la publication des délibérations doit toujours être affichée à la mairie et publiée sur le site internet de la commune sous forme électronique non modifiable et téléchargeable.
Cette publication doit se faire dans un délai d'une semaine après chaque séance.
Selon les nouvelles règles, elles doivent inclure des informations détaillées sur les projets de travaux, y compris les coûts estimés, les demandes de subventions et le nombre de voix pour et contre.
Après la réalisation de travaux, la commune est tenue de diffuser leurs coûts réels ainsi que les subventions perçues.
Ces dispositions visent à simplifier et moderniser les procédures tout en garantissant l’accès des informations locales aux citoyens-enes en toute transparence et suivre les décisions et les finances de la commune.
Je vous invite à consulter régulièrement le tableau d'affichage en façade de la mairie et le site internet de la commune afin de vous rendre compte si ces nouvelles directives sont réellement appliquées.
J’ai aussi remarqué que les réunions du conseil municipal se déroulaient souvent au pas de course.
À mon avis, l’urgence et la rapidité de ces réunions peuvent mener à des prises de décisions précipitées où les débats sont écourtés et les analyses de fond négligées.
Les sujets complexes qui nécessitent des discutions approfondies traités superficiellement risquent d’entrainer des choix mal informés, avec des conséquences potentiellement regrettables.
Et enfin, un bilan financier après chaque opération devrait être fourni à tous les conseillers municipaux et consultable par la population. (coût final de l’opération, subventions réellement perçues et le reste à charge pour la commune)
Selon moi, la gestion transparente des finances publiques est une responsabilité fondamentale des élus municipaux.
Permets-moi d’ajouter que la clarté financière ne se limite pas à éviter les critiques, mais est un pilier de la démocratie locale et garante de la bonne utilisation des fonds publics.
GL: te souviens-tu de la trésorerie que tu as laissée à ton départ?
AR: évidemment, j’ai toujours les documents.
J’ai quitté mes fonctions avec la satisfaction du devoir accompli en laissant un héritage solide et prospère, fruit d’une gestion prudente, d’une vision claire et de décisions judicieuses où chaque euro dépensé était soigneusement réfléchi.
Lors de mon dernier budget en 2020, l’excédent cumulé net de l’année 2019, le fond de compensation de la TVA sur les investissements de la même année, et la subvention du département que nous n’avions pas reçue en 2019 représentait la somme conséquente de plus de 600 000 €.
De quoi voir l’avenir sereinement.
Je me suis dit qu’avec cette réserve financière patiemment constituée ajoutée aux subventions importantes que la commune pouvait obtenir dans le cadre de la relance économique après la COVID, la nouvelle équipe municipale pouvait envisager l’avenir avec sérénité.
Cependant, il apparaît que ces fonds n’ont pas été suffisants.
La nouvelle équipe municipale a augmenté les impôts de près de 5% et emprunté 150 000€ en 2021 et 180 000€ en 2022.
Entre 2020 et 2025 le montant du remboursement de la dette de la commune a augmenté de 92,88%.
Les excédents cumulés au fil des années jusqu’en 2020 ont rapidement étaient épuisés.
Les dotations de l’état risquent de stagner ou même de diminuer, les subventions vont se faire de plus en plus rares, et ce n’est pas dévoiler un secret que de dire que la taxe sur les ordures ménagères devrait augmenter après les élections municipales.
Je pense, qu’il est temps à présent de s’assurer que les investissements futurs soient réalisés avec discernement et qu’ils répondent à des besoins concrets dans l’intérêt durable de notre commune et de ne pas se limiter à des initiatives symboliques ou de prestige.
La prudence et la rigueur financière demeurent des piliers essentiels pour un avenir prospère et stable.
GL: où en est le projet de réhabilitation et de la réimplantation du pédiluve (égayoir) ?
Peux-tu me donner des explications sur son origine.
AR: ce magnifique édifice a été construit en 1833 au centre du village avec des pierres provenant de l'ancien cimetière qui entouraient l'église.
Il a été partiellement restauré en 1865 et démonté en 1905 suite à un accident.
Puis, la municipalité de l'époque l'a vendu et un agriculteur l'a réinstallé pour servir d'abreuvoir dans une pâture située rue de Trélon.
GL: comment l'avez-vous redécouvert ?
AR: tout d'abord la commune rachète l'ensemble des terrains pour en faire une zone industrielle.
Pendant la construction de la déchetterie en 1999, nous découvons une construction enfouie sous les herbes et les arbustes.
Après un nettoyage complet réalisé par le personnel communal , nous découvrons qu'il s'agit d'un pédiluve appelé aussi «égayoir».
Suite à une expertise, la Fondation du patrimoine nous confirme que nous avons en notre possession l'un des plus remarquables et impressionnants égayoir du nord de Paris qui est une véritable merveille d'architecture historique.
GL: pourquoi vouloir sa réimplantation ?
AR: sa réinstallation dans le centre du village représentait une opportunité unique pour mettre en valeur l’un des plus beaux patrimoine de la région.
Le projet visait à redonner vie à cet élément authentique chargé d’histoire.
Bien plus qu’un simple vestige du passé, il est un symbole de notre héritage et de notre identité.
GL: as-tu obtenu des subventions pour sa réimplantation?
AR: c’était ma première condition !
Dans un premier temps nous avons réussi à obtenir 70% du montant des travaux, nous aurions pu aussi prétendre à 10% supplémentaires dans le cadre de la relance économique après la COVID.
Il faut ajouter à ces chiffres les promesses de mécénat et les dons collectés par la Fondation du patrimoine.
GL: où en est-on aujourd’hui dans sa reconstruction?
AR: lors d’une réunion en date du 21 janvier 2022, le Conseil municipal a décidé de restituer l’avance de 20 000€ reçu pour démarrer les travaux.
C’est peut-être encore une façon d’effacer le passé!
Notre projet consistait à réimplanter l’égayoir et de le mettre en scène pour devenir un véritable atout touristique.
En intégrant des éléments de mise en valeur, comme un éclairage subtil, des panneaux explicatifs sur son histoire, ou même des animations autour de son usage traditionnel, nous aurions pu créer un espace à la fois éducatif et esthétique tout en renforçant l’identité de notre village et favoriser son développement économique.
Le passé ne s’oublie jamais, car il est la mémoire vivante de nos origines et des leçons qui nous guident.
En honorant les structures et les monuments du passé, on montre du respect pour les générations précédentes qui ont contribué à bâtir notre village.
Reconnaître le passé ne signifie pas vivre dans la nostalgie, mais plutôt s’inspirer de ce qui a été fait pour mieux bâtir l’avenir.
Suite à une question posée par une conseillère lors du Conseil municipal du 02 février 2024 concernant le devenir de l’égayoir, M. Le maire a assuré qu'un repositionnement était en attente avec une éventualité sur le site du Hututu.
Encore le Hututu!
Les membres du Conseil municipal souhaitent que cela fasse partie des projets 2025.
Malheureusement, il semble y avoir une divergence entre les déclarations de M. le maire et le conseil municipal.
Après avoir consulté le budget 2025, il faut se rendre à l’évidence, aucune ligne budgétaire n’est inscrite à ce sujet.
GL: avant de te poser mes dernières questions, as-tu quelque chose à ajouter, des faits ou des décisions qui t’ont interpellé?
AR: oui, j'en ai quelques-unes qui me viennent à l'esprit.
J’ai été interpellé à plusieurs reprises concernant l’augmentation de 33% du prix du repas des semaines récréatives et du centre de loisirs passant de 2,70€ à 3,60€ (voté à l’unanimité le 02 février 2024).
J’ai lu dans le compte rendu du Conseil municipal en date du 26 janvier de cette année, que celui-ci n'a pas renouvelé la subvention de 220€ à l'Association des paralysés de France (AFP) animée localement par M. Philippe Tabary qui chaque année offre des fleurs au nom de l’association aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées du village qui sont en EHPAD.
2 voix pour, 3 abstentions et 10 voix contre...
La subvention de 220€ n’a pas été renouvelée non plus à L’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) qui joue un rôle essentiel dans notre commune en favorisant une agriculture locale respectueuse de l’environnement et des producteurs.
Elle permet aussi à de nombreux foyers de bénéficier de produits frais, sains, et de saison provenant du verger bio de la commune, qui emploie l’équivalent de 6 personnes à temps plein.
En revanche, quelques mois plus tard, le Conseil municipal accepte la proposition du maire de verser une subvention de 200€ à l'association de la gendarmerie d'Avesnelles, par 12 voix pour et 1 contre.
Lors d'une réunion du Conseil municipal en date du 14 septembre 2023, le maire rappelle à l'assemblée que la CCSA* a accepté son adhésion au SIAVED** à compter du 1er janvier 2024.
Il ajoute que cette adhésion concerne la compétence du traitement, de la valorisation des déchets ménagers et assimilés, et la gestion intégrale des déchetteries.
Auparavant la gestion de ces déchets était assurée par l’entreprise «Flamme Environnement» basée à Louvroil.
Quant aux déchetteries elles sont gérées en régie (par le personnel de la CCSA).
Il poursuit en indiquant que chacune des communes membres de la CCSA est amenée à se prononcer par voie de délibération et propose que la commune d’Ohain se prononce favorablement pour cette adhésion.
8 conseillers sur 15 sont présents, 7 sont absents dont 2 qui ont donné procuration.
Par 8 voix pour et une abstention, le Conseil municipal accepte cette proposition.
Ayant une connaissance approfondie des enjeux liés à la gestion des déchets et de l'environnement, je m'interroge sur les motivations qui ont conduit à prendre cette décision.
Heureusement, la majorité des communes de la CCSA s’est prononcée contre.
Il est rassurant de voir que la réflexion collective a permis d'éviter une décision qui aurait pu entraîner des conséquences importantes pour notre territoire.
*Communauté de Communes du Sud avesnois.
** Syndicat-Inter-Arrondissement de Valorisation et d’ Élimination des déchets basé à Douchy les mines.
Et enfin, un autre évènement en date du 17 juillet 2023 m'a étonné!
Il concerne l'installation de caméras de surveillance dans notre village par une délibération qui ne stipule pas la répartition des voix des conseillers-ères municipaux-ales.
Elles et ils ont accepté la proposition du maire d’installer des caméras de surveillance dans notre village de 1200 habitants pour un coût de
30 600€ TTC.
J’estime que cette mesure est non seulement inutile, mais également disproportionnée par rapport à la situation réelle de la commune.
Notre village a toujours été reconnu pour son calme et sa sécurité, il n'y a pas de problèmes de délinquance significative justifiant une telle surveillance.
Je crains que cette initiative crée un climat de méfiance et de suspicion parmi les habitants au lieu de renforcer le sentiment de sécurité.
Dans ma longue carrière d'élu qui s’est terminée, il n’ y a pas si longtemps, j'ai été confronté comme beaucoup de maires à des actes de petites délinquances, et en général tout été réglé localement dans mon bureau.
Parfois, avec l'accord des parents, je mettais en place des activités d’intérêt général (peinture, ramassage de papiers...).
Il m’arrive parfois de croiser les auteurs de ces actes, apparemment ils n’ont pas l’air d’avoir été traumatisés!
GL: as-tu eu des regrets ?
AR: Après 31 ans à la tête de la commune, il est naturel d'avoir un regard critique et parfois des regrets sur certaines décisions prises après mon départ.
Je pense que mon engagement pendant toutes ces années témoigne d'une profonde implication pour le bien-être des Ohainaises et les Ohainais.
Voir des ressources être utilisées pour des projets qui ne correspondent pas aux besoins réels de la population est frustrant.
J'ai des regrets oui, mais mon retrait de la vie publique a été mûrement réfléchi pour profiter à 100% de ma famille après plus de 40 ans au service de la population en tant que président du comité des fêtes puis de maire.
GL: peux-tu me dire 2 mots sur ton principal regret?
AR: c’est celui de n’avoir pas avoir eu le temps de concrétiser l’un de mes derniers projets qui concernait la construction d’un béguinage pour nos aînés.
Nous avons rencontré quelques péripéties sur le terrain de l’ex-filature que la commune a acquis à la Communauté de communes pour 1€ symbolique quelques années plus tôt.
La première a été la découverte d’une poche de pollution que nous avons dû traiter.
Puis l’étude des sols a démontré qu’il existait aussi des problèmes géotechniques.
Quand on attend de longs mois pour qu’un problème se résolve et que l’on trouve enfin une solution, on peut parler de dénouement et de délivrance.
Il aura fallu faire preuve de persévérance et de patience pour enfin sortir notre projet tant attendu.
J’ai travaillé avec passion pour créer un lieu unique, chaleureux et durable pour nos aînés.
Le projet présenté composé de 3 bâtiments visait à offrir un cadre de vie ouvert et intégré au village, incluant des constructions en briques traditionnelles, des panneaux solaires pour chauffer l’eau et des garages pour le confort des résidents.
Le permis de construire a été accepté, l’appel d’offres est lancé, puis avec l’arrivée de la pandémie, le projet a été mis en attente.
Les élections ont lieu en mars 2020, je reste en place jusqu’au 26 mai, date à laquelle le dossier est transféré à la nouvelle équipe municipale.
Les travaux démarrent en 2024, je constate que les briques ont été remplacées, les panneaux solaires supprimés et les garages ne font plus partie du projet.
L’accès à l’arrière du béguinage censé assurer la sécurité des usagers en évitant la sortie des véhicules dans un virage dangereux sur la départementale a lui aussi disparu.
L’implantation des bâtiments proches de la route et resserrés provoque un vis-à-vis important qui compromet l’intimité des résidents.
Ce projet qui visait à offrir un cadre de vie ouvert et intégré au village favorisant les échanges et la convivialité entre les résidents et la population donne maintenant l’impression d’être un cloître fermé et isolé.
Jamais je n’aurais accepté une telle construction.
À l’arrière du béguinage, nous avions imaginé un vaste espace entièrement consacré à un arboretum. Ce lieu devait devenir un véritable écrin de verdure, une diversité d’essences arbustives et forestières alliant patrimoine et nature.
Ce projet visait à préserver l’équilibre entre les constructions et les espaces verts, évitant ainsi une densification excessive du bâti qui pourrait altérer l’authenticité du village.
GL: dans l’ensemble es-tu satisfait de ta carrière élective?
AR : J’ai quitté mes fonctions de maire avec le sentiment du devoir accompli.
Durant mes cinq mandats, tout n’a certainement pas été parfait. Cependant, chaque décision, chaque action; je les ai entreprises avec une seule ambition, le bien-être des Ohainaises et des Ohainais.
Avec une passion sincère pour nos habitants, j’ai toujours œuvré dans l’intérêt de notre commune en gardant à cœur les valeurs qui sont les nôtres.
Mes différents mandats ont été marqués par une transformation significative de la commune alliant la modernité, l’innovation et les traditions.
La jeunesse, l’écologie et le cadre de vie ont également pris aussi une part importante dans ma vie d’élu, plaçant Ohain à l’avant-garde du développement durable.
Et enfin, je pense avoir géré la commune avec attention et la bienveillance d’un bon père de famille.
GL: si tu avais fait un 6e mandat, aurais-tu eu des orientations différentes que celles prises aujourd’hui?
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AR: répondre à cette question, c’est faire de la politique-fiction!
Néanmoins, si j’avais eu l’intention de me présenter de nouveau et de solliciter les électeurs pour un 6e mandat, j’aurais certainement eu des orientations différentes.
Chaque maire a sa propre vision et ses priorités.
Je pense que les intentions de mon successeur sont sincères pour améliorer notre commune.
Bien que je respecte ses choix, mes propres projets auraient sans doute pris d’autres directions.
GL: lesquelles ?
AR: je ne vais pas rentrer dans les détails, tu as déjà des réponses dans tes questions concernant les économies d’énergie.
Par contre, je peux t’affirmer que je n’aurais pas investi des centaines de milliers d’euros dans un restaurant communal.
Il n’était pas prudent de faire peser à plus ou moins long terme un tel risque sur une commune de 1200 habitants.
Là aussi, je considère que les financeurs devraient à leur tour exercer un contrôle plus rigoureux et exiger des études préalables avant d’octroyer des subventions importantes.
Cela permettrait d’éviter des décisions hâtives et peu réfléchies.
Une évaluation préalable garantirait aussi que les fonds publics soient utilisés de manière judicieuse et en accord avec les véritables besoins de la commune.
En dehors des plans pluriannuels concernant les infrastructures de la commune, je pense qu’il est essentiel de mettre en place des actions pour que la population puisse se retrouver.
Après la pandémie les gens se sont repliés sur eux-mêmes.
Il est crucial de redynamiser la commune en mettant en place des actions concrètes pour soutenir et renforcer la famille en réinventant des
activités pour que les Ohainaises et les Ohainais participent activement à la vie communale.
En 2017, l’antenne des «Restos du cœur» a fermé ses portes faute de bénéficiaires.
Les nouveaux inscrits étaient invités à se rendre à Trélon pour retirer les denrées nécessaires afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants.
Depuis la COVID-19, au niveau local, ici même dans notre commune, nous constatons une augmentation préoccupante du nombre de personnes dans le besoin.
La réouverture de l’antenne des «Restos du cœur» devient urgente.
Il est aussi important de revenir à la vie collective en stimulant la culture locale, en créant des services pour lutter contre l’isolement des personnes âgées, et en aidant les jeunes à participer à la vie du village en organisant régulièrement des événements.
En dehors du colis de fin d’année, j’aurais préconisé d'offrir un colis aux personnes du 3e âge qui souffrent et qui ne peuvent se déplacer pour assister au repas annuel offert par la commune.
Cette initiative permettrait d'ajouter un peu de joie et de réconfort aux plus vulnérables.
J’aurais aussi proposé aux maires de la communauté de communes du Sud avesnois de réfléchir sur l’implantation d’une épicerie solidaire sur notre territoire.
La précarité alimentaire touche de plus en plus de foyers et il devient urgent de trouver des solutions pour aider celles et ceux qui en ont besoin.
Une telle initiative permettrait non seulement de fournir des denrées alimentaires à prix réduit aux familles en difficulté, mais aussi de créer un espace d’échange et de solidarité où chacun pourrait trouver un soutien tant matériel qu’humain.
Grâce à l’excédent budgétaire conséquent laissé à mon départ, j’aurais demandé au Conseil municipal de réfléchir sur une stratégie à mettre en place pour soulager la pression fiscale des foyers à partir de 2026.
En sachant que la taxe d’ordures ménagères risquait d’augmenter après les élections municipales, une partie de cet excédent aurait pu être alloué à la réduction de la taxe foncière.
En réduisant ce taux, nous aurions compensé en partie l’augmentation inévitable des coûts liés à la gestion des déchets.
GL: aurais-tu continué tes grands combats pour l’environnement?
AR: absolument, le cadre de vie et la qualité de l’environnement ont toujours été au cœur de mes préoccupations.
J’aurais mis aussi l’accent sur les énergies renouvelables et la préservation de nos espaces verts.
Ci-joint le courriel que j’ai reçu le 19 mai 2025.
Les raisons pour lesquelles vous aviez œuvré ou pris l'arrêté Recul des pesticides viennent (enfin) d'être prises en compte! on devrait vous donner la Légion d'honneur pour avoir agi en 2019 (ce qui aurait pu faire gagner aux habitants, des années d'exposition aux Nanopesticides*).
En effet, l'agence nationale de sécurité sanitaire française (ANSES) vient de faire analyser les pesticides les plus utilisés en France .
100% de ces pesticides comportaient bien des nanoparticules, utilisées sans aucun contrôle par l’agrochimie.
L' ANSES** a enfin décidé de faire cesser cette prise de risque insensée. Le mois dernier elle a carrément demandé le retrait des nanoparticules dans les pesticides et alerté l'Europe. C'est dire si le danger était avéré!
C’est une nouvelle extraordinaire, cependant... modifier les AMM***à chaque renouvellement d'autorisation prendra des années…
C'est pourquoi, pour être protégé immédiatement,on a lancé une pétition sur Change.org(que vous trouverez en tapant Nanopesticides).
Encore bravo pour votre engagement de l’époque !
* Nanopesticides: extrêmement fines, volatilisées dans l'air au moment des semis d'enrobé, des épandages et par les poussières des sols traités, des nanoparticules permettent aux molécules de pesticides d pénétrer aisément nos corps (par la peau, la respiration...) et polluent tous les écosystèmes.
** Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail.
***Autorisation de Mise sur le Marché.
GL: j'ai lu sur Facebook l'annonce de la construction de 2 courts de padel couverts au Hututu peux-tu m'en dire plus?
AR: ce sont nos voisins belges de Momignies qui vont installer 2 courts de padel sur un terrain à proximité du site du Hututu situé sur le territoire français. (terrain acquis par la mairie dans les années 90 et équipé d'une borne électrique pour accueillir les centres de loisirs)
Cette initiative vise à satisfaire une partie de la population de Momignies tout en préservant la tranquillité de ceux qui s'inquiètent des impacts du terrain sur leur cadre de vie.
D'après mes sources, le club sera affilié à la communauté francophone de padel de la fédération belge «Wallonie-Bruxelles».
C’est surprenant, car ce serait le premier club affilié à la fédération belge de padel sur le territoire français.
En revanche, la commune d’Ohain pourrait faire une bonne affaire.
En droit français, la règle générale est claire: la construction appartient au propriétaire du terrain, même s'il était construit par un tiers avec ses propres matériaux.
Ce principe découle du droit d'accession prévu dans l'article 555 du Code civil
GL: qu’en penses-tu?
AR: le padel est un sport qui séduit de plus en plus de personnes, sa grande force résidant dans son accessibilité à tous âges.
L'idée d'une adaptation du court de tennis en un terrain de tennis-padel me semblait à première vue pertinente.
Cependant, après avoir expérimenté ce sport lors de mes vacances en juin dernier, j'ai rapidement réalisé que cette transformation poserait un problème majeur: l'impact sonore sur les riverains du quartier.
Néanmoins le court de tennis«désirée Gauthier» étant sous-utilisé, il est grand temps de le redynamiser par des actions concrètes afin de lui donner une véritable place dans la vie sportive de la commune.
De même, le terrain multisports situé au stade souffre d'un manque d'utilisation.
Il est essentiel de repenser à son usage afin qu'il puisse répondre aux loisirs de la population et retrouver de son dynamisme.
Enfin, plutôt que de déplacer le stade comme l'a annoncé le maire, il me semblerait plus judicieux d'éviter des dépenses considérables en modernisant les installations existantes.
Cette approche serait plus cohérente et pourrait réellement bénéficier à la commune, à condition que le club développe une formation pour les jeunes, garantissant ainsi un avenir dynamique et pérenne.
GL: j’ai entendu sur une radio locale que la mairie avait été rénovée, est-ce que tu en sais plus?
AR: Je te dirais franchement: j'ai du mal à suivre et à comprendre la politique municipale actuelle...
Il est difficile de ne pas s'interroger sur les priorités qui ont guidé ces dépenses.
En effet l'intérieur de la mairie jugé en excellent état par les habitants ne semblait pas nécessiter de tels travaux qui ont suscité étonnement et débat au sein de la population.
Le bureau du secrétariat avait été complètement rénové quelques années auparavant, la salle principale de la mairie et l'accueil avaient été repeints quelques mois avant mon départ.
La salle d'honneur était jugée chaleureuse et en excellent état.
Le maire dès son élection a décidé de refaire son bureau dans son intégralité.
Et pourtant, ensuite des travaux considérables ont été entrepris à la mairie atteignant la somme de 356 955,94€ TTC d'après le devis présenté par le maire au Conseil municipal.
D'après le ressenti général, ces travaux ne reflètent pas un progrès tangible.
De plus ces transformations n'apporteraient pas d'améliorations significatives à la population au quotidien par rapport aux aménagements précédents, ce qui soulève bien entendu des interrogations quant à la valeur ajoutée réelle des dépenses engagées.
Dans notre commune qui ne compte que 1200 âmes, le maire a-t-il fait preuve de grandeur en doublant la superficie de son bureau?
Dans un village où chaque décision budgétaire devrait être mûrement réfléchie, on peut parfois assister à des dépenses qui s'apparentent à la fable de jean de la Fontaine.
«La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf».
Si certains travaux étaient réellement nécessaires, il aurait été judicieux de faire appel aux ouvriers communaux dont les compétences ont maintes et maintes fois été démontrées.
Ces derniers auraient pu s'en charger efficacement à condition de ne pas être surchargés par d’autres tâches.
Comme le dit si bien le dicton: «On ne peut pas être au four et au moulin»!
Je veux bien évidemment dire par là: au Hututu et à l'entretien du village et des bâtiments.
GL: Peux-tu me dire quelques mots sur l'installation de la centrale photovoltaïque installée sur la toiture de l'atelier municipal.
AR : Je ne suis pas un spécialiste, ce sont les explications d’un technicien qui m'ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de l'installation.
Il faut reconnaître que la population dispose encore de très peu d'informations concrètes sur cette réalisation, que ce soit sur les modalités techniques ou sur les bénéfices réels qu'elle pourrait apporter à court comme à long terme.
Les panneaux installés représentent une puissance de 16KWc ce qui équivaut dans le Sud avesnois avec une orientation sud-est comme à
Ohain une puissance allant de 13000 KW à 14500 KW selon l'ensoleillement
Répartie sur 12 compteurs distincts, la production d'électricité est ventilée en fonction des besoins réels de chaque compteur.
Il est généralement recommandé de ne pas dépasser 100 à 200 mètres entre les panneaux et le point de consommation.
En France, la réglementation autorise une distance de 2 km maximum, en utilisant des câbles de fortes sections.
Dans ce cas, le coût des fournitures et du terrassement pour enfouir les câbles sont très élevés.
Il est illusoire d'attendre un équilibre financier.
Si l'on considère une autoconsommation partielle avec une revente à EDF, les économies annuelles sur l'ensemble des compteurs pourraient atteindre 1800 à 2500 euros.
Il faut prévoir le coût annuel de maintenance qui se situe entre 500 et 800€.
Avec les aides, le retour sur investissement est de l'ordre de 4 à 5 ans.
Tout compte fait, au-delà de l'effet d'annonce, cette installation permettra de faire quelques petites économies.
On peut légitimement se demander si d'autres investissements n'auraient pas eu un impact plus significatif.
GL: as-tu quelque chose à ajouter avant de conclure?
AR: Oui, quelques mots sur les résultats du palmarès des villes et des villages où il fait bon vivre en 2025.
Ce palmarès est fondé sur des données officielles telles que le cadre de vie, la sécurité, la protection de l'environnement, la culture, les loisirs, le sport, la fiscalité, la qualité de vie, les commerces, les services publics...
Chaque critère est noté et pondéré en fonction des priorités des Français via un sondage «OpinionWay», qui repose sur de nombreux critères issus d’organismes officiels comme l’INSEE.
OHAIN est classé 9071e sur 11125e du palmarès des villages où il fait bon vivre en 2025, avec un score général de 57,2/100.
Notre village occupe l’avant-dernière place ex- aequo de l’ex-canton de Trélon.
Certains critères comme l’accessibilité et le transport, l’éducation, ou encore les risques naturels échappent au contrôle direct de la commune et ne sont pas repris dans les tableaux suivants.
La commune d’OHAIN évaluée sur 100 points dans chaque catégorie par rapport aux communes les plus proches géographiquement parlant:
Dynamisme: 15/100
Patrimoine: 44/100
Culture: 14/100
Nature: 56/100
Qualité de vie: 51/100
Loisirs: 5/100
Sécurité: 80/100
Sport: 30/100
OHAIN comparé aux communes les plus semblables en termes de population et de superficie:
Dynamisme: 27/100
Patrimoine: 18/100
Culture: 21/100
Nature: 47/100
Qualité de vie: 24/100
Loisirs: 19/100
Sécurité: 69/100
Sport: 21/100
Au regard des notations dans les deux catégories, nous pouvons constater qu’Ohain à une mauvaise note pour la qualité de vie, le sport, et une très mauvaise pour les loisirs et la culture.
Ces mauvaises notes pourraient être liées à des facteurs spécifiques, tels que l’abandon de la reconstruction du pédiluve entre autres, mais aussi au faible classement dans des initiatives telles que le concours des villes
et villages fleuris où la commune obtient la note de 0/100 ou encore le manque d’entretien des espaces communaux.
Notre village, autrefois animé par des évènements culturels et des moments de partage, semble aujourd’hui figé dans une routine
silencieuse.
Où sont passés les festivals, les spectacles, les rencontres artistiques et les espaces de convivialités?
Bien que les statistiques actuelles montrent des défis pour notre commune, elles ne définissent pas notre avenir.
Avec des efforts et des initiatives ciblées, il est tout à fait possible de transformer ces chiffres et d'avancer vers des résultats plus positifs.
Je regrette le temps où une comparaison charmante était dressée dans «La Voix du nord»où l’on pouvait lire qu’ Ohain était le «Neuilly de l’Avesnois».
Cette petite commune, nichée au cœur du bocage avesnois, évoque un mélange subtil d'élégance et de tranquillité.
Ohain reflète une image de prestige discret, bien loin de l’agitation des grandes villes.
Cette métaphore flatteuse soulignait une singularité locale où qualité de vie et charme rural cohabitaient harmonieusement.
Certaines obligations liées à l'animation et à la vie locale devraient naturellement relever de la municipalité.
Cependant, grâce à l'engagement des associations, ces responsabilités sont non seulement prises en charge, mais souvent dépassées en qualité et en originalité.
Parmi elles, une association assure une présence active et incarne une dynamique précieuse dans l'animation du Hututu qui compense le manque d'initiative municipale.
Le tissu associatif local pourrait inspirer le Conseil municipal à redéfinir son rôle dans la revitalisation du village.
Avec de la volonté de la créativité, il est possible de faire revivre nos traditions et rassembler les habitants autour de moments conviviaux
J’espère simplement qu’Ohain retrouvera un jour son attractivité, sa joie de vivre, sa convivialité, et l’esprit qui faisait le charme de notre village il y a encore quelque temps..
Il faut redonner une identité forte à notre commune, pour cela il est nécessaire d'organiser un événement exceptionnel, inédit et unique en associant au titre de celui-ci le nom de notre village.
Un événement festif, convivial et culturel qui mettrait l'accent sur nos valeurs et traditions locales et qui serait l'occasion de réunir toutes les générations: des enfants aux parents en passant par les grands-parents.
Souviens-toi, dans le passé et à plusieurs reprises, nous avons démontré notre capacité à organiser des événements d'envergure qui ont su attirer des milliers de personnes et qui ont permis de renforcer les liens intergénérationnels.
GL: j'ai vu sur les réseaux sociaux que la Communauté de communes s'était positionnée dans le dispositif de «village d'avenir».
AR: d'après mes informations, il s'agirait de relier le Ravel* de Momignies en Belgique à la voie verte de l'Avesnois à Glageon via le Hututu avant de le rattacher aux autres communes du Sud avesnois.
* Réseau autonome de voies lentes.
GL: que penses-tu de ce projet?
AR: pas grand-chose pour l’instant, je n'ai pas suffisamment d'informations sur le sujet. Je sais simplement qu'il y a des problèmes environnementaux importants à régler.
J’ai aussi noté qu'il était encore question du Hututu pendant que le cœur du village se meurt petit à petit et que l’opération allait coûter plusieurs millions d’euros, dont trois pour la première tranche.
GL: le dispositif des villages d'avenir n'a-t-il pas été lancé pour redynamiser les centres bourgs des communes de moins de 3500 habitants?
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AR: Si, tu as raison.
Il y a déjà environ 3000 communes d’une moyenne de 900 habitants qui ont intégré ce dispositif.
GL: est-ce que la commune d’Ohain pourrait adhérer à ce dispositif ?
AR: tu sais, quand tu vois que la commune perd des habitants et que les effectifs de l'école sont en baisse, il faut réagir…
En sachant que l’état donne la possibilité aux petites communes de se faire assister par un bureau d’études spécialisé pourquoi ne pas saisir cette opportunité?
GL: tu as des idées qui pourraient rentrer dans ce dispositif ?
AR: Dans le cadre de la réorganisation foncière, nous avions rouvert les accès qui mènent à la Belgique et vers la commune de Trélon.
Jusque 2020, tous les chemins ruraux étaient entretenus régulièrement.
Pourquoi ne pas redynamiser le centre du village par la valorisation de ses chemins ruraux tout en mettant en valeur le patrimoine naturel et rural de notre commune.
En connectant ces différents chemins réaménagés entre eux pour former des boucles avec un point de passage obligé dans le centre du village.
Ce serait une formidable opportunité pour mettre en lumière les commerçants locaux, leur savoir-faire, et leur rôle essentiel dans la vie économique et sociale de la commune.
Pour relier ces différents chemins, il serait nécessaire d'aménager des voies piétonnes sécurisées et une signalisation adaptée le long des routes dépourvues de trottoirs (rue de l'alouette, rue neuve, rue des taillettes, et du gros Tilleul en partie).
Redynamiser le centre-bourg à travers la valorisation des chemins ruraux et des voies piétonnes renforcerait le lien social tout en améliorant la sécurité des riverains, des sportifs, des randonneurs et des utilisateurs de trottinettes.
À Ohain, nous avons tout pour avancer, pour être ingénieux et dynamiques, nous avons déjà su faire preuve de créativité et d’initiative.
Il n’y a pas longtemps, on parlait de nous en termes élogieux, et à juste titre.
Pourquoi ne pas profiter de l’accompagnement et des financements du programme «village d’avenir» pour proposer un espace créatif numérique ?
Qui pourrait être bien plus qu'un simple projet d'aménagement, ce serait une véritable impulsion pour redynamiser la vie locale, stimuler l'innovation et renforcer le lien social.
Un lieu qui serait conçu pour offrir aux jeunes et moins jeunes un environnement collaboratif où chacun pourrait monter des vidéos ou des streaming, créer des contenus sur youtube et autres plateformes, et même un espace dédié à la création de podcast.
GL: nous sommes arrivés au terme de cette série d’entretien, as tu quelque chose à ajouter ?
AR : Tout d’abord, merci à toi Gérard pour le temps que tu m’as consacré, pour ta patience, ta disponibilité, ton écoute attentive et pour tes questions pertinentes.
J’ai décidé d’écrire mes mémoires sans pour cela avoir la prétention de me considérer comme un écrivain, mais simplement comme quelqu’un qui souhaite partager ses expériences et son amour pour son village.
Chaque page de ces mémoires témoigne de mon engagement pour ma commune.
Ces souvenirs sont le reflet d’un chemin parcouru avec passion et détermination et c’est avec fierté que je laisse une trace de mon passage en espérant que ce récit puisse inspirer les générations futures.
Nous sommes le 3 juillet 2025, au vu de l’actualité, je décide de reprendre mon stylo.
Les deux vagues de chaleur successives en juillet puis en août sont désormais derrière nous.
En tant qu’ancien maire, je me permets de rappeler qu’en 2003, lors de la canicule qui a frappé la France, nous avions mis en place des mesures simples, mais essentielles.
Un listing nominatif des personnes âgées souffrant de pathologies particulières avait été constitué sur la base du volontariat et de l’inscription.
Chaque matin, un membre du personnel administratif ou un élu appelait individuellement ces habitants pour prendre des nouvelles, vérifier leur état de santé, et si nécessaire déclencher une intervention.
En 2025 nous disposons de moyens bien plus modernes qu’en 2003, mais l’essentiel semble avoir été oublié: «l’attention portée à celles et ceux qui n’ont pas la force de se protéger seuls».
Je regrette l’absence de dispositif similaire durant cette nouvelle canicule.
Alain Rattez
Maire d’Ohain du 17/03/1989 au 26/07/2020
Président du SICTOM
Vice-président du GUIDE
Vice-président de la CCSA
Maire honoraire depuis 2020
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