Chapitre III



Ma vie élective communale

De mars 1989 à mai 2020

 

 

L’envie de devenir maire de ma commune remonte à 1983, date à laquelle je me présente pour la première fois aux suffrages des Ohainaises et des Ohainais avec quelques amis.

Nous étions face à deux autres listes.

Celle de M. Marcel Bastient le maire sortant, et la seconde menée par M. Philippe Tabary « fonctionnaire européen ».

Au premier tour, l’addition des scores des deux listes d’opposition pourrait faire basculer le scrutin en notre faveur au second tour et faire tomber le maire sortant.

Mais à quel prix !

 

À condition de faire une alliance avec la liste arrivée en troisième position et laisser sur la touche une partie de mes colistières et colistiers.

Mon choix est clair : pas de compromis, pas d’alliance.

De ce fait, la liste arrivée en troisième position décide de se retirer. Nous restons face à la liste du maire sortant qui est réélu avec 55 % des suffrages.

Ayant toujours entretenu des relations cordiales et respectueuses envers M. Bastien, je le félicite pour sa réélection.

 

Cinq ans plus tard en juin 1988, le maire décède.

Pour élire un nouveau maire, le Conseil municipal doit être au complet.

La population est appelée aux urnes pour désigner deux conseillers municipaux en remplacement du maire et d’un adjoint décédé quelques auparavant.

Trois listes composées chacune de deux personnes sont sur les rangs, la première représente la majorité municipale.

La seconde est composée de Philippe Tabary une figure locale reconnue pour son engagement en faveur des personnes handicapées associé à l’attaché parlementaire du député.

Quant à moi, je choisis de partir avec Geneviève Delatte, une bénévole du comité des fêtes dont je suis le président.

La population se passionne pour cette élection, 85 % des inscrits sur les listes électorales se déplacent pour voter.

C’est un record pour une élection partielle qui n’a pour but que d’élire deux futurs conseillers municipaux !

 

Les électrices et les électeurs savent que quelques mois plus tard en mars 1989, ils désigneront l’équipe qui prendra les commandes de la mairie pour six années.

Le dépouillement des bulletins de vote est terminé, aucun candidat n’obtient la majorité absolue.

On s’oriente vers un deuxième tour.

La liste présentée par la majorité municipale qui arrive en 3position décide de se retirer.

L’entre-deux tours se déroule relativement bien à part quelques tracts comportant des noms d’oiseaux…

 

Le bureau de vote ouvre ses portes à huit heures, et dès son ouverture, les électeurs se pressent pour voter.

L’intérêt qu’ils portent à ce scrutin reste intact.

Au coude à coude jusqu’au dernier bulletin, je suis élu, mais devancé de quelques voix.

Quant au protégé du député, il n’arrive qu’à la quatrième position.

Quelques jours plus tard, nous sommes installés officiellement au conseil municipal.

 

Novice en gestion communale, j’observe, je m’informe, j’étudie le budget, je me forme dans l’éventualité d’être élu à l’issue du prochain scrutin qui se déroulera quelques mois plus tard.

La campagne s’annonce d’ores et déjà difficile.

Elle commence dès le début janvier et peu à peu, les noms des futurs candidats s’égrènent.

Nous ressentons de l’agitation autour des projets d’alliance qui visent à nous provoquer en espérant nous déstabiliser.

 

Trois listes sont alignées, la première emmenée par Marcel Hauw le maire sortant élu en 1988 suite au décès de son prédécesseur, associé à mes opposants de l’année précédente lors des élections partielles.

La seconde est conduite par un conseiller issu de la majorité sortante.

Quant à moi, j’ai l’honneur de conduire la troisième liste qui s’intitule :

« réussir avec vous pour l’intérêt général ».

 

Pendant trois mois, les habitants de la commune sont divisés, les tracts fusent de partout.

Sur 915 électeurs inscrits sur les listes électorales, 45 d’entre eux se présentent aux élections municipales, du jamais vu !

Pour moi, la situation est idéale, la majorité est divisée et l’opposition pactise avec le maire sortant.

 

Je dois en tirer les marrons du feu !

Mais, je deviens la cible principale.

Ma devise, ne jamais répondre à chaud aux insultes et aux provocations.

 

Je suis encore président du comité des fêtes, le colistier principal du maire sortant m’accuse sur les ondes d’une radio locale d’avoir distribué des sucettes aux personnes du 3e âge pour obtenir leurs voix.

Il annonce aussi en direct que ma liste est composée de bric et de broc. Nous gardons notre calme, nous continuons notre campagne sans répondre aux provocations.

 

C’est le jour J, l’une des listes d’opposition se positionne à l’entrée de la salle des fêtes où se déroule le scrutin pour serrer la main à toutes les personnes qui se présentent pour voter.

N’appelle-t-on pas ce genre de pratique, du racolage?

Mais, les électeurs ne sont pas dupes !

Un racolage qui ne leur portera pas bonheur.

Il est 18 h, le président du bureau de vote annonce que le scrutin est clos.

Les enveloppes qui contiennent les bulletins sont comptées, le dépouillement peut commencer.

Les 300 premiers bulletins donnent ma liste battue.

Écœurée et déçue après s’être autant donnée, mon épouse quitte la salle et rentre à la maison.

Des figures politiques du canton prévenues de la situation débarquent à la salle des fêtes avec un grand sourire.

C’était sans compter sur le renversement de situation qui allait suivre.

Peu à peu, les scores se resserrent, la majorité des membres de ma liste passe en tête.

Côté opposition, les sourires se figent.

Puis, une par une, les mêmes personnes qui se sont déplacées pour savourer la victoire de leurs amis politiques quittent la salle en toute discrétion.

Le dépouillement est terminé, dix de mes colistiers sont élus et trois de la liste menée par le maire sortant.

C’est alors que mon épouse prévenue de la situation revient à la salle des fêtes pour savourer la victoire d’une liste que l’on disait formée de bric et de broc.

 

Le 10 mars 1989, le nouveau conseil municipal est installé, présidé par le maire sortant qui est le doyen de la séance.

Le vote pour désigner le prochain maire peut commencer.

L’opposition, résignée, ne propose pas de candidat.

À l’appel de son nom, chaque conseiller dépose dans l’urne son bulletin avec le nom du candidat écrit à la main.

J’obtiens dix voix, quant à l’opposition, elle a déposé trois bulletins blancs dans l’urne.

Je suis officiellement déclaré le nouveau maire de la commune.

À Ohain jamais une opposition n’avait remporté les élections municipales depuis 1874, date à laquelle le premier maire Bastien Victor fut élu.

Malgré le panachage qui est une méthode qui autorisait le vote en faveur de candidats de différentes listes, isolé et même non candidat, j’ai toujours été élu confortablement.

Et pourtant j’ai souvent été confronté à des listes d’oppositions qui proposaient un programme différent du mien, une confrontation d’idées qui a toujours penché en ma faveur.

En revanche, une grande majorité des candidatures isolées n’ont à aucun moment relevé le débat.

C’était bien souvent des personnes de mon âge.

Certaines devaient être atteintes d’une maladie appelée « frustration aiguë », les empêchant de s’affirmer dans la vie publique du village.

 

Contrairement aux listes bloquées en vigueur depuis 2014, je reste persuadé que le panachage permettait à l’opposition d’exister et d’avoir plus facilement la possibilité de siéger au sein du conseil municipal.

 

J’ai pu constater au début de ma carrière élective qu’une opposition, lorsqu’elle est constructive, participe à la formation d’un jeune maire.

Elle fait partie de la démocratie, elle évite que l’exécutif local ne se comporte en chef tout-puissant.

Dès le lendemain de mon élection, je suis opérationnel pour mettre mon programme en application.

Fils d’un ouvrier textile, je suis devenu maire de la commune qui m’a vu naître.

Je veux jouer la carte de la proximité, je connais bien la population, j’échange, j’écoute, la porte de mon bureau est toujours ouverte, il suffit de la pousser pour me rencontrer.

 

La commune n’est pas riche, mais la tâche qui m’attend est exaltante.

Je suis le maire de tous sans exception, sans discrimination, sans esprit partisan tout en respectant les actions et les prises de position de mes prédécesseurs.

Mon objectif principal: poursuivre dans le seul intérêt général et exclure tout intérêt particulier, bâtir le progressisme municipal à partir de projets concrets et donner à Ohain une dimension, impulser du dynamisme pour que notre commune devienne une commune attrayante.

Mes priorités sont multiples: l’école, les jeunes, le 3e âge, le social, l’environnement, le patrimoine communal, les services à la population et le cadre de vie des Ohainaises et des Ohainais.

J’invite la population à faire connaître ses difficultés, ses besoins et ses remarques.

Pour cela, je tiens des permanences tous les jours de la semaine de 16 h à 18 h et le samedi de 9 h à 12 h.

 

Ma devise, je la retrouve dans une citation de Georges Clemenceau « Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut avoir l’énergie pour le faire ».

 

Avant d’engager nos actions pour améliorer la vie de nos concitoyens, je mets en place une commission municipale qui a pour mission d’évaluer l’état de nos bâtiments, de nos routes, des services communaux et aussi les attentes de la population.

Le but de cet état des lieux consiste à évaluer l’ampleur des travaux à réaliser, définir un cap pour les six prochaines années et aller chercher le maximum de subventions nécessaires à la concrétisation de nos projets.

Je rappelle dans un courrier adressé aux habitants de la commune que tout est envisageable, mais que tout n’est pas faisable immédiatement.

Il faut prendre son temps si l’on ne veut pas le perdre à recommencer.

J’explique lors d’une réunion du conseil municipal qu’il y aura certainement des décisions difficiles à prendre, il faudra les assumer pour le bien de notre commune et de ses habitants.

 

Je sais qu’il y a trois gros dossiers sensibles qui m’attendent : la mise en place d’un programme d’assainissement avec les services du SIAN « Syndicat Intercommunal d’Assainissement du Nord » appelé aujourd’hui

NOREADE.

La renégociation avec la direction chargée de l’exploitation de la décharge d’ordures ménagères installée sur le territoire de la commune sur les modalités à mettre en place pour programmer dans le temps la fermeture du site.

Et enfin, rencontrer les dirigeants de la carrière de pierre bleue exploitée dans la commune voisine dans le but de trouver des solutions pérennes pour minimiser les gênes occasionnées par le passage des camions et l’envol des particules fines.

Je vous laisse maintenant découvrir ou redécouvrir les actions importantes qui se sont égrenées pendant les trois décennies qui ont suivi mon élection.

 

 

                                           L’environnement et la santé

 

L’assainissement.

À mon arrivée en 1989, la plupart des eaux usées sont rejetées en l’état dans la nature.

Comme toutes les eaux usées, elles contiennent des micro-organismes potentiellement pathogènes, ainsi que diverses matières polluantes telles que la matière organiques, mais aussi des produits chimiques comme les lessives, les produits d’entretien…

Quant aux nouvelles constructions, elles devaient être équipées d’une fosse septique et d’un plateau absorbant d’une durée limitée à cause du colmatage qui empêchait le bon fonctionnement du système.

Il faut aussi savoir que ces installations et leur entretien étaient à la charge de l’utilisateur.

Je souhaite aller le plus vite possible dans la mise en place du réseau du tout-à-l’égout collectif qui est pour moi l’installation essentielle pour protéger notre environnement et la santé publique.

Nous décidons de nous lancer un challenge : équiper en 10 ans toutes les rues de la commune du tout à l’égout.

Les tranches de travaux s’enchaînent, nous avons gagné notre pari!

L’ensemble des travaux pour assainir 98 % des habitations de la commune a coûté l’équivalent aujourd’hui de plus de 4  millions d’euros.

Seuls quelques logements très éloignés n’ont pas pu bénéficier du réseau collectif d’assainissement.

Les travaux ont été subventionnés à hauteur de 80 % pour les 2 premières tranches, à 90 % pour les 3e et 4tranches et à 100 % pour la dernière tranche de travaux.

 

La décharge d’ordures ménagères.

Cent vingt tonnes de déchets provenant de 80 communes sont déversées quotidiennement dans une ancienne sablière à la sortie de la commune d’Ohain, sans protection de la nappe phréatique.

Je rencontre le PDG de la société propriétaire du site, un dialogue constructif s’instaure qui débouche sur la mise en œuvre d’un programme important de travaux nécessaires à la mise aux normes du site.

Ces travaux consistent à mettre en place une couverture imperméable afin de protéger la nappe phréatique.

Ce qui permet : de stabiliser les déchets, réaliser une voie d’accès bitumée, construire une plateforme de déchargement, poser des écrans grillagés pour bloquer l’envol des papiers et de dératiser régulièrement,

d’aménager un bureau de gardiennage afin de contrôler tout ce qui entre sur le site pour éviter les apports indésirable.

Des extracteurs et des torchères sont installés pour éliminer les odeurs produites par le gaz méthane lors de la décomposition des déchets.

Et enfin, la pose de trois piézomètres permettra de prélever et d’analyser les eaux de la nappe phréatique.

 

Toutes les entreprises sont soumises à la taxe professionnelle, en revanche, la commune n’a jamais bénéficié de cette taxe lors de l’installation de la décharge.

 

J’entame des pourparlers en vue d’obtenir des compensations.

J’obtiens la gratuité du traitement des déchets ménagers pour tous les habitants de la commune. J’instaure une taxe à la tonne de déchets passante sur le chemin rural qui mène à la décharge.

Et enfin je négocie le creusement et l’aménagement d’un étang de pêche à proximité immédiate du camping communal appelé le « Hututu ».

Il reste maintenant à définir la date de fermeture du site.

Peu à peu les déchets sont dirigés vers un autre centre d’enfouissement technique.

La décharge ferme définitivement en 1999 avec l’obligation d’en assurer la surveillance, l’entretien, les analyses de sol et des eaux souterraines jusqu’en 2030.

 

En 2019, lors de la cérémonie des vœux à la population, je lance l’idée d’installer une station d’énergie verte par panneaux photovoltaïques sur le site de la décharge.

La Voix du nord reprend mes propos et les propositions d’investisseurs sont multiples.

J’insiste sur le fait que pour maîtriser une telle opération de reconversion, il est nécessaire d’anticiper la gestion des pollutions potentielles présentes dans la nappe phréatique.

Au cours de la même année, je rencontre plusieurs investisseurs et les propriétaires du site pour leur rappeler leurs obligations avant d’entamer une quelconque démarche.

 

Je quitte mes fonctions de maire en mai 2020, je confie le dossier à mon successeur afin de finaliser le projet.

Dans le courant de l’année 2022, je lis dans la presse que le projet se précise.

Je demande au nouveau maire de se renseigner auprès des services compétents afin d’obtenir les résultats de la surveillance des eaux souterraines de l’ancienne décharge d’ordures ménagères.

 

 

Le 23 septembre 2023, ne recevant aucune réponse de sa part, j’alerte par mail Me la sous-préfète afin de lui faire part de la situation, et lui rappeler les obligations du propriétaire du site.

C’est lors de l’inauguration du réseau de chaleur à Ohain le 14 décembre de la même année que je la rencontre.

Elle m’informe qu’elle a bien reçu mon mail et qu’elle envisage de relancer les services compétents.

Il a fallu attendre le 24 avril 2024 pour recevoir des résultats d’analyses de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) ne portant que sur les années 2022-2023 et le 1er trimestre 2024.

Ce qui est primordial, c’est de connaître les taux de conductivités mesurés tous les 5 ans depuis la fermeture du site.

Ces mesures permettraient alors de savoir s’il y a des risques de pollution de la nappe phréatique .

Affaire à suivre…

 

Les camions de la carrière.

Le troisième point à traiter en urgence concerne aussi l’environnement.

Chaque jour, notre commune est traversée par une centaine de semi-remorques qui transportent des matériaux provenant d’une carrière de pierre bleue exploitée à quelques kilomètres du village.

Les riverains de la rue principale sont excédés par la vitesse excessive, les nuisances sonores, et l’envol de particules fines.

La carrière emploie plus de 100 personnes, il n’est donc pas question de mettre en péril la pérennisation de l’entreprise.

Après plusieurs rencontres, la direction m’informe que le bâchage des matériaux transportés ou leur arrosage deviendra obligatoire.

Des rappels concernant la vitesse ont été notifiés à chaque chauffeur.

 

J’ai aussi négocié et obtenu le passage d’une balayeuse chaque semaine sur le parcours emprunté par les camions.

La commune pourra aussi bénéficier tous les ans de 500 tonnes de cailloux pour ses besoins, mais aussi pour les habitants du village qui souhaitent améliorer l’espace public devant chez eux, sur simple demande adressée en mairie.

Cette problématique est définitivement réglée quelques années plus tard avec la construction d’une voie ferrée reliant la carrière à la gare la plus proche via Ohain.

Son tracé a nécessité le défrichage d’un hectare de bois de moyenne qualité en lisière de la forêt communale.

Cependant, pour compenser l’impact sur l’environnement, j’ai négocié la mise à disposition d’un terrain de 6 hectares planté de chênes, de hêtres et de Douglas.

Les dernières tractations avec l’entreprise ont débouché sur la mise en place d’une taxe à la tonne passante avec un minimum de 10 000 € versés chaque année à la commune et actualisés selon l’indice INSEE pendant la durée du bail emphytéotique de 99 ans.

On ne peut que se féliciter d’une telle opération qui a quasi supprimé la totalité du CO2 émis par le passage des camions.

Grâce à la renégociation avec la direction de la carrière après la création de la voie ferrée, la commune bénéficie toujours gratuitement de500 tonnes de cailloux et de la taxe de 10000 euros minimum chaque année.

 

Les déchets nucléaires.

Les populations situées de part et d’autre de la frontière sont inquiètes.

Elles apprennent que le gouvernement belge étudie la possibilité de créer un dépôt de déchets nucléaires en profondeur à deux pas de chez nous sur le territoire de la commune de Chimay en Belgique.

Je participe aux manifestations auprès des Français et des Belges qui sont soucieux de voir un tel projet se concrétiser.

J’écris au ministre chargé de l’environnement et de la protection des risques.

Il répond qu’une procédure officielle d’échange d’informations est mise en œuvre entre les gouvernements belges et français.

Et ajoute que s’il se confirmait qu’un stockage de déchets nucléaires était susceptible d’être réalisé à proximité de la frontière française, les populations concernées résidant en France seraient informées en temps utile, et qu’une consultation prévue par la loi française serait organisée.

 

Mais attention, restons vigilants.

En novembre 2022, la Belgique s’est prononcée officiellement en faveur du stockage en profondeur pour la gestion des déchets hautement radioactifs à longue durée.

Affaire à suivre…

 

Pollution sonore.

Quelques années plus tard, j’ai été amené à intervenir concernant une pollution sonore émise par l’usine textile du village.

Les ventilateurs extracteurs d’air installés à la filature datent alors de plusieurs décennies.

Le bruit devient insoutenable pour les riverains.

Après des échanges parfois difficiles avec la direction, nous sommes parvenus à établir un calendrier d’interventions.

L’étude acoustique a démontré que le niveau sonore mesuré à proximité de l’usine était bien au-delà des taux admissibles.

Suite à ce constat, un planning de travaux est élaboré.

Les ventilateurs extracteurs, les refroidisseurs et le transformateur ont été remplacés.

Ces travaux ont permis d’améliorer sensiblement la qualité de vie des riverains proches de l’usine.

 

 

État des lieux.

 

Parallèlement à ces interventions, nous dressons un état des lieux de la commune qui montre qu’au vu de la vétusté des bâtiments communaux, il est urgent d’engager non seulement des travaux de réfection, mais également une réflexion sur la rationalisation des différentes surfaces, afin de rendre plus efficace leur gestion.

Avant d’engager des travaux importants, je propose au conseil municipal de réfléchir sur les priorités à mettre en place durant notre mandature tout en respectant nos promesses électorales.

 

Je décide de consulter la population.

Chaque foyer de la commune reçoit un document afin de donner un ordre de priorité dans les six rubriques proposées.

Nous souhaitons rénover les infrastructures vieillissantes tout en préservant le caractère historique du village.

L’école arrive en première position avec l’environnement suivi de près par le commerce local.

 

L’école.

Après avoir établi un état des lieux, nous engageons une réflexion sur le devenir des bâtiments. Le premier de 200 m² n’abrite qu’une classe maternelle depuis la suppression d’un poste d’enseignant.

L’état de vétusté de ce bâtiment ne permet plus d’accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

À l’origine, cet édifice servait de salle d’asile pour les enfants de catégories sociales les plus pauvres.

Sa vocation se transforme dès 1871 en une école ouverte à tous, avec l’arrivée de la gauche républicaine. C’est en 1881 que les salles d’asile sont transformées en école maternelle.

On peut toujours voir une Marianne qui représente le profil de Cérès sur le fronton du bâtiment qui dans la mythologie romaine était la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité.

 

Le second bâtiment d’environ 800 M2 construit sur deux niveaux accueille les enfants du primaire. Cette ancienne et belle bâtisse construite sous la 3e République accueillait aussi les services administratifs de la mairie, d’où la présence d’un grand balcon accroché à la façade de l’école.

Ma priorité: faire de cette l’école, l’école de demain dans un cadre de vie agréable, tout en améliorant les conditions de sécurité et d’accueil.

 

Plusieurs réflexions avec l’éducation nationale, les enseignants et les parents d’élèves ont permis de faire évoluer ce projet et de dresser un cahier des charges.

Nous faisons appel à un architecte qui a pour mission d’étudier les possibilités d’aménagement du bâtiment et sa mise aux normes de sécurité en vue de regrouper les deux écoles.

En attendant, nous lançons un appel d’offres pour la réfection totale de la toiture.

Deux mois plus tard, après maintes réflexions, discussions et consultations, je suis en mesure de présenter l’avant-projet qui fait l’objet d’une large diffusion auprès de la population dans le bulletin municipal.

 

Le 31 mai 1991, le regroupement des 2 écoles est inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal en vue d’adopter définitivement le projet.

La soirée promet d’être longue !

 

Je décris toutes les phases de l’opération et leurs incidences financières: mise aux normes de l’ensemble du bâtiment, construction d’une salle d’évolution,d’un escalier de secours, d’une tisanerie, remplacement du réseau électrique et de l’éclairage dans chaque classe, baisse des plafonds dans le but de faire des économies de chauffage, rénovation de toutes les classes, création d’un coin informatique, transformation et aménagement d’un nouvel espace pédagogique, de toilettes et d’un dortoir en vue d’accueillir la classe maternelle après le regroupement scolaire.

La classe de CP bénéficiera d’un accès direct à un nouveau bloc sanitaire.

Quant au bloc sanitaire principal situé à l’extérieur, il sera

complètement rénové un peu plus tard.

 

Deux nouveaux bâtiments seront construits, l’un pour abriter un escalier qui desservira l’étage, le second servira de salle d’évolution équipée de matériel adapté et d’un mur d’escalade.

L’ensemble sera relié aux différentes classes par une verrière en forme de tunnel desservant aussi une tisanerie et une buanderie.

La nouvelle cour de récréation sera macadamisée et équipée d’une aire de jeux pour les petits, le préau sera consolidé et sa toiture refaite à neuf.

Et enfin, un escalier de secours sera construit à l’emplacement d’un logement de fonction désaffecté.

L’ambiance au sein du Conseil municipal est explosive, l’opposition n’est pas nombreuse, mais elle se déchaîne et refuse catégoriquement la fusion des 2 écoles.

 

Les débats se prolongent, l’opposition joue son rôle, c’est alors à moi de démontrer que mes propositions sont les mieux adaptées pour les enfants !

C’est à moi de convaincre .

Il est minuit, tout le monde commence à se fatiguer, je mets le projet au vote.

Il est adopté par 11 voix pour et 2 contre.

Je lève la réunion du conseil municipal à 0 h 45 et quelques jours plus tard, l’appel d’offres est lancé.

Les travaux commencent dès le premier jour des grandes vacances, ils dureront 2 mois.

À la rentrée de septembre, tout est prêt pour accueillir les 140 élèves dans des locaux sécurisés, colorés et accueillants.

 

Ce sont les enfants eux-mêmes qui ont choisi le nom de leur établissement qui était resté anonyme pendant quelques 149 ans de son existence.

Il s’appellera désormais « l’école Jacques-Yves Cousteau », un choix qui ne doit rien au hasard… fidèles spectateurs des films Cousteau diffusés le dimanche, les enfants s’étaient déjà mobilisés il y a quelques années pour le continent antarctique.

Le jour de l’inauguration, le commandant Cousteau est au Brésil pour lancer une grande campagne de signature et annoncer la création d’une chaire d’Ecoctechnie à l’université de Sao Paulo.

C’est son épouse Francine Cousteau, qui seconde le commandant, qui sera présente.

Les enfants lui ont remis un message adressé au commandant Cousteau impressionnant de maturité.

 

« Nous sommes fiers que notre école porte votre nom, vous nous avez fait comprendre que la protection de l’environnement concerne tous les habitants de notre planète.

En effet, la pluie et le vent ne sont pas arrêtés par les frontières.

Votre combat pour la préservation de l’Antarctique, des espèces menacées devraient être soutenues par tous les Terriens .

Votre renommée mondiale peut faire que les générations futures ne soient pas victimes de nos erreurs ou de notre insouciance ».

Ces mots datent d’il y a plus de trente ans…

J’espère qu’aujourd’hui ils s’en souviennent encore.

 

Après avoir dévoilé la plaque qui porte le nom de Jacques-Yves Cousteau, Me Francine Cousteau franchit le seuil de l’école et découvre un univers de fraîcheur et de gaieté.

Chaque classe est repeinte et aménagée pour répondre au mieux aux besoins des enfants.

La vaste pièce des tout-petits est astucieusement découpée en zone d’activités: travaux pratiques, lecture… les grands qu’en à eux ont à leur disposition une salle d’évolution et une bibliothèque, où cartes, livres, journaux témoignent d’une ouverture vers le monde.

 

Me Cousteau nous dit que la cour a de quoi faire rougir les petits citadins: parcours de santé, prairie, bosquet d’arbres dans lequel il n’est pas interdit de grimper, maison de verdure aménagée dans un massif de seringas en fleurs.

 

Mr Jacques Lambert, le directeur de l’école, nous entraîne vers la serre, sa fierté: elle foisonne de laitues, choux-fleurs, petits pois, haricots, navets, carottes, fraises que même les plus petits identifient sans hésiter.

Les enfants ont d’ailleurs fièrement préparé un repas aux parents avec leur production.

Mr Lambert nous parle aussi des actions de ses collègues qui organisent régulièrement des sorties nature qui sont toutes aussi impressionnantes d’érudition.

À bicyclette les enfants ont pu découvrir une réserve ornithologique et s’entraînent à reconnaître le grèbe huppé, le héron cendré, le fuligule morillon…

Ils s’initient également aux écosystèmes: étangs, marais, prairies humides, pelouses calcaires…

 

En fin d’après-midi, Me Francine Cousteau quitte Ohain avec plein d’étoiles dans les yeux.

 

Quelques mois plus tard en septembre 1994, nous avons la joie d’apprendre que notre l’école a été choisie comme école modèle parmi les 50 écoles qui portent le nom de Jacques-Yves Cousteau.

Quatre pages nous ont été consacrées dans la célèbre revue « Calypsolog ».

 

L’école a été parmi mes principales priorités durant les trente et une années passées à la tête de notre commune.

Nous avons fait évoluer les services au fil du temps.

L’informatique a fait son entrée à l’école avec des TO5 et des MO7, puis sur la proposition des enseignants une salle dédiée exclusivement à l’informatique a été mise à disposition des élèves, équipée de huit ordinateurs de nouvelle génération flambants neufs.

En 2017, nous passons à une étape importante avec l’arrivée de deux tableaux interactifs et des tablettes qui constituent un nouvel outil pédagogique.

 

Fournitures scolaires - ramassage scolaire

Dès mon élection, je propose au conseil municipal de mettre en place de nouveaux services dans le but d’améliorer la qualité de vie des parents et des enfants qui fréquentent l’école d’Ohain.

Dans un premier temps, la commune prend en charge afin de garantir l’égalité des chances dés la rentrée 1989 , des fournitures scolaires des élèves de l’école.

 

Dans cette même dynamique, pour faciliter le quotidien des familles, la commune organise un service de ramassage scolaire.

 

Le village compte plusieurs lieux-dits distants du centre appelés « les écarts ».

Toutes les rues ne sont pas pourvues de trottoirs et peuvent être dangereuses pour les écoliers qui se rendent à pied à l’école du village ou sur la place, lieu de rendez-vous du service du transport scolaire pour les élèves du collège et du lycée.

La commune fait l’acquisition d’un minibus de 22 places qui a permis pendant de nombreuses années d’acheminer les élèves des quartiers éloignés en toute sécurité.

Pour leur sécurité, 5 abribus ont été installés dans le centre et les lieux-dits principaux de la commune.

 

La collation à l’école.

Nous constatons malheureusement que beaucoup d’enfants ne prennent pas de petit déjeuner le matin.

Nous décidons d’instaurer une collation pour les petits de la maternelle, étendue ensuite à la classe du CP sur la demande des enseignants.

Dans un premier temps, des yaourts et du lait sont servis aux enfants.

Plus tard, du pain, du fromage ou encore des fruits de saison livrés par le verger bio d’Ohain sont venus enrichir la collation.

Malheureusement, ce service a été supprimé après mon départ.

 

 

La garderie.

Après la rénovation complète de l’ancien presbytère devenu la maison des Ohainais, et pour la première fois dans l’histoire de la commune, le bâtiment accueille une garderie qui fonctionne le matin avant l’école à partir de 7 h et le soir jusque 18 h.

 

Le bâtiment accueille aussi les nourrissons pour leurs consultations médicales, le catéchisme, les restos du cœur, une salle associative ainsi qu’une salle de réception pour 40 convives.

En 2015, nous décidons d’anticiper la loi sur l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, la garderie est transférée au rez-de-chaussée, la salle restée libre à l’étage est occupée par un club informatique qui existe toujours.

 

Le centre aéré.

En 1990, le premier « centre aéré » communal de l’histoire de la commune appelé maintenant « centre de loisirs » est né.

Il accueille les enfants de 6 à 14 ans, puis l’âge minimum sera ramené à 4 ans sur la demande des parents.

De nombreuses activités sont proposées dès la première année: sport, loisirs créatifs, théâtre, sorties culturelles, musique, chant, balade dans la nature, camping, canoë, et pour clôturer l’aventure un voyage à la mer du Nord.

Auparavant, les enfants se rendaient au centre paroissial de l’abbé Fagniard à Trélon qui fonctionnait les après-midi.

 

Les mercredis récréatifs.

Dans un même temps, nous mettons en place des activités chaque mercredi.

Les activités proposées se déclinent par période autour d’une thématique.

Le mercredi, on joue, on invente, on découvre, on se défoule pour créer une vraie coupure avec l’école.

 

La gratuité de l’entrée de la piscine.

La natation scolaire fait partie intégrante des programmes d’enseignement de l’élève. Elle est donc assortie d’un caractère obligatoire.

À Ohain, comme dans de nombreuses communes, les parents doivent s’acquitter du droit d’entrée à la piscine.

Je propose au conseil municipal d’inscrire au budget communal une somme destinée à couvrir les dépenses afférentes aux droits d’entrée à la piscine des enfants de l’école primaire.

La proposition est votée à l’unanimité.

 

La Convention avec la CAF.

Nous signons une convention en partenariat avec la CAF pour la mise en place d’une garderie, des mercredis récréatifs, du centre aéré et des activités pendant les petites vacances.

Plus tard, il sera ajouté à la nouvelle convention des activités pendant la pause méridienne.

 

La cantine à haute qualité environnementale.

À notre arrivée en 1989, les enfants prenaient leur repas (livré par un prestataire extérieur) dans une salle de l’école.

Nous réfléchissons sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer sensiblement le service de restauration.

Quelques années auparavant, la salle des fêtes a été complètement rénovée par mon prédécesseur, Mr Marcel Bastien.

Une partie de cette salle est sectorisée par l’installation de 3 grands volets électriques.

La cuisine est agrandie et équipée de matériel performant.

Le restaurant scolaire est doté de mobilier neuf.

Les repas sont confectionnés sur place par Christine, toujours fidèle au poste 35 ans plus tard.

Dorénavant, les enfants peuvent manger dans un espace de restauration adapté.

Plusieurs années plus tard, les normes sanitaires sont de plus en plus contraignantes, l’espace est devenu exigu et obsolète, et le nombre d’élèves qui fréquentent la cantine est en constante progression.

Après maintes réflexions, je propose au conseil municipal (qui accepte à l’unanimité) la construction d’un bâtiment qui accueillera une nouvelle cantine scolaire à basse consommation de haute qualité environnementale.

 

Une démarche qui vise à limiter à court et à long terme les impacts sur l’environnement immédiat, par le choix de procédés de construction de faibles nuisances de chantier, une gestion particulière de l’énergie, de l’eau et des déchets d’activités (hydrothermie, acoustique, visuel et olfactif).

 

L’inauguration a eu lieu le 14 juin 2014 en présence de Mr le sous-préfet, du député, des élus du canton et des Ohainaises et Ohainais venus nombreux pour la circonstance.

Les repas sont maintenant acheminés par un prestataire privé.

Comme promis, le bio a fait son entrée dans la confection des repas : dans un premier temps dans les entrées, les desserts ou encore les soupes.

Nous engageons une réflexion pour étendre la gamme de produits bio dans le plat principal.

 

Lutte contre le gaspillage alimentaire.

Afin de rendre le tri évident et de lutter contre le gaspillage alimentaire, une table de tri installée à la cantine permet d’une part de séparer les biodéchets qui peuvent être valorisés, des emballages plastiques.

Débarrasser son assiette des restes de son repas permet aussi de mieux se rendre compte des déchets que l’on produit et donc de les limiter.

Chaque jour, les restes sont pesés et les poids affichés dans le restaurant scolaire.

Lors d’une visite à la cantine en mai 2023, j’ai constaté que la table de tri avait disparu.

J’en conclus que la nouvelle municipalité n’a pas adhéré au bien-fondé de cette initiative.

 

Et pourtant, les restes alimentaires ne sont plus considérés comme des rebuts, mais valorisés en solution de compostage.

Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets à la source est obligatoire.

 

Au fil de mes cinq mandats passés à la tête de la commune, je n’ai eu de cesse d’améliorer les conditions de fonctionnement de l’école, de promouvoir un environnement scolaire de qualité et de nouer des relations sociales en faveur du bien-être des élèves de l’école Jacques Yves Cousteau.

La dernière année de mon 5mandat a été marquée par plusieurs nouveaux équipements: après l’installation d’une salle de lecture, la cour macadamisée a été refaite entièrement et la partie enherbée est passée de 1500 m² à 2000 m².

 

À la rentrée de septembre 2019, les enfants ont pu découvrir leur nouvelle cour équipée de jeux : maisonnette et toboggan pour les petits, panier de basket et un but de hand-ball pour les plus grands, sans oublier les jeux de marelle installés sous le préau rénové.

 

Un poulailler pédagogique équipé d’un panneau solaire est installé à proximité du bac de compostage qui vise à réduire les déchets alimentaires au sein de la cantine, cela va de pair avec les déchets pesés chaque jour et l’accompagnement au compostage.

 

Cet axe permet aussi de sensibiliser les plus jeunes aux gaspillages, de se rendre compte des déchets produits, de leurs déchets !

Suite à la pandémie, l’installation de caméras intégrées permettant aux élèves de voir l’évolution et l’éclosion des œufs, mais également d’étudier le comportement des poussins et des poules via la wifi reliée à l’école est retardée.

D’après mes sources à l’heure où j’écris ces lignes, 5 ans plus tard, le projet de connexion du poulailler est toujours en stand-by.

 

Et pourtant activement à la vie un poulailler connecté permettrait le développement de certaines facultés chez l’enfant.

En participant activement à la vie du poulailler, il développerait des notions de responsabilité, stimulerait sa curiosité, apprendrait à respecter l’animal, et maîtriserait les nouvelles technologies.

 

La Mairie.

 

Suite au regroupement scolaire, le bâtiment de l’école maternelle est libre d’occupation; les locaux administratifs de la mairie localisés dans une ancienne maison d’habitation sont vétustes, obsolètes et inadaptés aux services que les habitants de la commune sont en droit d’attendre.

 

En juin 1993 , le conseil municipal vote le transfert des services de la mairie dans le bâtiment laissé vacant.

Après la réfection de la toiture, la rénovation des murs et le rejointoiement de la façade, nous établissons un plan selon nos besoins et les attentes de la population.

L’ensemble des cloisons intérieures sera démoli.

Le bâtiment accueillera: une salle d’honneur qui servira aussi de salle de réunion du conseil municipal, un large espace équipé d’un petit salon pour accueillir le public, un comptoir d’accueil, trois bureaux

(celui du maire, un autre pour les adjoints et le troisième qui sera occupé par le secrétariat de la mairie).

 

Le parc de la mairie arboré et fleuri a été créé de toutes pièces en collaboration avec un paysagiste.

C’est un bel exemple d’intégration d’un ancien bâtiment dans un environnement paysager réussi.

L’inauguration a lieu le 19 mai 1994 en présence du sous-préfet ,du député, des élus des communes environnantes et d’un nombre impressionnant d’habitants du village.

 

 

Quelques mois plus tard, c’est le personnel technique qui est doté d’un bâtiment composé d’un atelier et d’un espace de rangement pour le matériel et les véhicules.

Fin 2019 - début 2020 la porte et les fenêtres de la mairie sont remplacées.

Seule la pose de l’ensemble vitré en façade de la salle d’honneur prend du retard, mais le coût des travaux est budgétisé et voté lors de ma dernière réunion en mars 2020.

 

La médiathèque.

Je propose la création d’un espace dédié à la culture équipée d’une bibliothèque, d’une sonothèque, de plusieurs points multimédias et (d’un espace jeune) qui forment la médiathèque.

Un an plus tard, la médiathèque compte 80 adhérents.

 

La carte jeune.

Pour cet anniversaire, la carte jeune communale est présentée,

c’est une première dans la région : elle permet aux jeunes âgés de moins de 25 ans d’accéder gratuitement au court de tennis et à la bibliothèque.

Ils peuvent aussi bénéficier d’une réduction de 50 % sur le permis de pêche à l’étang du Hututu et sur les photocopies.

10 % sur leurs achats sont accordés chez plusieurs commerçants de la région sur simple présentation de la carte.

 

Le point poste.

En 2012 suite à la fermeture du bureau de poste, je négocie l’installation d’un point poste dans les locaux de la mairie, qui devient opérationnel en mai de l’année suivante.

En compensation, les services postaux versent encore aujourd’hui une indemnité de 1140 euros chaque mois au budget communal pour assurer le maintien d’un service public essentiel pour la vie du village.

 

La cabane à livres.

Il s’agit d’une bibliothèque en libre-service.

Une nouvelle fois nous étions les précurseurs en matière de culture de proximité.

Construite par le personnel communal, elle est installée dans le parc de la mairie.

Grâce à cette cabane à livres, les Ohainaises et les Ohainais ont la possibilité d’emprunter un livre puis de revenir le déposer plus tard ou l’échanger contre un autre.

Le fonctionnement s’appuie sur la confiance, ces livres voyageurs ne se volent pas, ils ne demandent qu’à s’envoler de lecteur en lecteur.

Quelques semaines plus tard, nous comptons plusieurs dizaines d’utilisateurs.

Certains ont trop de livres chez eux et ne souhaitent pas les garder, mais n’aiment pas les jeter.

Nous ne pouvons qu’être satisfaits de constater que notre cabane à livres est une alternative écologique à la benne à papier.

 

Malheureusement, la nouvelle municipalité n’a pas souhaité voir perdurer le service.

La cabane à livres qui devait trouver, d’après le maire, une autre utilisation est toujours entreposée au hututu depuis 2020.

 

Le cadre de vie et le

patrimoine communal.

Dès mon élection en 1989, j’ai des idées à partager

pour ma commune:

Miser sur un environnement et un cadre de vie de qualité, sauvegarder notre patrimoine communal, rendre notre village attractif.

Je ne souhaite pas faire le buzz ou du bruit autour d’une réalisation mal ficelée dans le seul but de faire parler de soi.

Je veux travailler pour l’avenir, avoir une vision à long terme, prendre le temps de communiquer avec la population.

Je souhaite que les Ohainaises et les Ohainais soient fiers de leur village, qu’ils s’y sentent bien, c’est le pari que je lance pour les années à venir.

 

Il faudra faire preuve de détermination, avancer prudemment sans précipitation pour sauvegarder les finances locales .

Toujours servir les intérêts des Ohainaises et des Ohainais sans esprit partisan et sans confondre l’intérêt général avec l’intérêt personnel.

 

J’ai un avantage, je connais bien les habitants de mon village natal, je les côtoie régulièrement, j’explique, j’essaie de convaincre en un mot je communique.

 

Il ne s’agit pas de sortir des projets d’un chapeau, chaque secteur communal doit être étudié.

Le conseil général accepte de financer une étude en vue d’élaborer un programme cohérent pour l’amélioration de notre cadre de vie et de notre environnement.

 

Je demande qu’elle soit d’abord axée sur le cœur du village, la place Foch et les équipements qui structurent la vie communale: la mairie, l’église, l’école, la salle des fêtes, le cimetière et le monument aux morts.

Puis, dans un second temps, les hameaux, les entrées de la commune et le patrimoine communal.

L’étude chiffrée est présentée à la population suivie par le dépôt des demandes de subventions que nous obtenons pour la plupart de nos projets à hauteur de 80 % du montant des dépenses engagées.

Vu l’ampleur de la tâche, les travaux se réaliseront au fur et à mesure suivant l’état des finances communales.

Après avoir étudié les différentes offres déposées par les entreprises, la première phase des travaux peut commencer.

 

Quelques mois plus tard, le centre du village est transformé.

Toutes les lignes électriques et téléphoniques sont mises en façade ou enfouies, la quinzaine de poteaux implantés autour de la place ont disparu du paysage.

 

Les nouveaux parkings sont séparés par une haie basse du cheminement piétonnier composé d’un calepinage en briques et de macadam.

 

La place Foch équipée de bac à fleurs et de bancs est recouverte de fin gravier décoratif en porphyre facile de circulation qui permet d’accueillir les fêtes et les ducasses dans de bonnes conditions.

L’implantation d’un abribus en bois et l’illumination du monument aux morts, de la salle des fêtes et de l’église viennent ponctuer cette magnifique place.

Des candélabres de style diffusent une lumière chaude qui donne une teinte orangée aux éléments qui baignent dans sa lumière, créant des contrastes et des ombres enrichissant ainsi le décor naturel du centre bourg.

 

Pour garantir la sécurité des enfants, l’espace devant l’école Jacques-Yves Cousteau est aménagé.

Le trottoir en pierres bleu qui longe le bâtiment est rénové, deux bacs à fleurs sont construits de part et d’autre du passage clouté.

 

Mais, il manque un élément patrimonial unique : "le kiosque à musique" j’ai retrouvé les plans cotés, mais

nous avons d’autres priorités...

 

Vingt ans plus tard, je ressors le projet, seule " La fonderie Vincent" basée à Lyon est capable de reconstruire à l’identique notre kiosque qui a trôné sur la place du village de 1863 à 1967, date à laquelle il a été démantelé.

J’obtiens 70 % de subventions du montant des travaux.

 

Après 51 ans d’absence, le kiosque a retrouvé son emplacement d’origine.

Il est inauguré le 27 avril 2019 en présence de Mr le sous-préfet qui a qualifié cette reconstruction d’intérêt historique.

 

Pour l’occasion, un groupe local s’est produit dans le kiosque pour la première fois le lendemain.

Nous projetons de faire revivre les traditions musicales de notre région lors de la fête de la musique et de la fête nationale des kiosques nés en 1972.

Malheureusement, en 2020 à cause de la pandémie, le calendrier est bouleversé.

 

Jusqu’à ce jour, la nouvelle municipalité n’a pas trouvé l’intérêt de le faire revivre dans le cadre des « Kiosques en fête » programmé en France chaque année à la fin du mois d’avril..

 

D’autres opérations visant à améliorer notre cadre de vie et le patrimoine communal se sont succédé pendant les trois décennies qui ont suivi mon élection.

Tous les bâtiments communaux ont été rénovés, incluant les toitures, les façades et les intérieurs, pour offrir un environnement plus moderne et accueillant.

Grâce à la coopération de la commune avec l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat), vingt propriétaires ont pu bénéficier d’aides dans le cadre de la rénovation des façades.

 

Le camping du hututu.

Au début du 20e siècle, la ville de Fourmies fait l’acquisition d’une clairière au cœur de la forêt d’Ohain après s’être assuré de la présence des eaux souterraines en abondance.

Trois puits sont forés, un local pour la machinerie et un château d’eau sont construits.

Au fil du temps, les eaux deviennent de plus en plus ferrugineuses,

le site ferme ses portes dans les années 60.

Il est laissé à l’abandon jusqu’en 1971, date à laquelle le motoclub Fourmisien organise sa première concentration de motos.

Ce sont les dirigeants du club qui ont donné le nom de « hututu » en s’inspirant d’un lieu-dit proche du site actuel.

 

Après avoir racheté les bâtiments, le terrain et les infrastructures, André Fiévet maire de l’époque décide d’installer un camping de 38 emplacements inauguré en 1982 par le nouveau maire M. Marcel Bastient.

Dès mon arrivée en 1989 nous constatons que le camping végète il est temps de donner un nouveau souffle à ce magnifique lieu.

 

Le Conseil municipal accepte ma proposition d’acquérir deux terrains contigus au camping, le premier pour accueillir les centres aérés et le second pour créer un étang de pêche.

Dès la saison 1990-1991, les centres aérés de la région ont répondu présents.

L’étang de pêche creusé et aménagé remporte un franc succès.

Une aire de jeu est aménagée, un circuit VTT et des chemins de randonnée sont tracés.

Un parc avec des chèvres fait la joie des enfants, les sanitaires sont rénovés, deux saisons plus tard le camping affiche complet.

 

Malgré tout, pour pérenniser le site, il est nécessaire d’étendre le camping à 60 emplacements.

Après le rapport des services préfectoraux suite à une inspection de sécurité en date du 1er octobre 2009 des travaux de mise aux normes sont nécessaires, le devis s’élève à 418 750 €.

 

Le 16 octobre 2009, le conseil municipal décide de ne pas faire supporter une telle somme aux contribuables Ohainais et vote à l’unanimité la fermeture du site.

 

 

Le commerce local.

Le commerce local Ohainais ne se limite pas simplement à des transactions économiques : il incarne aussi l’histoire, les traditions et l’identité de notre commune.

Depuis des décennies, notre village a su préserver son commerce grâce à l’attention des maires et des conseils municipaux qui se sont succédé.

La boulangerie, pilier historique de notre village, est restée opérationnelle tout au long des années offrant du pain frais et des pâtisseries artisanales à nos habitants.

 

Le café du village le "franco-belge" qui a longtemps fait les beaux jours de la commune ferme ses portes sans repreneur.

En partenariat avec la communauté de communes, nous décidons de reprendre l’établissement.

Des travaux sont entrepris et donnent une nouvelle jeunesse à la pièce principale du rez-de-chaussée qui accueille l’espace dédié au café.

Pour éviter de perdre la licence IV, je me mobilise avec le conseil municipal lors des fêtes de village pour rouvrir l’établissement et assurer le service.

Le café est repris en mai 2010, puis ensuite une brasserie est venue enrichir l’offre commerciale.

 

Quelques années auparavant un ancien bâtiment situé dans le centre du village est en mauvais état, la commune en fait l’acquisition pour accueillir un commerce.

Le bâtiment est complètement transformé, la rénovation de la façade en briques et en pierres viendra rehausser la qualité visuelle de la place Foch.

Il est ensuite rétrocédé à la communauté commune pour y installer « la maison de l’abeille », puis « la boutique des jardins de l’Avesnois » et enfin il sera mis en location-vente en 2008 pour y installer un salon de coiffure.

 

En complètement à ces commerces essentiels, un verger bio a été implanté permettant de profiter des fruits et légumes frais cultivés localement.

De plus une brasserie artisanale s’est installée sur la zone industrielle confectionnant sur place des bières de qualité.

Puis, une boucherie est venue enrichir l’ensemble des services commerciaux.

 

Les infrastructures sportives.

Au début des années 2000 le club de football local connaît un développement remarquable avec un nombre croissant d'adhérents chaque année.

Les dirigeants sont fiers de leur politique de formation des jeunes qui évoluent chaque semaine auprès des équipes seniors.

 

Conscients de l'importance de fournir des infrastructures de qualité, nous décidons de renforcer sensiblement les installations.

 

Le stade à bénéficié de nombreuses améliorations pour offrir des équipements de qualité aux sportifs et aux spectateurs.

Le terrain de football a entièrement été drainé et un système d’éclairage a été installé en rendant les entraînements et les matchs en soirée.

À côté du terrain principal, un terrain d’entraînement à également été aménagé et équipé d’un éclairage similaire.

Pour les amateurs d’athlétisme, une piste de course de vitesse a été ajoutée ainsi qu’une zone dédiée au saut en longueur.

 

Un peu plus tard un terrain multisport a été construit, élargissant encore les possibilités sportives (basket-ball, volley-ball et le mini-tennis).

Pour le confort des spectateurs, un abri a été installé, leur permettant de suivre les événements sportifs dans des conditions optimales.

 

Le court de tennis communal en béton poreux a été recouvert d’un tapis synthétique pour assurer le confort des joueurs.

Malheureusement, jadis lieu de rencontre, il souffre aujourd’hui d’un manque cruel d’entretien.

 

Les hameaux et les lieux-dits.

Dans les années 70, les constructions nouvelles se sont multipliées dans le périmètre des différents hameaux et lieux dits du village qui portent souvent un nom rappelant une particularité topographique ou historique.

Au fil du temps nous avons souhaité leur rendre leur identité en les aménageant tout en respectant l’aspect rural de notre village.

 

La plupart des fossés ont été comblés et traités écologiquement à l’aide de drains perforés, les accotements remis en herbe permettant ainsi aux eaux de pluie de s’infiltrer naturellement.

Plusieurs intersections sont bordurées, des haricots et des ronds-points fleuris sont construits pour réduire significativement la vitesse des usagers de la route.

 

Lors des aménagements des accotement en concertation avec les riverains des rues concernées, nous avons mis en place une politique visant à garder un maximum d’espace vert en limitant le minéral au strict nécessaire.

Les habitants adhèrent aussitôt à notre demande et entretiennent régulièrement les espaces enherbés devant chez eux.

 

Le partenariat avec EDF a abouti à un vaste programme de suppression des lignes à moyenne tension dans la rue principale et sur les Trieux.

Les cabines électriques en béton peu esthétiques ont été remplacées par des constructions en briques en harmonie avec notre environnement.

Les routes ont été entretenues régulièrement, l’éclairage public renforcé et équipé en partie par des ampoules à sodium haute pression qui donnent un meilleur éclairage.

 

Les logements sociaux.

Un sondage lancé auprès de la population Ohainaise montre la nécessité d’examiner le problème du logement locatif sur notre commune.

À quelques pas du village se trouvent un terrain agricole et une ancienne bâtisse qui datent du 17e siècle, composé d’une grange en ruine et de deux logements délabrés. 

Nous décidons d’acquérir le terrain et la grange pour y construire seize logements locatifs que l’on appellera " Le clos des Horbes".

Des appartements de type 2, 3 et 4 seront mis à disposition en priorité aux habitants du village.

 

Quelques années plus tard, les 2 logements se libèrent, je propose alors au conseil municipal que la commune les rachète afin de sauver de la destruction ce magnifique bâtiment vieux de trois siècles.

 

Deux options s’offrent au Conseil municipal, transformer cette belle bâtisse en deux logements ou en faire une salle polyvalente qui pourrait accueillir différents spectacles ou être mise en location pour des événements familiaux.

C’est la deuxième proposition qui est choisie pour des raisons économiques, en effet un dossier bien ficelé peut apporter à la commune 80 % de subventions.

Les travaux de démolition, l’aménagement du terrain et la construction des terrasses sont confiés au personnel communal qui a réalisé ces travaux avec brio ; quant au gros œuvre, il a été attribué à trois entreprises locales.

 

Face au monument, une maison construite sur 2 étages est dans un état de délabrement très avancé, la commune rachète le bâtiment qui est confié a un bailleur social qui le transforme en trois logements flambants neufs.

 

L’hospice d’Ohain composé de six chambres est géré par la commune contrairement aux autres structures du nord qui hébergent les personnes âgées sous la tutelle des instances départementales.

 

Gérer un tel type d’établissement devient de plus en plus hasardeux malgré les efforts consentis par la commune et le déficit comblé par le budget communal.

Après le refus du département d’étendre à 40 lits la structure de la maison de retraite sous l’autorité du Conseil général, le conseil d’administration décide de transformer ce bâtiment en 8 logements sociaux construits et aménagés par le CIL.

 

Le patrimoine religieux.

 

L’église Saint-Martin.

Les communes sont aujourd’hui les propriétaires de la majorité des édifices cultuels en France. Les églises, chapelles et oratoires souffrent souvent de désordre nécessitant parfois de lourds travaux.

La construction de notre église construite entièrement en pierres bleues et dédiée à Saint-Martin date de 1845.

Lors de mon premier mandat, des travaux importants sont engagés.

 

Après la rénovation du mur d’enceinte de l’église réalisé par le personnel communal, la réfection totale de la toiture, le remplacement des cadrans et du mécanisme des horloges, les cloches ont été automatisées.

Pour mettre en valeur le clocher et la façade de notre église, un éclairage adapté a été réalisé.

Les plâtres et les peintures ont fait l’objet d’un ravalement complet, quant aux boiseries et au chemin de croix, c’est le personnel communal qui s’en est chargé.

Après un nettoyage et une mise en peinture, ils ont retrouvé leur éclat d’antan.

Les vitraux installés en 1888 qui proviennent d’un atelier de verrerie situé à Trélon ont été rénovés et protégés des nuisances extérieures.

 

Les orgues construites en 1885 par les Frères Delmotte ont été réhabilitées en 1998 et classées au titre des monuments historiques en 2011.

 

Le coq n’était pas descendu de son perchoir depuis 1947, après une rénovation complète, il retrouve sa place le dimanche 27 novembre 1994 en présence d’un très large public et de l’abbé Fagnard qui a participé à la cérémonie d’inauguration des travaux à mes côtés.

Pour l’occasion des cocardes personnalisées ont été accrochées sur le dos du coq par les enfants de l’école du village.

 

La pierre bleue est omniprésente dans le paysage du Sud Avesnois et Ohain n’y fait pas exception.

Le parvis et le perron de l’église Saint-Martin présentent un état de dégradation avancé. Une restauration est devenue indispensable pour assurer la sécurité des usagers, et pour remettre en valeur notre majestueuse église.

Je fais appel à la fondation du patrimoine en vue d’obtenir son label gageant de la qualité des travaux qui seront entrepris.

 

Ce label a permis à la commune d’obtenir 70 % de subvention du conseil régional ajouté à la subvention du conseil départemental dans le cadre du programme de la sauvegarde du patrimoine et de l’amélioration du cadre de vie.

 

C’est en 2019 que les travaux ont été réalisés.

Un Ohainais, Johan Leleux, tailleur de pierre, a travaillé pendant 2 mois à la taille de 80 marches, 3 pilasses, 20 pièces pour le perron et 200 dalles de 100 kilos chacune pour recouvrir les 100 m² que constitue le parvis.

L’inauguration des travaux a eu lieu en présence de Mr le sous-préfet et un large public le 14 septembre 2019.

 

Les chapelles, oratoires et calvaire.

La chapelle sainte face située rue des horbes est sans doute l’une des plus belles de la région.

De style gothique, elle est construite en 1887 en pierres blanches de Saint-Dizier, destinée à abriter le saint sacrement aux processions de la Fête-Dieu.

Rachetée par la commune en 2009 pour un euro symbolique des travaux de restauration sont engagés en 2011 grâce à la générosité publique, au personnel communal et à plusieurs artisans qui se sont mobilisés bénévolement.

 

C’est Mr Jean Degousée qui a décidé d’ériger la chapelle notre dame de la paix, qu’il a dédiée à la guérison presque miraculeuse de son épouse.

L’incendie qui a ravagé tous les bâtiments de la filature des textiles de la Thiérache dans la nuit du 4 au 5 juillet 2000 à provoqué des dégâts importants a la structure de la chapelle.

Située sur une parcelle communale après le rachat de l’ensemble des terrains qui doit accueillir un béguinage, nous avons souhaité sauvegarder ce petit patrimoine.

La chapelle a été démontée entièrement, chaque pierre a été numérotée afin de repérer celles-ci lors du remontage de l’édifice.

Ce travail minutieux a été réalisé par 2 ouvriers communaux Mathieu Brulois et Damien Gillot

 

Situé sur lieu-dit " les Trieux de melsart "  un magnifique calvaire est gardé par deux majestueux marronniers.

Composé de pierres bleues et de briques, il a été totalement restauré en 2007.

Le christ et sa croix ont été rénovés par Jean Philippe Chiron, un ouvrier communal.

 

La chapelle du grand dieu date de la fin du 17e siècle, construite à la limite des communes d’Ohain et de Trélon.

Elle abrite un Christ grandeur nature en bois massif, c’est un infirme qui l’aurait sculpté en donnant à son visage l’expression de ses propres souffrances.

Restaurée partiellement il y a plusieurs années par l’abbé Fagnard, cette très belle chapelle mériterait d’être complètement réhabilitée, ce qui permettrait de mettre en lumière l’œuvre qu’elle contient.

 

Quant aux oratoires, ils ont tous été rénovés, soit par le personnel communal ou encore par des particuliers propriétaires des sites.

 

Notre environnement.

 

La réorganisation foncière.

C’est l’un des plus gros chantiers que la commune d’Ohain ait connus.

La principale caractéristique du terroir Ohainais est son appartenance à un paysage de bocage. Or, celui-ci était fortement menacé.

Je propose au conseil municipal de mettre en place une opération de réorganisation foncière agricole et forestière en partenariat avec le département.

Cette réorganisation foncière permettra de regrouper l’ensemble des procédures pour améliorer les conditions d’exploitation des terrains agricoles, de mettre en valeur les espaces naturels et de contribuer à l’aménagement du territoire communal dans le cadre des plans locaux d’urbanisme.

Pour mener à bien ces procédures, une association foncière composée d’élus, d’agriculteurs, et de techniciens est constituée.

J’ai eu l’honneur de la présider pendant 5 années, de valider les décisions prises par l’assemblée lors des réunions qui ont souvent été houleuses, mais constructives, dans le seul intérêt général.

 

Les différentes subventions ont permis de couvrir à 100 % les coûts es travaux liés aux échanges de terrains, aux traitements des problèmes hydrauliques, aux nouvelles plantations des haies, à la création et à la réouverture des chemins de randonnée.

Ce sont :

- 13 350 pieds de haies parcellaires et périphériques qui ont été plantés pour limiter les départs de terre, freiner les ruissellements et augmenter l’infiltration des eaux de pluie.

- 2950 m de clôture posée.

- 3000 m de ru curés.

-1750 m de fossés creusés, 11 mares reformées et 1200 m de drains posés.

- Deux bassins de rétention ont été aménagés afin de retenir d’une manière temporaire les pluies torrentielles.

1950 m de chemin ruraux ont été aussi rouverts et aménagés.

En partant de la place, le premier permet de rejoindre la rue du gros tilleul en passant par le verger bio.

Le second de rallier la Belgique par un chemin qui permettait d’éviter les douaniers lors des escapades des fraudeurs dans les magasins belges jouxtant la frontière franco-belge après la dernière guerre.

 

Le travail réalisé par les membres de la commission d’aménagement foncier a permis d’inscrire au plan local d’urbanisme tous les charmes têtards répertoriés sur la commune afin de les rendre intouchables.

 

Plusieurs kilomètres de haie protégés d’intérêt écologique et hydraulique sont interdits à l’arrachage sauf avec l’autorisation du maire et une obligation de compensation dans le même secteur.

 

La forêt communale.

La commune d’Ohain a la chance de compter sur son territoire une forêt communale de près de 200 hectares.

Peuplée de 85 % de chênes pédonculés, 3 % de chênes sessiles, 5 % de hêtres, 5 % de feuillus et 2 % d’épicéas communs.

 

Durant mes cinq mandatures, la commune a consacré plus de 900 000 € pour aménager et rajeunir notre forêt.

En 2010 sur la proposition de l’office national des forêts nous engageons un vaste plan de régénération étalé sur 125 ans révisable tous les 20 ans.

Cette transformation permettra d’avoir des arbres adaptés aux conséquences du changement climatique.

 

Progressivement au terme de cette réorganisation, les chênes pédonculés qui apprécient les sols profonds, bien alimentés en eau toute l’année seront remplacés par des chênes sessiles qui peuvent se contenter de terrains secs, peu exigeants en pluviométrie et qui supportent assez bien les sécheresses estivales.

 

Le devoir de mémoire.

 

Personnellement, je suis attaché au devoir de mémoire. Ce n’est pas seulement notre capacité à nous remémorer des événements passés qui se sont déroulés sur notre commune, mais c’est aussi, à mon sens, notre capacité à conserver ses souvenirs et de les partager avec la jeunesse.

Je pourrais aller jusqu’à dire que certains de ces souvenirs permettent d’anticiper ce qui pourrait arriver dans le futur.

 

Une stèle pour ne pas oublier.

Les 16 et 17 mai 1940, les combats font rage à la frontière franco-belge, les Allemands réussissent à s’infiltrer dans Ohain.

Un groupe de reconnaissance d’infanterie et les combattants de la première division d’infanterie nord-africaine opposèrent une farouche résistance face à l’invasion des troupes allemandes.

Cent trente-deux d’entre eux sont tombés au champ d’honneur sur le territoire des communes de Glageon, Ohain, Trèlon et wallers-Trèlon dont 63 rien que sur notre commune.

En attendant que les corps soient réclamés par leurs pays d’origine ou leur famille, ils ont été inhumés dans un terrain rue de Momignies.

Quelques-uns d’entre eux reposent dans le cimetière communal.

 

Pour ne pas oublier leur sacrifice, je propose au souvenir français d’ériger une stèle à la limite des communes d’Ohain et de Trélon.

Stèle qui fut inaugurée en 1992 en présence de plusieurs centaines de personnes, dont les élus du canton et les représentants des ambassades d’Algérie, du Maroc et de Tunisie.

 

Une cruelle méprise dans la côte de la carnaille.

Notre commune a été touchée par un épisode tragique lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le 1er juin 1944, la BBC envoie un message codé « la sirène a les cheveux décolorés ! » ce qui veut dire que le débarquement est imminent.

L’objectif prioritaire : ne pas avoir de convois sur les rails et sur les routes !

Deux jours plus tard, sur la place de la gare de Fourmies, 60 personnes s’entassent précipitamment dans un autocar, seul moyen de transport pour rejoindre Ohain, Trélon et Glageon.

À mi-chemin, des témoins aperçoivent des avions à deux queues (avions américains Lockheed lighting) le chauffeur s’arrête, puis il reprend sa route quelques minutes plus tard.

Trois cents mètres plus loin, ces mêmes avions mitraillent le véhicule qui s’enflamme par l’arrière dans une épaisse fumée asphyxiante qui transformera en torche toutes les parois et les sièges.

Cette cruelle méprise fait 12 morts et 22 blessés.

Parmi eux, trois personnes d’Ohain sont brûlées vives : Charles Divry, Michel Huvel (le jour de ses 8 ans), et Lucie Guillbert - Rattez

la marraine de mon père qui fut identifié par ma grand-mère grâce à un morceau de corsage de couleur rouge qu’elle portait ce jour-là.

 

Parmi les blessés : Micheline Cardon, Laure Cordelle-Fontaine, Reine Millet et Michel Baivier.

Ce tragique événement a été occulté par les autorités de l’époque à cause de la proximité du débarquement.

C’est pour ne pas oublier, que j’ai souhaité qu’une stèle soit érigée à l’endroit ou a eu lieu cet épisode dramatique.

 

Notre village plongé dans une nuit d’angoisse.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet 2000, à 2 h 30 du matin, l’usine textile implantée sur notre commune depuis plus d’un siècle disparaissait dans les flammes réduisant en cendres le fleuron économique du village et le gagne-pain de 120 familles du canton…

Cet incendie d’une ampleur incroyable a mobilisé tous les centres de secours de l’arrondissement ainsi que les services des départements de l’Aisne et des Ardennes.

Les pompiers belges ont également été mis à contribution.

Au plus fort de l’incendie, vingt lances étaient en action.

Les réserves d’eau de la commune s’avèrent insuffisantes.

En moins de 3 h, le château d’eau s’est vidé, il a fallu installer une station de pompage dans un petit étang privé.

Des rotations de fourgon-pompe ont été organisées, d’abord avec des citernes de 8000 l d’eau puis avec un semi-remorque de 20 000 l d’eau dépêché depuis Villeneuve d’Ascq.

 

Un transformateur au pyralène fortement toxique pour la population et l’environnement est menacé par les flammes.

 

Je reste sur place jusqu’au lendemain soir afin de m’assurer que la population ne soit plus en danger et que l’évacuation des riverains est levée.

Le personnel et tous les Ohainaises et les Ohainais se trouvent sous le choc, les uns voient leur outil de travail s’envoler, d’autres craignent pour leur maison.

Mais grâce à l’efficacité et au dévouement déployé par les pompiers, elles seront épargnées.

Le lendemain, il ne restait plus qu’un funeste spectacle de désolation.

« je reviendrai sur le sujet dans le chapitre consacré à l’intercommunalité.»

 

Une vie élective bien remplie.

Les votes successifs des Ohainaises et des Ohainais m’ont permis d’occuper le poste de maire pendant plus de 31 ans.

Grâce aux différentes équipes qui m’ont accompagné durant tout ce temps, j’ai pu, avec les moyens dont je disposais, apporter à la commune qui m’a vu naître de nouveaux services, des changements significatifs et un cadre de vie agréable dans le seul but d’améliorer la vie quotidienne des habitants de mon village.

 

Vous avez pu en feuilletant ce recueil de mémoire, vous remémorer les faits importants qui se sont déroulés pendant plus de 3 décennies.

Bien d’autres actions ont été menées durant tout ce temps, je vous laisse les découvrir ou en redécouvrir quelques-unes :

 

Ohain : village labellisé 2 fleurs.

J’ai toujours mis un point d’honneur à avoir au sein de notre village des rues, des espaces publics, des espaces verts, un cimetière et des bâtiments bien tenus, favorisant ainsi une meilleure qualité de vie.

Une commune rurale bien entretenue est bénéfique pour tous les habitants, pour notre environnement et pour l’image de notre village.

Au fil du temps notre commune est reconnue pour son cadre de vie, son habitat de qualité, sa faible imposition, mais aussi pour son fleurissement à thème qui a fait longtemps partie intégrante de l’identité de notre village.

 

Ohain a fait partie jusque fin 2019 des 4708 communes labellisées dans le cadre des villages fleuris à travers la France.

Selon les agences immobilières, Ohain est devenue l’une des communes les plus prisées de l’arrondissement.

Pendant de nombreuses années, les structures fleuries ont trôné fièrement devant la mairie.

Les géraniums, les parterres fleuris et les fleurs champêtres le long de nos routes ont aussi fait les beaux jours floristiques de notre village.

Pour conserver et amplifier l’esprit de campagne, différents lieux-dits ont été équipés d’espaces de mélange fleuris disséminés en accotement le long des routes aujourd’hui  disparus.

 

La première fleur, remise par le comité départemental des villages et des villes fleuries, récompense l’engagement de notre collectivité en faveur de l’amélioration de notre cadre de vie.

Le jury qui a visité notre commune a pris en compte la place accordée au végétal dans l’aménagement des espaces publics, la protection de l’environnement, la préservation naturelle et la biodiversité.

 

Ce label constitue un outil d’aide au quotidien pour préserver l’identité de notre village.

Quelques années plus tard, une seconde fleur est ajoutée dans la catégorie nationale sur le panneau à l’entrée de la commune.

Cette 2e fleur récompense la diversité, la gestion de l’eau, les ambiances paysagères en limitant l’artificialisation et les pollutions.

 

La clef de la réussite d’un fleurissement de qualité c’est bien l’adéquation entre la volonté politique et la compétence technique du personnel communal.

 

Quelques semaines après mon départ de la mairie, les paniers géants qui annonçaient harmonieusement les entrées de notre commune ont été déposés et remisés sur un terrain vague et voués à la destruction.

 

Quant aux structures métalliques nécessaires à la création des éléments fleuris, elles ont été déposées en partie chez un ferrailleur local.

Nous avons tous été affligés d’une telle situation, en particulier Christian l’un des ouvriers communaux qui a fabriqué ces structures.

Le nouveau Conseil municipal n’a peut-être pas pris conscience de ses actes ?

Ces structures n’auraient-elles pas été plus utiles dans une autre commune au lieu de les envoyer à la destruction?

 

Aujourd’hui, la commune a perdu ses 2 fleurs, il va de soi que les panneaux à l’entrée du village auraient dû être déposés depuis 2020.

 

Le cimetière.

C’est à mon sens l’une des vitrines phares du village.

J’ai toujours été attentif à ce qu’il soit d’une propreté irréprochable.

 

Nous y avons réalisé de nombreux aménagements :

- Agrandissement du cimetière qui à permis d’accueillir 98 nouvelles sépultures.

- Création d’une seconde entrée rue de Trélon.

- Rénovation de l’entrée principale.

- Installation d’un 2e point d’eau.

- Réfection d’une partie du mur d’enceinte. 

- Rénovation de l’ossuaire.

- Plantation de haies périphériques. 

- Installation de 2 bancs.

- Création d’un chemin piétonnier afin d’améliorer l’accès aux sépultures.

- Installation d’un columbarium pyramidal pouvant accueillir 36 urnes et d’un jardin du souvenir.

 

La Sécurité routière et l’environnement.

Les nids-de-poule, les déformations de la chaussée peuvent provoquer des accidents.

En 31 ans, plusieurs programmes pluriannuels de travaux de réfection des routes ont été mis en place ainsi qu’un entretien régulier des panneaux de signalisation

 

et du marquage au sol qui sont aussi des points essentiels pour la sécurité des usagers.

Des routes propres et bien aménagées bordées d’espaces verts et de fleurs contribuent à notre qualité de vie.

C’est pourquoi nous avons souhaité, lors de notre dernier programme de travaux pluriannuels, avoir une gestion écologique en remplaçant le minéral par du végétal.

La couverture de centaines de mètres de fossés a été traitée écologiquement pour faire de nos accotements des lieux d’accueil et de nature.

Je remercie sincèrement les riverains qui entretiennent régulièrement les espaces verts devant chez eux, ils contribuent par leurs actions à promouvoir la biodiversité, la qualité de l’air et à rendre notre environnement plus agréable.

 

Pour la jeunesse et le sport.

- Création du premier centre aéré communal.

- Gratuité de l’entrée de la piscine aux enfants de l’école.

- Installation d’un point jeunesse associé au secteur dédié à l’informatique et à l’emploi.

- Locaux mis à disposition des jeunes équipés de différents jeux.

- Première cérémonie des jeunes diplômés et des sportifs.

- Après-midi récréatif à la patinoire du Val Joly.

- Voyage à Roland Garros et déplacement au stade Bollaert à Lens.

- Descente de l’Oise en kayak.

- Sortie paintball, bowling, karting ,accrobranches.

- Petits déjeuners irlandais offerts aux élèves de l’école

- Pique-nique sur le site du hututu offert par la commune. à tous les élèves à la fin de l’année scolaire.

- Course cycliste.

- Course à pied « l’Ohainaise »

-Le stade à bénéficié de nombreuses améliorations pour offrir des installations de qualité aux sportifs et aux spectateurs.

- tournoi de jeux vidéo...

 

Pour la culture.

- Création d’une médiathèque (bibliothèque, sonothèque).

- Atelier théâtre.

- Initiation au chant et à la musique.

- Séjour découverte à Rome et à Dublin pour les ados.

- Chèque culture ou voyages aux collégiens

-Contes et légendes…

 

J’ai eu aussi le privilège de créer la compagnie théâtrale "  la barque des mondes ".

 

J’ai accompagné ma fille Julie professeur d’art dramatique aux cours Florent à Paris à la maison carcérale de Fresnes pour présenter une pièce intitulée " Une heure avant la mort de mon frère ".

 

Cette représentation a été bien plus qu’une simple représentation théâtrale. C’était une opportunité de rencontrer des détenus avant et après le spectacle, d’échanger avec eux, de comprendre leur histoire et leur réalité.

 

Jouée en avant-première dans une salle comble de l’écomusée de Fourmies devant des spectateurs enthousiastes et passionnés. Le succès a été tel que nous avons dû refuser l’entrée à de nombreuses personnes. Ce fut une expérience exceptionnelle.

 

Pour le 3âge.

- Premier repas municipal offert aux personnes de plus de 65 ans.

- Première distribution dans l’histoire de la commune d’un colis offert aux personnes du même âge*

(Auparavant, le comité d’aide aux anciens dont l’association était présidée par Me Thérèse Marzack offrait un colis aux personnes du même âge).

- Organisation des repas du mercredi, suivi d’un après-midi consacré aux jeux de société et à la pétanque.

- Premier voyage et différentes activités pendant la semaine bleue.

- Adhésion de la commune à la télé alarme pour bien vivre chez soi jour et nuit, l’esprit tranquille.

- Service de déneigement mis à la disposition des personnes du 3Âge ou à mobilité réduite sur simple appel.

 

-Service de prévenance par voie téléphonique ou SMS lors des conditions climatiques exceptionnelles et autres événements…

 

(*Auparavant, le comité d’aide aux anciens dont l’association était présidée par Me Thérèse Marzack offrait un colis aux personnes du même âge).

 

         Fêtes et traditions.

 

- Constitution de l’association « énergie » qui a pour but de relancer les fêtes communales.

- Fête de la Saint-Patrick qui pendant plus de 20 ans a drainé des milliers de personnes dans une salle des fêtes transformée en pub irlandais.

- Randonnée du contrebandier.

- Fête de Saint-Nicolas qui a perduré pendant 37 ans de 1982 à 2019.

- Soirée plage au hututu.

- Fêtes de quartiers.

- Festival du vent et de son ballet aérien composé de cerfs-volants géants.

- La nuit des étoiles avec l’observation des phénomènes célestes.

- Fête des conscrits.

- Feux d’artifice.

- Course de vachettes landaise, taureau piscine, course à la cocarde…

- Les biohainaises : animations autour des produits bio.

- Soirées à thèmes : Marocaine, Espagnole et Grecs.

- Rallye cyclotouriste, course de trottinettes et de voitures à pédales.

- Lotos, concours de boules et de pétanque, fête de quartier,

- Soirée de la Saint-Sylvestre.

- Festival rockabilly

- Cavalcades historiques et militaires.

- Ohain la médiévale.- Jeux intervillages.

- Spectacle de fauconnerie.

- Joutes équestres.

- La forêt enchantée.(la salle des fêtes transformée en forêt de

brocéliande avec ses lutins, ses elfes et ses fées).

- Sculpture sur bois à la tronçonneuse.

- Concours de maisons fleuries et de décorations de Noël.

- Marché aux fleurs.

- Installation d’une crèche provençale à Noël.

- Salon du savoir-faire Ohainais.

- Festival des contes et légendes et création de la mascotte du hututu.

- Concerts, Théâtre…’

- Création de la page facebook « les échos d’Ohain ».

 

Mes interventions.

 

Pendant ma vie d’élu, j’ai dû intervenir des dizaines de fois concernant des points sensibles qui touchaient la vie des habitants de la commune.

En dehors de l’école, qui a toujours été l’une de mes préoccupations principales, j’en retiendrai quatre :

 

Le carrefour du lieu-dit « la Carnaille ».

La carnaille est un lieu-dit qui se situe au croisement des routes d’Anor, de Fourmies et d’Ohain sur le territoire de Trélon.

Un endroit particulièrement accidentogène.

Suite à une tragédie déchirante, un accident qui à causé la mort de trois personnes, dont un père de famille, un adolescent et un bébé.

Le député Marcel Dehoux et le maire de l’époque M. Marcel Bastien alertent les instances départementales sur la dangerosité de ce lieu et sollicite l’aménagement du carrefour.

 

Le Conseil général du Nord est conscient du problème, mais comme beaucoup d’entités publiques, il doit repousser et reprogrammer les travaux en raison de contraintes budgétaires dues aussi certainement à une révision des priorités, et les travaux se font attendre.

Le temps passe et plusieurs autres accidents plus ou moins graves sont dénombrés sur cet axe particulièrement dangereux.

Malgré nos interventions régulières, les travaux de sécurisation du carrefour ne sont pas programmés.

 

C’est en 2010, suite à une nouvelle intervention conjointe de Jean-Luc Perrat, conseiller général et maire d’Anor, François Louvegnies maire de Trélon et moi-même maire d’Ohain que les choses commencent à bouger.

Nous obtenons la création d’un îlot séparateur des voies appelé haricot équipé d’une signalisation adaptée qui permet de canaliser le trafic.

Grâce à cet équipement et à une séparation claire des voies de circulation, les risques de collision ont été réduits considérablement.

 

Il faudra attendre 2018 pour que des travaux soient entrepris concernant le regroupement des câbles électriques dans une armoire de distribution en vue de la création d’un giratoire.

C’est François Louvegnies qui signe les documents de mise à disposition des terrains forestiers nécessaires à sa construction.

Enfin, en 2024, la 2e phase des travaux se concrétise avec l’aménagement de l’intersection des départementales  83 et 963.

 

La réalisation ne correspond pas au projet initial, mais il y a le mérite d’exister.

Les efforts concentrés pendant de longues années entre les trois élus ont démontré à quel point la coopération entre maires peut faire une réelle différence dans la sécurité routière

 

Les nouvelles verreries (Gerresheimer)

Plusieurs centaines d’emplois sont menacés si l’entreprise ne trouve pas 15 millions d’euros pour reconstruire un four nécessaire à la fabrication du verre blanc.

 

-Courrier envoyé à MJacques barrot, vice-président de la Commission européenne à Bruxelles, le 21 juillet 2005.

 

Courrier co-signé par Mr Marcel Dehoux : député-maire, Me Anne-Marie Stévenart : conseillère régionale, Mr Jean-Luc Perrat : conseiller général maire d’Anor et moi-même : vice-président de la communauté de communes et maire d’Ohain.

 

Extrait :

Mr le président,

Nous souhaitons attirer votre attention sur la société «  les nouvelles verreries de Momignies » (Belgique) qui emploie actuellement 600 personnes, dont 300 frontaliers français.

C’est la seule entreprise sur le plan international à avoir une capacité aussi importante au niveau du verre opale.

 

Il est actuellement indispensable de trouver 15 millions d’euros pour la reconstruction du four à verre blanc.

Le plus important, 300 emplois sont en jeu.

C’est pourquoi nous sollicitons de votre part une action de soutien afin que ce dossier soit défendu dans le cadre de «  l’objectif 1 » dans le Hainaut belge.

Nous avons aussi alerté Mr Gérard Larcher : ministre délégué à l’emploi, Me Catherine Colonna : ministre déléguée aux affaires industrielles, Mr jean-claude Van-Cauwerbergue : ministre-président du gouvernement Wallon, Mr jean-claude Marcout : ministre de l’Économie et de l’Emploi, et Mr Elio di Rupo qui est l’autorité de la gestion de "l’objectif 1" en Wallonie.

 

Quelques mois plus tard, c’est avec une grande satisfaction que nous apprenons que la subvention européenne a été inscrite dans le cadre de l’objectif 1 de 2007-2013.

C’est en avril 2006 que M. Christian Estrosi : ministre de l’Aménagement du territoire, nous confirme que la Région wallonne a accepté de contribuer au financement du nouveau four aux côtés de l’actionnaire de l’entreprise.

 

Les pesticides.

En 2018, nous avons vu arriver sur notre commune deux agriculteurs: un agriculteur belge et un agriculteur hollandais, partisans de la culture de pommes de terre.

Le premier la cultive à l’extérieur du bourg, quant au second il fait l’acquisition de plusieurs hectares de pâture qu’il laboure dès l’année suivante, il n’hésite pas à arracher les haies pour le passage de ses machines.

Prévenu par les riverains, je me rends sur place pour m’opposer à la destruction de notre bocage.

Puis quelques mois plus tard, nous sommes confrontés à un problème récurrent sur ces mêmes terrains : l’épandage de pesticides à proximité des habitations.

Je prends un arrêté en mai 2019 interdisant l’épandage de pesticides à moins de 100 mètres de l’école et des habitations.

Grâce à la médiatisation nationale, le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel ont été saisis le 21 juin 2019.

 

Suite à la décision du Conseil constitutionnel, le Conseil d’État a précisé que les habitants non informés au préalable de l’épandage des pesticides étaient insuffisamment protégés.

Il demande alors au gouvernement d’établir un décret définissant les règles à appliquer lors de l’épandage des pesticides et des distances à respecter par rapport aux habitations.

Puis, le texte proposé par le gouvernement a été détricoté par le puissant syndicat FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), qui transforme le côté obligatoire en prévenance facultative.

 

Une nouvelle fois le Conseil d’État est saisi et donne 6 mois au gouvernement pour revoir sa copie.

 

Il est évident que faire émerger un nouveau texte pendant la période des fêtes de fin d’année (2019-2020), est le meilleur moyen pour que personne ne réponde !

 

Le gouvernement rédige donc un nouveau projet de décret qui ressemble davantage à un simulacre de protection plutôt qu’à une véritable prise de position.

De mon côté, je suis occupé à rencontrer les agriculteurs de la commune, en particulier celles et ceux qui louent des terrains communaux.

Deux agriculteurs exploitent 8 hectares à proximité du centre du village.

Ils acceptent d’échanger des terrains à qualité égale contre des terres qui se situent en dehors de l’agglomération, dans le but de respecter mon arrêté qui prévoit qu’il n’y ait plus d’épandage de pesticides à moins de 100 mètres des habitations,

 

parallèlement à cette opération, je propose d’instaurer des baux environnementaux sur les 30 hectares qui appartiennent à la commune.

À l’heure d’aujourd’hui, le seul arrêté anti-pesticide qui est toujours d’actualité en France est celui que j’ai rédigé!

 

Lors d’une rencontre avec Mr le sous-préfet, celui-ci m’expliquera la raison pour laquelle mon arrêté n’a pas été abrogé.

Il a en effet apprécié le fait que je rencontre en personne les agriculteurs de la commune et le fait d’avoir su trouver des solutions dans le but de protéger les habitants du village.

 

La culture de la pomme de terre a totalement disparu du paysage à proximité des habitations, jusqu’en 2024.

C’était sans compter sur le seul récalcitrant qui a refusé tous dialogues.

 

Cinq ans après mon arrêté, les patates sont de retour !

Cette agriculture gourmande en hectares aspergée de pesticides (20 traitements en moyenne par an) refait malheureusement surface sur notre territoire.

 

En juin de la même année, un riverain me signale qu’il a constaté que des épandages de pesticides étaient réalisés la nuit sur les champs plantés de pommes de terre à proximité des habitations.

Ces pratiques nocturnes suscitent de vives inquiétudes parmi les habitants du quartier, notamment en raison des risques pour la santé et l’environnement.

 

J’en informe aussitôt mon successeur, sa réaction a été sans équivoque : " les services concernés ne font rien, je n’ai pas envie de me mettre à dos les services de l’État ".

 

Et pourtant, il suffit de mettre en place un système de prévenance, et

de recommander d’arrêter les VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) des habitations durant l’épandage pour empêcher toute entrée de particules indésirables de pénétrer à l’intérieur des habitations.

 

De rentrer les jouets et les objets personnels des enfants afin d’éviter tous contacts avec les produits utilisés.

Même la FNSEA recommande également aux agriculteurs de prévenir les riverains et les autorités locales avant l’épandage de pesticides.

 

Avant ma mobilisation contre les pesticides, l’association « des maires du nord » m’a consacré la première de couverture du journal « Maire en Nord » en 2018 ainsi que 4 pages intérieures, pour avoir fait de notre village un endroit où il fait bon vivre.

La chaîne de télévision régionale « WEO » s’est également appliquée à un long reportage sur la qualité de vie de notre commune et sur les efforts consentis pour protéger la population des pesticides.

 

Ce combat a d’ailleurs fait l’objet de nombreux articles dans la presse nationale et aussi au cœur de la réalisation du film « les agités du bocage »par Thomas Yzebe, diffusé sur France 3 et dans de nombreuses salles de cinéma lors du « festival alimentaire ».

Ce film qui a été vu par plus de 400 000 personnes.

 

Le 13 février 2020 juste avant la pandémie, la Voix du Nord a décerné ses " Étoiles nordistes ".

 

Ces trophées récompensent l’engagement, le courage, le dévouement, les initiatives et le talent de femmes et d’hommes qui ont fait l’actualité de la région en 2019.

J’ai l’honneur d’être nommé dans la catégorie " environnement ".

32 000 votants ont participé à cette élection et je suis fier

d’être désigné lauréat de la catégorie « environnement » pour mon arrêté anti-pesticide et ma volonté à le maintenir.

 

Le trophée m’a été remis par les « jumeaux », jeunes humoristes bien connus et originaires de notre région, et en présence de Nicola Sirchis (du groupe indochine) qui a reçu une étoile d’honneur pour son combat contre le harcèlement scolaire.

Je peux vous dire à présent qu’être mis à l’honneur devant 700 personnes dans la salle du Colisée à Roubaix était une expérience impressionnante.

 

L’usine à pellets industriels.

C’est en 2014 que la société Jeferco présente son projet d’installation

d’une usine a pellets sur la zone économique saint Laurent à Anor.

Une usine à pellets industriels qui permettrait d’alimenter les fours des industriels de l’Europe de l’est.

Autorisation acceptée dans l’arrêté préfectoral du 18 décembre 2014.

D’après le descriptif du projet, il s’agirait d’utiliser de la biomasse et du bois de classe A.

On parle d’une vingtaine d’emplois.

Je me dis, que ce serait une aubaine pour notre territoire.

 

C’était sans compter sur une demande de modification de l’arrêté.

Modification déposée en toute discrétion le 28 janvier 2016 par la société Jéferco, qui stipule que le bois de classe B* allait être mélangé à la biomasse et au bois de classe A.

 

*Bois pouvant contenir des colles phénoliques (résistantes au feu) des durcisseurs de colle, pigments, peintures et des revêtements pouvant créer des problèmes de pollution (chlore, soufre, métaux lourds).

 

En tant que maire et vice-président de la communauté de communes chargé entre autres de l’environnement, je prends immédiatement conscience des risques écologiques sur la nature et notre santé.

C’est alors que je deviens le petit caillou dans la chaussure.

Un petit caillou qui va contrarier l’installation de cette usine à pellets souillés.

Un petit caillou qui interviendra auprès des services préfectoraux, qui alertera les médias et qui montera un dossier détaillé sur les risques encourus.

Le Conseil municipal approuve à l’unanimité ma proposition de motion contre l’implantation de cette usine.

Les dégâts pourraient être considérables.

En premier lieu, la qualité de l’air me paraît être la plus inquiétante.

 

En effet, les composés organiques volatils pourraient être acheminés par des vents dominants du Nord et du sud-ouest sur l’ensemble des communes de notre territoire.

Lors de l’audience du 26 janvier 2017, le tribunal administratif de Lille décide d’annuler l’arrêté du 18 décembre 2014.

 

En 2018, la société Jeferco obtient un nouvel arrêté d’exploitation d’une durée de 3 ans.

La validité de cet arrêté prend fin le 25 octobre 2021.

Les garanties financières du pétitionnaire ne sont pas assurées sur l’ensemble des obligations susceptibles de découler du fonctionnement, de la cessation éventuelle de l’exploitation et de la remise en état du site.

L’article R112 - 38 du code de l’environnement prévoit que l’arrêté d’autorisation cesse de produire lorsque l’installation classée n’a pas été mise en service dans un délai de 3 ans.

 

Après plusieurs tentatives qui n'ont pas abouti, l'idée d'implanter une usine à pellets sur la zone économique Saint-Laurent à Anor refait surface, portée cette fois-ci par de nouveaux investisseurs qui sont déterminés à concrétiser ce projet ambitieux et n’utiliser que du bois de classe A.

 

En tant qu'ancien maire, j'ai assisté à la réunion publique consacrée à ce sujet le mardi 24 juin 2025 à Anor

Je tiens à exprimer ma profonde déception face à l'absence de prise de parole du maire de notre commune.

Cette prise de parole aurait été une occasion importante de clarifier sa position sur ce sujet sensible.

Ce silence sur une question aussi déterminante pour notre territoire est regrettable.

 

Le 02 juillet 1925  le Conseil communautaire s’est prononcé contre le projet par 22 voix contre, 18 voix pour et une abstention.

 

A ce titre , je salue l'intervention du maire de Fourmies ainsi que celle de l'un de ses adjoints qui ont pris la responsabilité d'expliquer publiquement les raisons de leur opposition au projet.

 

Il est indéniable que le maire d'Anor est un homme de conviction.

Il a porté avec une volonté inébranlable et un engagement constant le projet d'une usine à pellets sur sa commune.

Affaire à suivre

Ma vie privée.

 

Comment trouver un équilibre entre ma vie d’élu et ma vie familiale ?

Dès mon premier mandat, la commune a était en pleine mutation avec des projets de rénovations et de transformations que vous avez pu découvrir au fur et à mesure de mon récit.

Je me souviens des nuits blanches passées à trouver des compromis, à écouter les doléances des habitants, et à jongler avec les budgets serrés.

Malgré tout, j’aimais ces responsabilités, j’aimais mon rôle de maire, j’aimais les rencontres avec les habitants, les discussions passionnées, j’aimais voir les sourires des enfants lors de la distribution des friandises à Saint-Nicolas et à Noël, jaimais rencontrer les aînés du village et évoquer des souvenirs communs.

 

C’est pour toutes ces raisons que j’ai toujours porté mon écharpe tricolore avec fierté.

 

La vie publique est exigeante, elle nous appelle à être présents pour nos concitoyens, à prendre des décisions importantes, à gérer les affaires de la commune, mais il est temps pour moi de tourner la page à la fin de ce 5e mandat.

 

Pendant plus de 31 ans au service de la population, j’ai eu la chance d’avoir une épouse patiente à mes côtés, qui m’encourageait, qui me conseillait parfois et qui me rappelait aussi d’être un peu plus présent à la maison.

j’ai décidé de mettre fin à mes fonctions de maire non pas par lassitude, mais pour des raisons plus précieuses : profitez pleinement de ma famille.

 

Parfois, on pouvait entendre ici ou là, surtout du côté de mes opposants, que j’avais un mauvais caractère.

Je pense qu’il fallait plutôt comprendre « fort caractère". 

Avoir un fort caractère signifie faire preuve de volonté, mais aussi savoir s’affirmer, défendre ses idées et ne pas se laisser faire.

Eh bien oui ! Je me retrouve bien dans ces définitions.

 

Quoi qu’il en soit, on ne pas plaire à tout le monde.

 

Malgré des résultats notables en ma faveur lors des élections, j’ai toujours était conscient que certains(es) ne mappréciaient pas.

Je peux vous le dire aujourd’hui en toute transparence, cela ne m’a jamais affecté.

Je faisais avec, et je travaillais quand même pour eux.

 

Un maire n’est pas élu pour parader, il doit d’abord bien connaître ses administrés.

Il se doit également d’avoir une vision d’avenir, de fixer un cap,

d’être lucide et réaliste.

Ce qui compte avant tout c’est ce que l’on explique c’est ce que l’on va faire, puis c’est ce que l’on fait.

 

Avec le personnel communal, j’appliquais le management participatif.

Chaque semaine je le réunissais pour lui donner des objectifs clairs.

Ce style de management permettait aussi d’encourager le personnel à donner leurs avis sur les décisions prises concernant leur travail.

En tant que maire, je me suis toujours réjoui de voir nos projets se concrétiser.

Chaque nouvelle réalisation qu’il s’agisse d’infrastructures, de service ou d’événements apporte une fierté collective et renforce notre communauté.

 

Mais tout n’est pas toujours rose…

Lors de ma première élection en 1989, j’étais toujours en activité, je rentrais rarement à mon domicile avant 21 h et même parfois au-delà de 23 h lors des réunions du conseil municipal.

Chaque soir, j’emmenais chez moi le courrier de la mairie et les dossiers à traiter.

La tâche était exaltante et prenante, il faut se dire que nous avions mis la barre assez haute vu l’ampleur des réalisations qui nous attendaient.

Un soir je suis anormalement fatigué, mon épouse est étonnée de me voir rentrer si tôt.

En allant me coucher, je fais une syncope.

Mon épouse appelle notre docteur, il est absent.

Elle arrive à joindre le docteur Wilhelm qui est à mes côtés 10 min plus tard.

Il appelle une ambulance qui m’emmène discrètement à l’hôpital de Fourmies.

Il restera à mes côtés pour s’assurer qu’un transfert vers Valenciennes n’est pas nécessaire.

Le diagnostic tombe «tachyarythmie sévère » due à la fatigue et au stress qui nécessite des examens complémentaires.

Je suis hospitalisé pendant une semaine, mais je reste régulièrement en contact avec la mairie.

Vingt ans plus tard, j’ai la même mésaventure, mais cette fois-ci, je me fais une raison.

Je lève le pied, je fais attention à mon hygiène de vie.

 

Depuis tout va bien, j’ai 77 ans aujourd’hui et je reste toujours attentif aux actions communales.

En dehors des soucis de santé, d’autres événements m’ont marqué pendant ma vie élective :

Je suis élu depuis quelques mois quand un samedi après-midi, je suis appelé en urgence par la gendarmerie.

Les gendarmes m’expliquent qu’ils sont au domicile d’un forcené dangereux pour sa famille.

Sa femme est dans la crainte constante de ses excès de rage et de violence.

Il fallait agir vite, après m’être rendu sur place, je me dirige vers la mairie pour rédiger un arrêté.

Un arrêté assez bref sans équivoque, il stipule que Mr X présente un danger imminent pour lui-même et pour les autres.

L’homme est emmené contre son gré, puis examiné par un psychiatre qui confirmera que son état nécessitait un internement.

Après un séjour dans un service adapté, il est ensuite placé dans un établissement de la région.

Quelques mois plus tard, je reçois à mon adresse personnelle une première carte postale ou l’on peut lire une phrase d’une écriture saccadée : « le faucheur va bientôt passer chez toi »

Après réception de cette carte, chaque jour pendant plusieurs semaines, il appelait mon épouse.

Le plus souvent, il ne parlait pas, mais elle entendait sa respiration.

 

Quant à moi, il me harcelait la nuit avec des coups de téléphone agressifs, menaçants, brouillés et parfois effrayants.

Il fallait absolument protéger ma famille, accompagner mes enfants partout où ils allaient.

 

Quand j’étais absent, mon épouse s’enfermait à clef et ne sortait qu’accompagnée.

Une nuit, mon téléphone sonne pour la énième fois, c’est encore lui !

Il ne parle pas, je décide de le prendre à son propre jeu, je l’appelle par son prénom, je le tutoie, je lui demande de ses nouvelles et comment s’est passé sa journée.

Puis je lui souhaite une bonne nuit.

Depuis cette nuit-là, je n’ai jamais plus entendu parler de lui.

 

J’ai également le souvenir d’un homme d’environ 2 mètres d’une corpulence impressionnante qui déambulait dans les rues du village à vélo.

Quand il m’apercevait, il s’arrêtait pour discuter de choses extravagantes comme de la mine du roi Salomon qu’il avait dans son jardin.

Il avait aussi une passion pour les fusibles, surtout ceux de notre éclairage public qu’il enlevait à chacun de ses passages.

Lors de nos absences, j’ai souvent remarqué qu’à notre retour, le sol de notre terrasse était marqué de grosses empreintes de pas correspondant à une pointure de plus de 45…

Cet homme n’a jamais été menaçant, mais j’étais quand même méfiant.

 

Je me souviens aussi d’une matinée, où je suis appelé par la gendarmerie qui me signale qu’une femme d’une quarantaine d’années déambule nue dans un chemin rural de la commune.

 

Un autre jour, je suis appelé concernant une dame qui présente des troubles mentaux qui se manifestent par un comportement anormal.

Je me souviens de son départ en ambulance avec les pompiers .

J’étais bouleversé quand je l’ai entendu crier : « Mr le maire, promettez-moi de me faire sortir rapidement ! »

 

J’ai quelques fois pris de ses nouvelles auprès de sa famille, puis le temps est passé, je n’ai plus jamais entendu parler de cette dame.

 

D’autres faits importants sont gravés à tout jamais dans ma mémoire.

 

Une jeune femme ne donne pas de nouvelles à sa famille, elle ne répond pas au téléphone.

Chez elle, aucune présence n’est détectée, même lorsque l’on frappe lourdement à sa porte.

La gendarmerie est alertée, elle a besoin de la présence du premier magistrat de la commune pour entrer dans l’appartement.

Je me rends sur place et nous entrons dans le logement, je suis pris d’une grande émotion en découvrant une jeune femme gisant immobile sur son lit, elle était décédée.

 

Une autre fois, un jeune du village vient d’avoir un accident de voiture, et je suis chargé d’annoncer la terrible nouvelle à son père.

Je suis désarmé, je ne sais pas comment dire à un père que son fils vient de mourir brutalement.

J’hésite, comment dire, comment faire, je frappe à la porte, je me trouve devant un homme souriant.

Je lui annonce avec beaucoup de précautions que son fils vient d’avoir un accident et qu’il doit se rapprocher de la gendarmerie.

Il me demande si c’est grave, je lui fais comprendre que oui, sans en dire plus.

Je revois encore le sourire de cet homme en me voyant arriver chez lui et complètement anéanti à mon départ.

 

Cette fois-ci il est tard, près de 23 h et on sonne à mon domicile, je me lève, j’ouvre la porte.

J’ai devant moi un homme qui me signale qu’un véhicule complètement brûlé vient d’être retrouvé sur la route forestière en direction des « haies de Trélon », avec à l’intérieur une personne carbonisée.

Je décide de le suivre, pas trop rassuré j’active le verrouillage centralisé de ma voiture.

Arrivé sur place, je m’aperçois que le véhicule immatriculé dans l’Aisne se trouve non pas sur le territoire d’Ohain, mais sur celui de Trélon.

Plus tard, j’ai appris qu’il s’agissait d’une mise en scène pour maquiller un acte criminel.

Dans un autre registre, celui des élections municipales, certains individus sont prêts à tout !

 

Lors des campagnes électorales, j’ai reçu des coups bas qui pouvaient être acceptables vu le contexte du moment.

 

Mais il y en a un que je n’oublierai jamais.

Un acte infâme qui ne peut causer que du dégoût, un agissement vil, bas et indigne.

Ma mère est hospitalisée à Fourmies pendant la campagne électorale de 2008.

Les tracts fusent, dont un qui est méprisant, injurieux et diffamatoire à mon égard.

Une personne sans foi ni loi dépose ce tract sur la table de nuit de ma mère endormie et mourante.

Heureusement, mon père est arrivé juste à temps pour faire disparaître ce tract odieux.

Le soir du scrutin, j’ai dédié ma réélection à ma mère qui attendait avec impatience les résultats sur son lit d’hôpital.

 

Un 5mandat dans la continuité.

Pendant les 31 années passées à la tête de la commune, les différentes équipes qui se sont succédé à mes côtés ont travaillé sans relâche pour améliorer la qualité de vie de notre village et répondre aux besoins de chacun.

Je vous propose de vous remémorer les actions menées pendant mon 5e et dernier mandat de maire.

Ce n’est pas parce qu’il est le plus important, mais c’est parce quil est le plus proche de nos mémoires et qu’il a été aussi intense que le premier.

 

-Inauguration du restaurant scolaire de haute qualité environnementale.

- Rénovation complète en pierres bleues, du parvis, du perron et du mur d’enceinte de l’église.

- Restauration en totalité de la cour de l’école, installation de jeux et agrandissement sensible de la partie végétalisée.

- Réfection de plusieurs routes pour la sécurité lors de vos déplacements.

- Réhabilitation des trottoirs de part et d’autre des rues des Horbes et de Trélon (3500 m2)

- Transformation d’une ancienne bâtisse vieille de trois siècles en une salle polyvalente équipée d’une cuisine pouvant accueillir 70 convives appelée " les charmilles "

- Réhabilitation des anciens sanitaires du hututu en une salle équipée d’un coin cuisine (salle qui n’est plus ouverte à la location depuis mon départ de la mairie).

- Réinstallation à l’identique du kiosque démoli en 1967.

- Enfouissement des lignes EDF et orange rue des Horbes (en partie)

- Création d’une voie piétonne au cimetière et rénovation d’une partie du mur en pierre bleue.

- Création d’une salle de lecture à l’école Jacques-Yves Cousteau.

- Mise en place d’un poulailler pédagogique et d’une table de tri au restaurant scolaire.

- Réfection de la dernière partie de la toiture de l’église

- Déplacement de la chapelle " notre dame "

-Éclairage des aiguilles et des chiffres des 4 cadrans de l’horloge de l’église.

- Obtention des subventions pour le déplacement de l’égayoir. communal qui a obtenu le label de la fondation du patrimoine pour son originalité et sa rareté.

- Inscription des travaux de rénovation des escaliers de la salle des fêtes au budget 2020.

- Remplacement des menuiseries de la mairie.

- Achat d’un véhicule électrique et d’une fourgonnette sans permis.

- Mise en place de la première partie d’un programme pour l’amélioration de l’éclairage public.

- Prise de position contre l’épandage de pesticides intensifs et d’une unité de fabrication de pellets industriels.

- Après de nombreuses péripéties, le projet de construction d’un béguinage est enfin finalisé.

 

(Il aura fallu attendre quatre ans après mon départ pour poser la première pierre du projet qui ne correspond en rien au projet initial).

 

- Premiers contacts avec des investisseurs potentiels en vue d’installer une station d’énergie verte sur le site de l’ex-décharge d’ordures ménagères.

 

La fin de mon 5e mandat a aussi été marquée par des travaux importants de requalification de l’espace situé derrière la salle des fêtes occupée autrefois par un terrain de boules et un plateau sportif.

 

Notre démarche a retenu l’attention des services de l’état et du Conseil départemental qui a décidé de subventionner le projet.

Des espaces verts sont créés avec des puits de récupération des eaux de pluie.

Deux places de parking pour les personnes à mobilité réduite sont placées à proximité de l’entrée arrière de la salle des fêtes.

Les murs en pierre bleue sont rénovés par le personnel communal.

Quatre mâts aiguilles viennent éclairer l’ensemble des installations.

 

Deux esplanades sont aménagées en sable stabilisé et renforcé à la chaux.

La première située à proximité de la salle des fêtes est réservée à la fête des écoles, à différentes manifestations et aux joueurs de pétanque. Elle est aussi mise à disposition lors de la location de la salle des fêtes.

La seconde est réservée aux enfants de l’école pour la pratique du sport, accessible par un accès direct et sécurisé qui relie l’esplanade à la cour arrière de l’établissement scolaire.

Un chalet qui a servi pendant plusieurs années à une association du village est mis à disposition pour ranger le matériel sportif.

Cet aménagement est inscrit dans un plan sécuritaire pour les enfants de l’école dans le but de se déplacer d’un point à un autre en toute sécurité (école, cantine, garderie, aire sportive).

 

C’était sans compter sur le changement de fusil d’épaule de la nouvelle municipalité après mon départ.

Aujourd’hui, l’esplanade réservée aux enfants de l’école n’est plus praticable.

Il est dommage que le nouveau conseil municipal n’ait pas trouvé l’intérêt de garder dans l’état cette réalisation.

Pourtant, quelques mois plus tôt lors de la présentation du projet, le conseil municipal s’était prononcé pour, à l’unanimité.

« je reviendrai sur le sujet dans mon chapitre consacré à l’après 2020 »

 

Dans la même programmation, l’accès principal aux esplanades appelé « le trou beumont »équipé d’un caniveau central est refait à neuf

 

Un parking aménagé et végétalisé permet aux randonneurs ou aux utilisateurs de la salle des fêtes de se garer en toute sécurité.

À proximité, une mare pédagogique creusée et financée par le parc naturel régional devait être aménagée et sécurisée par mon successeur après mon départ en 2020.

J’écris ces lignes début 2025, la mare n’est toujours pas sécurisé malgré plusieurs mises en garde.

 

Pendant de nombreuses années, j’ai eu le privilège de servir notre village et de contribuer à son développement.

Lorsque j’ai pris mes fonctions en 1989, la commune était confrontée à de nombreux défis : des infrastructures vieillissantes, un manque de service public…

Aujourd’hui, je suis fier de dire que nous avons accompli des progrès significatifs.

Ohain a changé!

Chaque rue, chaque espace, chaque bâtiment raconte une histoire riche de progrès et d’engagements.

 

Je remercie tous ceux qui ont contribué à ces réalisations  à mes côtés: les membres des conseils municipaux, le personnel communal, les bénévoles et bien sûr vous les Ohainaises et Ohainais.

 

En quittant mes fonctions en 2020, je laisse derrière moi une commune plus forte, plus unie, plus dynamique et saine au niveau financier et de la fiscalité.

 

Aujourd’hui, je ressens souvent de la reconnaissance quand je rencontre les Ohainaises et les Ohainais.

À chaque passage, on me rappelle les actions que j’ai menées pour transformer notre village.

Il en est de même pour la majorité du personnel communal que je croise et à qui j’ai donné la chance d’évoluer dans leur carrière, de gravir les échelons.

 

J’ai toujours eu à cœur d’améliorer la vie quotidienne du personnel et de reconnaître leur dévouement.

C’est pourquoi, les différents conseils municipaux que j’ai eu l’honneur de présider ont mis en place plusieurs initiatives pour soutenir et valoriser le travail du personnel.

Pour la première fois dans l’histoire de la commune une prime fixe et versée chaque année.

Dans un deuxième temps une prime complémentaire a été instaurée pour récompenser l’assiduité du personnel.

 

Afin d’améliorer le bien-être de leurs familles, la commune moyennant une cotisation annelle versée à un prestataire de l’action sociale a permis à tous les agents communaux de bénéficier de nombreux avantages dans le domaine de la culture, du sport, des loisirs…

 

Mais parfois, il arrive que certaines âmes restent insensibles à ces gestes de bienveillance malgré tout le bien que vous leur avez fait.

N’appelle-t-on pas cette attitude de l’ingratitude ?

 

C’est celle ou celui qui reçoit sans jamais regarder en arrière.

C’est celle ou celui qui oublie les bienfaits comme s’il n’avait jamais existé.

C’est celle ou celui qui ne dit jamais merci.

 

La gratitude est un trésor, et la reconnaissance un doux parfum.

Je m’aperçois aujourd’hui que certaines personnes ne semblent pas du même avis, ou peut-être ont-elles simplement la mémoire courte ou plus d’odorat... Pas moi !

 

C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai quitté mes fonctions de maire le 26 mai 2020.

J’ai tourné une page de ma vie, sans la froisser ni la déchirer.

Nous sommes en juin 2025, j’ai terminé d’écrire mon recueil de mémoire.

Dans le dernier chapitre, je donne mon avis sur les actions menées par le nouveau conseil municipal.

Je répondrai aux questions d’un ancien journaliste en toute objectivité, sans esprit partisan ni langue de bois.

Il n’est pas question de distribuer des bons ou des mauvais points.

 

En tant qu’ancien maire d’Ohain, je me sens obligé de partager mes réflexions sur les récentes actions de mon successeur.

 

Mon intention n’est pas de critiquer gratuitement, mais de fournir une perspective honnête et directe, basée sur mon expérience et mon amour pour notre commune.

 

Tout d’abord, en reconnaissant les efforts déployés.

 

Cependant, je m’interroge sur la priorité accordée à certains projets coûteux alors que des besoins essentiels restent insatisfaits.

 

 

Et enfin, Je tiens à dédier ces mémoires, témoignage de ma vie d’élu et de mes engagements.

À mes filles : Sandrine, Vanessa et Julie qui sont remarquablement attentionnées, respectueuses, dévouées et responsables envers nous leurs parents et aussi à mes petits-enfants, Louis Augustin, Charlie, Léon, Violette le petit dernier Lino et à mon arrière petite fils Gabin , qui vient de pointer le bout de son nez..

 

Que ces pages les inspirent et leur rappellent l’importance de la famille, de l’héritage et du devoir envers la communauté.

 

 

Je tiens à remercier particulièrement Christiane mon épouse dont le soutien indéfectible et l’aide précieuse m’ont accompagné tout au long de ces années consacrées à notre commune.

Sans elle, rien de tout cela n’aurait été possible.

 

Je souhaite adresser ma plus profonde gratitude à Madeleine, ma première secrétaire dont le soutien et les conseils avisés ont été essentiels lors de ma première élection.

 

Son dévouement et son professionnalisme ont facilité mon entrée en fonction, mais ont également posé les bases solides de notre coopération.

 

Sa connaissance approfondie des dossiers et son sens aigu de l'organisation ont été pour moi des atouts précieux.

Merci Madeleine.

 

Je tiens également à remercier les élus qui ont été à mes côtés durant trois décennies.

Chacun dans votre domaine, vous avez apporté une pierre à l'édifice, avec une volonté sincère de bien faire.

 

Et enfin, par ces quelques lignes, je souhaite rendre hommage au personnel municipal qui a été à mes côtés avec dévouement et professionnalisme. Ils ont été la pierre angulaire de notre service public.

 

Ensemble, nous avons écrit une belle page de notre commune.

 

 

 

 

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